Ae 35Zone de Texte: Home page  - Qui est Afriquespoir - Comment avoir Afriquespoir

Originaire de Watsa (RDC), munie de son diplôme en infirmerie obtenu à l’ISTM (Institut Supérieur Techniques Médicales) de Kisangani, Sr. Espérance Togyayo, missionnaire combonienne, travaille depuis cinq ans à Nzara, au Sud Soudan.

 

Qu’est-ce que tu amènes à Nzara en tant que sœur?

Pas seulement moi, nous sommes une communauté internationale intégrée composée de trois italiennes, une mexicaine, une ougandaise et moi-même. Nous sommes engagées surtout dans la promotion féminine. Nous avons un centre féminin où les mamans viennent apprendre l’alphabétisation, la coupe et couture, l’économie familiale etc. Parallèlement, nous ne négligeons pas la formation religieuse des mamans pour qu’elles puissent vivre leur foi dans leurs familles et surtout au sortir de la guerre. Moi personnellement, je travaille dans un hôpital de notre diocèse de Tombora Yambio, qui a une capacité de 100 lits. Cet hôpital est spécialisé dans le traitement de la lèpre et de la tuberculose, mais maintenant on a aussi inséré le traitement des gens infectés par le sida et par l’ulcère de Buruli, qu’on appelle ‘mbasu’ au Congo.

 

Quelle est la réalité sociale et économique de Nzara ?

Les gens sont surtout des Azande, mais il y a aussi d’autres groupes du Sud Soudan, comme les Bari, les Baka, les Muru ou les Dinka. Ce sont des pasteurs, mais ils habitent à Nzara depuis plusieurs années où ils se sont plus au moins installés. Malheureusement au mois de novembre 2005, nous avons vécu une guerre entre les Azande et les Dinka et il y a eu beaucoup de morts. Dans la région il n’y a pas de pétrole,

c’est une région rurale riche en arbres fruitiers. Il y a beaucoup de palmiers, d’orangers, des mangues, d’ananas, des mandarines, etc., que les gens n’arrivent pas à exporter parce que les routes sont très mauvaises. On en mange, mais on ne peut tout consommer: le gros de cette richesse pourrit. Il y a des personnes très courageuses qui parcourent des centaines de kilomètres à vélo pour aller à Ariwara en RDC et à d’autres villes congolaises ou centrafricaines.

 

Peut-on croire que la situation au Sud Soudan est en train de s’améliorer?

Oui, en décembre 2004 ont été signés les Accords de paix au Kenya. Alors on a enregistré de petits changements parce que la population avait une grande volonté pour sortir de cette situation de misère. Mais on a connu d’autres difficultés provoquées surtout par les rebelles ougandais de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony qui se conduisaient comme des bandits en volant et maltraitant la population.

 

Est-ce que vous pouvez travailler sans trop de problèmes?

Oui, nous sommes libres et les gens apprécient notre présence. Nous l’avons bien compris pendant les affrontements qu’il y a eu soit avec les rebelles soit lors de la guerre tribale. Tous les étrangers, même les membres de l’ONU et des ONG sont partis, mais nous sommes toujours là. Les gens apprécient le fait que pendant toutes les années de guerre, les missionnaires sont toujours restés avec eux.

 

Les chrétiens, sont-ils nombreux?

Je ne dispose pas des chiffres, mais je peux affirmer que la majorité de la population est chrétienne. L’influence des musulmans est faible. Il y a des protestants, avec lesquels on entretient de bonnes relations. On l’a vu lors des affrontements tribaux: les évêques des Églises catholique et protestante, et nous aussi religieux et religieuses, nous sommes réunis et avons organisé une conférence de réconciliation et de paix.

 

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Les gens apprécient