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Entretien avec le P. André Mangongo, missionnaire CICM (Scheut).
Vous venez de loin, précisément de la Chine. Comment vous vous êtes trouvé là-bas et quelles ont été les péripéties de votre parcours ? D’abord mes études primaires et secondaires. Je les ai faites respectivement à Lisala, en province de l’Equateur et à Kinshasa, dans la commune de Kimbanseke. M’étant engagé dans le groupe des vocations à Yolo, paroisse St Gabriel, j’ai été orienté vers la Congrégation de l’Immaculé Cœur de Marie (Cicm – Pères de Scheut). Noviciat à Mbudi, Bas-Congo. Après les premiers vœux le 7 octobre 1997, c’était l’envolée vers d’autres cieux. Quatre ans à Yaoundé (Cameroun), puis aux Philippines, pour finir à Taiwan. Là, j’ai trouvé quelques confrères africains (béninois, camerounais et congolais). Il m’a fallu, en cinq mois, apprendre l’anglais, avant de me lancer dans des langues locales, principalement le chinois. Je viens d’être ordonné le 23 juillet dernier à Kinshasa, au Centre Lindonge.
Dans vos débuts, vous vous compreniez par mime ou quoi ? Mon langage le plus efficace en-dehors de l’Université catholique que je fréquentais, c’était… le sourire. Bien plus, un noir chez les jaunes! Ce n’est pas très courant, alors les enfants surtout s’intéressaient beaucoup à moi. Et vice-versa. C’est ainsi qu’ont grandi aussi bien mon cercle d’amitiés que mon apprentissage de la langue chinoise.
Vous parlez bien d’une Université catholique à Taiwan? Oui, de l’Université catholique de Taipeh, d’une capacité de 20.000 étudiants, dont beaucoup d’étrangers. C’est une création conjointe des Pères Jésuites et de la Société du Verbe Divin (Svd).
En quoi au juste consistait votre travail missionnaire ? Comme je viens de le dire, « jeune parmi les jeunes », il s’agissait pour moi de travailler avec les jeunes. Une mission intéressante, quoique défi à plus d’un titre.
Défi par rapport à quoi ? Par rapport à plusieurs paramètres. La langue par exemple. Mais surtout à leurs croyances, la majorité là-bas n’est ni chrétienne, encore moins catholique. Nous nous rapprochons des populations en nous faisant beaucoup d’amis. Au centre de nos préoccupations demeure la grande question : « Comment les ramener à la foi chrétienne ? ». À notre messe de mercredi, la chapelle est toujours remplie, de catholiques comme de non-catholiques pour recevoir surtout la bénédiction à laquelle ils croient réellement. Même le principal de ce collège, un bouddhiste, ne manquait jamais à cette bénédiction. Nous organisons également quelques activités dans la paroisse, nous leur présentons les images de Jésus. Au cours des langues, nous introduisons à chaque fois 20 minutes de cours de religion,… Alors que je commençais à m’habituer à ce milieu, voilà que mes supérieurs me désignent à Beijing (Pékin), un milieu hostile aux missionnaires.
« Milieu hostile », c’est-à-dire ? C’est-à-dire que là-bas, en tant que missionnaire, vous n’avez pas droit à un visa de résidence, seulement à un visa touristique ou de travail. Alors, dans ces conditions-là, je ne pouvais plus travailler qu’en tant que volontaire, donnant des cours de français et de catéchèse, et plus comme missionnaire. Je n’avais plus que comme qualité que celle de chrétien catholique volontaire. C’est ce travail que font de nombreux chrétiens en Chine. Quoiqu’il en soit, c’est une tâche ardue et c’est beaucoup de travail, contrairement à ce que l’on peut penser ailleurs. La Chine est un pays à croissance très rapide, donc connaissant beaucoup de mouvements, beaucoup de changements. Les jeunes gens, enfants de fermiers pour la plupart, ne sont pas toujours bien préparés par rapport aux citadins, même s’ils sont de niveau universitaire. Souvent, ils ne connaissent pas de langues étrangères. C’est ainsi que dans les paroisses, des chrétiens volontaires – surtout des étrangers - s’activent pour aider ces jeunes gens dans leur apprentissage de l’anglais, français, coréen, espagnol, japonais, italien,… peu importe qu’ils soient catholiques ou pas. Vous comprenez bien que ces contacts sont aussi des occasions propices d’annoncer la Bonne Nouvelle.
Fallait-il aller jusque si loin en Chine pour annoncer l’Evangile ? « Allez jusqu’aux extrémités de la terre… ». N’est-ce pas dit dans l’Evangile ? Hé bien… |
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Des occasions propices |