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Oecuménisme

Le Mouvement oecuménique est né au début du 20è siècle, même s’il a été précédé par de nombreuses démarches déjà orientées vers l’unité, entre chrétiens.

Il s’est développé et s’exprime actuellement à travers un nombre étonnant de contacts, recherches, dialogues, actions concertées, animés par une foule d’acteurs de toutes confessions chrétiennes et dans le monde entier. «Nous avons atteint un niveau de vraie fraternité.

L’animosité entre Eglises a été remplacée par l’amitié. Nous avons redécouvert la fraternité.

Oui, il y a encore des différences, mais nous avons surmonté beaucoup de malentendus et de soupçons. Maintenant nous sommes liés par l’amitié  et la coopération. Nous avons fait ensemble un long voyage et nous sommes arrivés à un carrefour. Nous avons dépassé certaines différences doctrinales, mais dans ce domaine, il y a encore beaucoup à faire».

           (Card. Walter Kasper, président du Conseil P. pour la promotion de l’unité chrétienne).

 

Il faut reconnaître que depuis cinquante ans, les progrès vers 1’unité sont immenses. Nous n’en sommes plus à cette exclusion réciproque de jadis. Nous prions pour 1’unité et des gestes concrets sont posés.

 Il y a encore des tensions et des hésitations, mais les pas en avant sont nombreux. Les rencontres

et les documents communs sont de plus en plus nombreux.

Nous ne nous éloignons plus les uns des autres, nous nous rapprochons. On apprend à se réjouir davantage de ce que nous avons en commun plutôt que de cultiver nos dissensions.

 

Quelques dates

1910. Création à Edimbourg de Foi et Constitution, un mouvement qui a pour but premier de réunir des personnes représentant différentes confessions chrétiennes afin qu’elles oeuvrent ensemble en vue de l’unité visible de l’Eglise.

1935. Début à Lyon de la Semaine de prière pour l’unité, à l’initiative du Père Couturier, humble prêtre lyonnais. Il a l’intuition fulgurante que, pour s’unir, il faut s’aimer; pour s’aimer, il faut se reconnaître;

pour se reconnaître, il faut aller à la rencontre l’un de l’autre et… il faut prier pour que cela se réalise.

1948. Première assemblée générale du Conseil Oecuménique des Eglises (COE).

1960. Création par Jean XXIII le 5 juin du Secrétariat pour l’Unité des chrétiens, transformé en Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens en 1989.

Son but: promouvoir, à l’intérieur de l’Église catholique, un authentique esprit œcuménique;  développer le dialogue et la collaboration avec les autres Églises et Communions mondiales. Dès sa création, il a établi une cordiale coopération avec le COE, dont le siège est à Genève. Depuis 1968, douze théologiens catholiques sont membres à part entière de la Commission Foi et Constitution.

 

Actuellement, le Conseil pontifical est engagé dans un dialogue théologique international avec les Églises et Communions mondiales suivantes: Eglise orthodoxe, Eglise copte orthodoxe,  Eglises malankares, Communion anglicane, Fédération luthérienne mondiale, Alliance réformée mondiale, Conseil méthodiste mondial, Alliance baptiste mondiale, Eglise chrétienne (Disciples du Christ), des responsables des Eglises pentecôtistes.

1973. Les Églises protestantes d’Europe: luthériennes, réformées,  unies et méthodistes, ont signé la Concorde de Leuenberg (Suisse), un document commun qui marque la fin de la division ecclésiale de presque  cinq siècles. 105 Eglises sont regroupées dans la Cepe (Communion des Églises protestantes en Europe).

1999. Accord entre luthériens et catholiques sur la «justification» (signé à Augsbourg le 31 octobre):

«Nous confessons ensemble: c’est seulement par la grâce, au moyen de la foi en l’action salvifique

du Christ et non sur la base de notre mérite que nous sommes acceptés par Dieu et que nous recevons l’Esprit saint qui renouvelle nos coeurs, nous habilite et nous appelle à accomplir des oeuvres bonnes».

Un débat qui datait du XVI siècle et qui avait précipité la rupture entre Rome et Martin Luther (1483-1546).

Cet accord a été signé aussi par le Conseil méthodiste mondial, à Séoul, Corée du Sud, le 23 juillet 2006.

Pour le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, «ce jour est l’un des plus importants dans l’histoire de nos Eglises». Y assistait  le pasteur kenyan Samuel Kobia, secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises, lui-même méthodiste, qui a défini cet événement comme «un pas extraordinaire dans le dépassement des divisions chrétiennes».

En 2001, la Charte oecuménique européenne était signée à Strasbourg par la Conférence européenne des Eglises, regroupant la plupart des Eglises orthodoxes, anglicanes, protestantes, vieilles catholiques d’Europe et par le Conseil des Conférences Episcopales catholiques d’Europe.

 

Sans précédent

Sont innombrables les initiatives, interventions, rencontres, déclarations communes signées et suivies

par une accolade. A l’ouverture de la deuxième session du Concile Vat. II, le pape Paul VI parlait d’un

«drame très grave… concernant les autres chrétiens: bien qu’ils croient dans le même Christ, on n’est pas unis dans une fraternité complète». Le 7 décembre 1965, veille de la clôture du Concile, eut lieu, en même temps à Rome et à Constantinople, la levée des excommunications prononcées en 1054 par les légats du Pape Léon IX contre Michel Cérulaire, Patriarche de Constantinople, et de celui-ci contre les légats du Pape. Ce geste mutuel de réconciliation et d’estime fraternelle entre le Patriarche Athënagoras et le Pape Paul VI a été comme le couronnement du Concile Vatican II. En 1966, l’archevêque de Cantorbéry, Dr Ramsey, rencontre Paul VI qui lui met au doigt son propre anneau épiscopal. En 1975, dans la chapelle Sixtine, à Rome, après l’annonce du dialogue théologique qui s’ouvrait entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe, Paul VI fit un geste qui stupéfia toute l’assistance: il s’agenouilla devant le représentant de l’Eglise orthodoxe, le métropolite Méliton de Chalcédoine, et lui baisa les pieds. Un geste sans précédent dans l’histoire de l’Eglise.

Jean-Paul II avait fait de l’unité des chrétiens l’un des soucis majeurs de son ministère. Une vision qu’il confia à l’encyclique Ut unum sint (qu’ils soient un), publiée en mai 1985: «Ceux qui croient au Christ, ne peuvent pas rester divisés». Il y présentait un inventaire qui n’ignorait aucune des difficultés et engageait profondément l’Eglise du Christ dans un dialogue de charité. Il était intimement persuadé que l’unité chrétienne est un témoignage puissant de l’amour de Dieu envers une humanité qui se divise et se déchire. Et que ce témoignage est affaibli par la multiplicité des dénominations. Il avait affirmé le 4 mai 1987: «Le témoignage des chrétiens en faveur de la dignité humaine et des droits de l’homme serait naturellement plus clair et plus efficace s’il pouvait être communiqué à l’unisson par une Eglise unie».

À chaque voyage, il exprimait le désir de rencontrer les responsables des Eglises chrétiennes.

Le 29 mai 1982, il se rendit à Cantorbéry pour rendre visite à l’Archevêque primat de la Communion anglicane, Robert Runcie. Il a été le premier pape à prêcher dans l’église évangélique luthérienne de Rome le 11 décembre 1983. Le 12 juin 1984, il rendit visite au Conseil oecuménique des Eglises à Genève. Dans l’homélie à l’aéroport de Belize, le 3 mars 1983, il dit: «J’ai moi-même répété, depuis que je suis pape, que l’une des premières et importantes tâches de mon pontificat est la restauration de l’unité entre les chrétiens. C’est pourquoi, dès le début, une grande partie de mes voyages de pèlerin a été consacrée à aborder le sujet de l’unité chrétienne et à rencontrer les représentants des autres Eglises et communautés ecclésiales».

Le 11 novembre 1994, il signa avec Mar Dinkha IV, patriarche de l’Église assyrienne de l’Orient, une déclaration qui mettait un terme aux différentes controverses liées à l’hérésie nestorienne. Les deux Eglises pourront désormais «proclamer ensemble devant le monde leur foi commune dans le mystère de l’Incarnation».

En mai 2001, il visita la Grèce. C’est la première fois dans l’histoire qu’un pape de Rome visite Athènes.

«Je m’en réjouis, mais ma joie est assombrie par le fait de notre division. Des raisons dogmatiques et ecclésiologiques, qui existent depuis un millénaire, empoisonnent l’atmosphère et réduisent à néant les conditions nécessaires qui eussent permis à votre visite d’être fructueuse et de produire des résultats».

Le 25 octobre 2001, l’Eglise catholique reconnaît la validité de la prière eucharistique traditionnellement en usage dans l’Eglise assyrienne d’Orient. En second lieu, elle reconnaît l’Eglise assyrienne d’Orient comme une authentique Eglise particulière fondée sur la foi orthodoxe et sur la succession apostolique.

Des actions communes se sont multipliées au cours des années. Il suffirait de rappeler les méditations du Chemin de croix du Vendredi Saint, à Rome, d’année en année, rédigées par le patriarche oecuménique Bartolomé Ier en 1994, une religieuse protestante suisse en 1995, le catholicos patriarche suprême des Arméniens, Karékine Ier en 1997 et le théologien orthodoxe français Olivier Clément en 1998.

«Une prière oecuménique faite ensemble, disait Jean-Paul II, est toujours à la fois, une heure de joie et un motif de peine. Une heure de joie parce qu’elle nous fait clairement prendre conscience de notre union commune avec le Seigneur et Rédempteur.

Un motif de peine parce que cette union, déjà existante à la racine, n’aboutit pas encore à une communauté ecclésiale complète. Mais c’est déjà un fruit précieux de l’Esprit-Saint si nous partageons ensemble cette joie et cette peine».

Jean Paul II ne renonçait pas à un certain réalisme. «Nous n’avons pas à faire des spéculations avec des -si- et des -mais-. Ici aussi s’applique sans aucun doute la mise en garde de Jésus: Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments. Nous sommes tenus de faire aujourd’hui ce qu’il convient de faire aujourd’hui afin que demain puisse arriver ce qui sera nécessaire demain» (4 mai 1987).

«L’oecuménisme ne sera riche d’avenir que si nous posons la vérité de façon tout à fait désintéressée, si nous nous écoutons les uns les autres avec patience, si nous portons les fardeaux des autres comme nous portons notre propre fardeau», dit-il à Paderborn (Allemagne) 22 juin 1996.

 

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