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Il y a cinquante ans, le 21 avril 1957, le pape Pie XII adressait aux évêques du monde entier, une lettre intitulée Fidei Donum, le don de la foi, en les invitant à porter avec lui «le souci de toutes les Églises». Non seulement par la prière et l’entraide, mais aussi en mettant des prêtres et des religieux diocésains et des fidèles laïcs à la disposition des diocèses d’autres continents, surtout de l’Afrique. Le pape exhortait les Églises de plus ancienne fondation à venir en aide aux jeunes Églises par la prière, le soutien économique et l’envoi de personnel. Pendant ces cinquante ans, de nombreuses Églises, d’abord les plus anciennes et récemment aussi les plus jeunes, ont répondu à l’appel du pape, dans un mouvement qui désormais embrasse le monde entier et n’est plus unidirectionnel, de l’Europe aux autres continents, mais aussi des jeunes Églises vers les anciennes. Des milliers de prêtres et de laïcs ont été envoyés de par le monde, parfois non sans risque. Jean XXIII, en 1961, lançait un appel semblable pour l’Amérique Latine. Ces deux lettres ont déclenché un nouveau « déclic missionnaire» significatif. A vu le jour un nouveau type de missionnaire, qui a pris le nom de ce document, les “Fidei Donum”. C’est aussi le fruit du constant et long travail d’animation et de formation effectué par les Œuvres missionnaires pontificales et par les Instituts missionnaires, qui ont toujours rappelé toutes les Églises à leur devoir missionnaire. C’est seulement de cette manière que le mandat missionnaire ne sera plus délégué à des ordres et à des instituts missionnaires, qui resteront cependant toujours une expression de la radicalité missionnaire de l’Église. «On peut encore sauver quelqu’un» a crié Sœur Anne Thöle avant de s’élancer à nouveau dans l’édifice en flammes, un centre pour malades du sida, d’où avec l’aide des consoeurs, elle avait déjà, fait sortir quinze patients. Quelques secondes plus tard, le toit s’est effondré sur Soeur Anne et sur les trois malades qu’elle n’a pas eu le temps de mettre à l’abri. Cela s’est passé la nuit du 1er avril, dans une localité reculée de l’Afrique du Sud, dans le KwaZulu-Natal. Pour des motifs encore inconnus, un incendie a éclaté dans l’hospice «Duduza Care Centre» de la mission Marie Ratschitz, diocèse de Dundee où, depuis 1999 les Sœurs franciscaines de la Sainte Famille, également appelées Sœurs Nardini, du nom de leur fondateur, prennent soin des malades terminaux du sida. Sœur Anne savait qu’au deuxième étage se trouvaient des patients incapables de descendre du lit et elle a couru les aider. 35 ans, c’était une jeune femme expansive et amicale, toujours souriante et affectueuse avec les gens. Née au Swaziland et élevée en Afrique du Sud, où elle avait étudié pour devenir enseignante, elle avait été placée il y a deux ans à la formation des novices. «C’était une splendide enseignante, idéale, et elle l’a été encore davantage en donnant ce merveilleux exemple de générosité - affirme sa supérieure. Pour nous, le message de Sœur Anne est celui du grain de blé qui, tombé sur le terrain et mort, a donné une nouvelle vie. Nous sommes affligés par cette perte, mais également fiers de Sœur Anne et de son courage».
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