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«Sortez de mon bureau!» Le chirurgien-chef, debout, le doigt tendu, était furieux. L’homme invectivé, transpirant à grosses gouttes, traîna vers la porte des pieds alourdis par l’angoisse. «Attendez là, dans le couloir, le cadavre de votre femme!» lui lança le praticien qui ne cessait de fulminer. Cet homme, pasteur d’une secte qui refuse la transfusion sanguine, tint tête au spécialiste qui proposait une opération d’urgence sur sa femme: «Parce que la Bible l’interdit!» Sa bêtise inqualifiable sortit le prof de ses gongs…
À l’insu du mari stupide et de sa religion négative, prenant ses responsabilités, le médecin consciencieux opéra la patiente - à sa propre charge -, parce qu’à lui, homme de prière du coeur, s’imposait avec évidence le devoir de sauver la vie de cette mère de 7 enfants. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Peu après, le prof sortit dans le couloir et, empoignant le bras du sectaire assis à même le sol, sanglotant comme une femme, il l’emmena d’autorité, dans la salle de réveil… L’homme, au plus bas dans son désespoir, pensait qu’on le conduisait à la morgue: il en tremblait de tous ses membres et hurlait des incantations dans sa langue maternelle... Surprise foudroyante: sa femme était là, bel et bien vivante, les yeux ouverts, encore un peu vagues... C’est lui que sur le champ l’on dût réanimer: il était tombé en syncope… Et le surlendemain, dans la chambre-même de l’opérée, un prêtre, ami du professeur, baptisa, à la demande de l’ex-pasteur, celui-ci et toute sa famille. La vraie religion qui sauve est la religion de l’Émergence et Participation: l’Esprit Saint ne peut pas nous faire tourner en rond, Il est le Dieu de l’épanouissement, l’Esprit du développement. S’Il me pousse, moi, en avant, c’est pour s’assurer d’un instrument de choix en vue d’une mission dans le monde: participer au salut, au bonheur des autres (cfr AA 13,2) et non provoquer leur freinage. Notre foi sereine en ce Dieu-Communion et Harmonie doit nous aider à créer des conditions sur cette terre des hommes pour ‘grandir ensemble’: devenir meilleur dans ma profession par exemple, détruire dans mon quotidien le cercle vicieux du mensonge, de l’adultère, de la fornication, de la corruption, de la fraude fiscale, de l’indifférence, de l’aveuglément devant la dégradation de la voirie, des écoles, des centres de santé, du pourrissement des moeurs politiques et sociales qui ont engendré des générations d’enfants de la rue et entraîné la violence du droit de la force sur la force du droit, et ... cette nouvelle ‘culture du poison’ pour éliminer des adversaires etc. Tout cela est le fait des chrétiens qui nous étourdissent par de veillées nocturnes et remplissent les églises de leurs louanges de fils et filles de Caïn au cœur sans tendresse fraternelle et dont Dieu a refusé les offrandes pourries, sans amour! «C’est pour détruire les œuvres du diable que le Fils de Dieu est apparu» (1Jn3,8). ‘Les œuvres du diable’, c’est cela, aujourd’hui, la religion négative, celle qui utilise le Nom de Jésus comme un fonds de commerce, et ils ont le culot d’avouer qu’ils font du ‘business religieux’, et ne s’en cachent même plus… «Ces gens-là, je ne les ai point envoyés et ils ont fait que ce peuple se confie au mensonge» peut dire le Christ aujourd’hui à leur sujet (cfr Jér 28,15). Aberration satanique, car la prospérité matérielle n’est nulle part attestée dans le Nouveau Testament comme le but de la foi chrétienne (cfr Lc 12,20;16,13-14) ni non plus obligatoirement comme le signe d’une foi authentique (cfr 1Tim 6). On ne voit pas pourquoi alors Jésus nous aura balancés la terrible parabole du «Mauvais riche et du pauvre Lazare» (Lc. 16)! Religion négative, celle qui, plutôt que de rechercher et de combattre les causes de la souffrance dans le monde, enseigne que celle-ci est signe de la malédiction de Dieu et, en même temps, elle est incapable d’expliquer l’affirmation de Paul: «J’achève en mon corps ce qui manque à la Passion de Jésus» ( Col. 1,24). Religion négative et idolâtrique que Jésus peut nous reprocher à tous: ‘’Ces prêtres et ces pasteurs et leurs moutons m’honorent des lèvres, mais leur cœur est bien loin de moi’’ (cfr Mt 15,8). Seigneur, qu’attends-tu de nous donc? |
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La religion négative |