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En quatre ans, les nombre d’abonnements aux téléphones portables a connu, dans notre continent, une augmentation de plus de 400%: une personne sur dix en moyenne, alors que sur l’ensemble des pays africains, il n’y a qu’environ 30 millions de téléphones fixes. On peut affirmer que l’élan étant pris, l’ascension s’est faite fulgurante.

 

Au départ, les entreprises occidentales et leurs distributeurs de services  faisaient la fine bouche pour introduire un  produit de si haute technologie en terre africaine. Pour deux raisons principalement. D’abord,

la pauvreté de ses habitants n’augurait pas d’affaires sérieuses. Ensuite et surtout, cela nécessiterait d’énormes investissements financiers avec  une mince certitude d’un retour immediat. Donc, deux raisons suffisantes qui se recoupaient et tranchaient net pour mettre une croix sur le projet.

Mais les hésitations furent vite balayées. L’on se rendit aussitôt compte que l’Afrique est en même temps un continent vibrant, en perpétuel mouvement, dans sa quête d’une voie à son développement, et le téléphone  mobile en est un grand instrument, bien que, en principe, il ne soit pas indispensable comme l’eau, la santé ou  la nourriture. Un continent où les retombées financières sont énormes, surtout dans certains pays où l’ouverture à de nouveaux investissements autorise parfois les gouvernants à fermer les yeux face à la rigidité de textes organiques en la matière.

 

Voilà aussitôt les milieux financiers mondiaux de la téléphonie raviser leur politique d’implantation dans le continent. Les avantages se retrouvent finalement d’un côté comme de l’autre: à l’investisseur de plantureux bénéfices. A l’utilisateur, même celui du fin fond de la brousse africaine, l’annihilation des distances.

 

Les premiers

La Tunisie, la première, se connecte en 1985. L’année suivante, trois autres pays appartenant au sud du Sahara adhèrent au système: la RDCongo, l’Afrique du Sud et le Gabon.

Cela fait tâche d’huile du nord au sud du continent. Il n’est plus un seul pays qui n’en connaisse les bienfaits. Même des gens qui ne savent ni lire ni écrire adoptent le téléphone mobile en grand nombre. L’élan étant pris, l’ascension s’est faite fulgurante.

La RDCongo compte présentement 4,5 millions d’abonnés, soit environ 9 utilisateurs pour de 100 habitants, contre 65 en l’Afrique du Sud, 60 en Tunisie, 42 au Botswana. Ce dernier pays en 1997 n’avait pas encore de réseau portable: en un an, de 1998-1999, le nombre de clients a augmenté de 422%!

La courbe, qui accusait 15 millions d’abonnés africains en 2000, est vite passée à 51,8 trois ans plus tard, puis à 75,6 en 2004, pour atteindre en 2005 le chiffre de 80 millions.

 

Pour revenir à la RDCongo, les débuts, à la fin des années quatre-vingt, ont été tout timides. Ne pouvaient s’offrir un tel luxe qu’une certaine classe d’entreprises qui avaient alors  pignon sur rue ou quelques individus privilégiés du régime en place. Qu’à cela ne tienne, les affaires étaient bien sulfureuses même si au départ, Kinshasa fût la seule ville du pays à bénéficier de ce fruit de la mondialisation. Lubumbashi, capitale économique, suivit six années plus tard, en 1992. Puis vinrent les autres grand-villes du pays, notamment Goma, en 1993; Bukavu, en 1996, avant l’essaimage du réseau à travers tout le pays, lequel se poursuit toujours, bien que plusieurs localités ne soient toujours pas encore desservies.

Décidément,  pendant que la situation économique et sociale du pays poursuivait sa course effrénée vers un affaissement total, par contre, en matière de téléphonie cellulaire, les pionniers dans la branche ont eu des raisons de se frotter les mains. Après tout, l’état délabré du réseau fixe travaillait en leur faveur.

Les cinq plus grands noms de la téléphonie mobile qui opèrent actuellement en RDCongo sont les suivants: Celtel; Congo Chine Telecom (CCT); Congo Korea Telecom (CKT); Oasis; Vodacom.

 

L’avenir s’annonce prometteur. Même pour ceux qui sont en quête de Dieu. Les chrétiens de l’Afrique du Sud - un pays où les gens consacrent de 10 à l5% de leur revenu au téléphone portable, contre 5% dans le monde industrialisé -  peuvent, désormais, télécharger toute la Bible sur leur téléphone portable en anglais ou en afrikaans!

Rombaut Liwoto

 

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