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184 dollars |
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184 $, Voilà c’est que chacun de nous dépense pour les armes chaque année. Depuis 2005, le total des dépenses militaires annuelles de la planète a franchi les 1.000 milliards de dollars (1.204 milliards en 2006). L’enchaînement néfaste ne cesse de poursuivre son bonhomme de chemin.
Les rapports de différents instituts de recherche – notamment celui que l’Institut international de la recherche pour la paix SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute) Il vient de publier, soulignent l’évolution alarmante que connaît la planète : plus de 2,5 % du produit intérieur brut (PIB), soit 184 dollars par habitant (135 dollars en 2001), est consacré à des dépenses militaires. Celles-ci ont progressé de quelque 37 % depuis dix ans, alors que les effectifs militaires et paramilitaires sont passés de 26,8 millions à 31 millions. Les États-unis, dont les dépenses militaires représentent 47 % du total mondial, sont largement responsables de cette militarisation croissante, notamment au travers des guerres d’Irak et d’Afghanistan. La progression des dépenses militaires de la Russie, de la Chine et de l’Inde est également forte.
Les pays riches sont les principaux responsables de cette militarisation croissante: sur les 1.118 milliards de dollars déboursés en 2005, 707 milliards proviennent des membres du G8. Même si la comparaison a ses limites, le montant de l’aide globale au développement (106,8 milliards de dollars en 2005) souligne le caractère incantatoire des discours sur la solidarité internationale. Les Nations-Unies dépensent 4,5 milliards de dollars environ par an pour financer une quinzaine de missions de maintien de la paix à travers le monde, soit à peu près autant que le coût mensuel de la guerre en Irak. Les relations entre les trois grandes puissances (USA, Russie et Chine) se sont décrispées. Aucune ne juge plus prioritaire d’obtenir une réduction de l’arsenal des deux autres, du moins pas au prix d’un affaiblissement de son propre potentiel militaire. Chacune a son agenda. La Chine, en particulier mène une stratégie militaire et diplomatique très active pour contrôler ses routes d’approvisionnement énergétique. Les priorités des États-unis sont la prolifération des armes de destruction massive, la menace représentée par les «États voyous» et la lutte contre le terrorisme mondial. Aucun progrès n’est enregistré à propos de la mise en place d’un régime universel de vérification des programmes d’armes biologiques. Enfin, les efforts déployés par la Corée du Nord et l’Iran pour se doter d’un arsenal nucléaire et balistique montrent que le traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP) est en sursis. D’autres raisons concourent à cette militarisation croissante de la planète : de nombreuses nations ont pris conscience de la nécessité de participer à des opérations de maintien de la paix, ce qui les incite à augmenter leurs dépenses militaires. Mais si le désarmement est un concept que la communauté internationale impose à des entités militaires vaincues, ce n’est plus un but universel à atteindre. Les guerres d’Afghanistan et d’Irak en sont respectivement à leur sixième et cinquième année, sans que l’on puisse entrevoir une pacification prochaine de ces pays. L’activation de la militarisation mondiale n’a pas que les États-unis pour acteur principal: la très lente réaction de la communauté internationale face au drame du Darfour ainsi que son incapacité d’empêcher la prolifération des missiles de croisière, sont sans doute la menace la plus dangereuse des prochaines années pour l’équilibre international. De ce point de vue, la mondialisation a des effets pervers : le commerce des armes s’est mondialisé particulièrement à partir des fabricants et des trafiquants opérant aujourd’hui à partir d’un nombre croissant de pays et se fournissant en composants provenant du monde entier. Autant d’éléments qui nourrissent la courbe croissante des dépenses militaires mondiales qui n’incitent pas à l’optimisme s’agissant de la stabilité de la planète. Entre-temps le nombre de réfugiés dans le monde augmente: il a atteint presque dix millions de personnes l’année dernière (+14%), selon le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés. Une situation due en grande partie à la fuite de millions d’Irakiens hors de leur pays. L’Afghanistan compte le plus grand nombre de réfugiés (2,1 millions). Viennent ensuite l’Irak (1,5 millions), le Soudan (686.000), la Somalie (460.000), la RD Congo et le Burundi (400.000 chacun). Le nombre de déplacés internes a aussi doublé, pour un total de 13 millions de personnes. G. D. |