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La Journée mondiale des Missions est célébrée cette année le dimanche 21 octobre sous le thème de: «Toutes les Églises pour le monde». Cette journée coïncide avec la célébration du 50ème anniversaire de l’Encyclique ‘Fidei donum’ du pape Pie XII, qui promouvait et encourageait la coopération entre les Églises pour la mission.
Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale des Missions, le pape Benoît XVI a adressé à toute la chrétienté un message percutant , dans lequel il souligne l’urgence et l’importance de l’action missionnaire de toute l’Église pour le monde d’aujourd’hui. Le pape invite les Églises locales de tous les continents à un engagement missionnaire accru et renouvelé. Reconnaissant l’effort fructueux déjà accompli par les Églises de vieille tradition pour la propagation de la Bonne Nouvelle du salut, le pape invite aussi les Églises de récente évangélisation à se consacrer généreusement à la mission universelle, quelles que soient leurs difficultés. Ainsi, les jeunes Églises ne peuvent pas se renfermer sur elles-mêmes et doivent envoyer des missionnaires pour annoncer l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre.
À disposition L’Eglise a déjà entendu cet appel et prend une part active dans l’engagement pour la mission universelle. Le synode pour l’Afrique de 1994 a insisté pour que les communautés chrétiennes d’Afrique puissent assumer leurs responsabilités missionnaires à travers le monde. Les évêques africains présents au synode ont reconnu que l’Église de Jésus-Christ est, par nature, missionnaire; ils ont reconnu également que la foi grandit si on la partage avec d’autres. Ils ont recommandé que soient encouragées les vocations missionnaires, et surtout que prêtres, frères, sœurs et laïcs missionnaires soient encouragés à offrir leur service comme Fidei donum dans les pays africains qui en ont le plus besoin ou dans d’autres parties du monde.
Cette exigence est justifiée par le fait que la grâce de l’ordination ne prépare pas les prêtres à s’astreindre seulement à un apostolats local et limité, mais plutôt à une mission universelle qui requiert une large ouverture d’esprit. Tous les agents d’évangélisation peuvent ainsi se mettre à la disposition de leurs évêques pour aller évangéliser au-delà des frontières de leur diocèse ou de leur pays. Ainsi, de nos jours on trouve des centaines d’africains missionnaires dans les pays des autres continents. Non seulement des congrégations missionnaires envoient leurs membres africains auprès des autres peuples qui n’ont pas encore reçu la Bonne Nouvelle, mais les prêtres diocésains travaillent dans des diocèses autres que les leurs, démontrant par là la participation effective de l’Église d’Afrique à la mission universelle. Le card. J. Malula, Archevêque de Kinshasa, écrivait en 1988: «Les besoins de notre diocèse, tant en prêtres, religieux et religieuses qu’en ressources, sont encore considérables. Et pourtant… d’autres régions sont encore plus pauvres. Et le Concile Vatican II aussi bien que le Souverain Pontife nous invitent à nous ouvrir aux nécessités de la mission universelle de l’Église. Il faudra ouvrir aux chrétiens les horizons de la mission dans les autres diocèses de la République Démocratique du Congo, en Afrique et dans le monde: mission à assumer par la prière et l’intérêt actif pour l’Eglise universelle, par l’aide matérielle, et pour certains qui ont cette vocation, par un engagement personnel et effectif». Aujourd’hui, le paysage de la mission est en train d’évoluer remarquablement. Des prêtres africains, asiatiques et américains quittent leurs pays pour d’autres continents. Ainsi, le mouvement ne va plus seulement du nord vers le sud, mais du sud vers le sud et du sud vers le nord.
Des témoignages édifiants De plus en plus, en R. D Congo, des prêtres diocésains, des frères et sœurs religieuses quittent le pays, au moins provisoirement, leur diocèse d’origine pour aller servir dans un autre diocèse en Afrique ou ailleurs. Certains prêtres qui se mettent au service d’un autre diocèse vivent dans des zones jamais évangélisées, tandis que d’autres sont au service de l’animation des communautés chrétiennes déjà constituées. Voici un témoignage d’une sœur Franciscaine missionnaire de Marie, originaire de la RDC sur son expérience de missionnaire dans un pays lointain, en Amérique Latine: «Je vis depuis 8 ans une expérience particulière de la mission universelle, plus précisément en dehors de mon pays d’origine, dans un pays à situations très délicates, avec beaucoup d’insécurité, de risques et de périls. J’y ai été envoyée en obédience reçue lors de ma profession perpétuelle. Cette obédience ne m’épargna pas la peur de l’insécurité, doutes, hésitations, pincements de cœur etc. Mais, tout comme à Saint Paul envoyé en mission, le Seigneur vint à mon secours, dans mes ténèbres. Et aujourd’hui, je me sens heureuse d’avoir donné mon oui inconditionnel à cette mission. Et comme Saint Paul, je peux dire avec joie: «Je sais en qui j’ai mis mon espoir, je suis sûre de son amour. Oui, il me gardera jusqu’à son retour». Pour sa part, l’Abbé Barthélemy Binia, prêtre Fidei donum, originaire de la RDC et envoyé comme missionnaire au Cameroun signale ceci: «C’est depuis le 31 octobre 1989 que j’ai foulé le sol de l’extrême Nord du Cameroun pour une nouvelle expérience pastorale. Dans le diocèse de Maroua, nous sommes 7 congolais et quatre sœurs congolaises viennent de s’ajouter. Il est vrai qu’il n’y a pas encore assez de prêtres, de frères et de sœurs en RD Congo. Mais ici au Nord Cameroun surtout, la carence est encore plus grande. Le travail est immense. Puissent d’autres frères congolais venir nous rejoindre pour aider nos frères camerounais à implanter leur Église locale»
En solidarité Il va sans dire que les Églises locales, même quand elles sont elles-mêmes pauvres, sont appelées à partager leurs ressources tant humaines que matérielles et financières. Aucune Église, selon l’Exhortation post-synodale Ecclesia in Arica, ne peut se croire dispensée du devoir d’aider les autres en personnel et en ressources matérielles et spirituelles. En Afrique, l’Église est famille de Dieu, et dans une famille, la mise en commun s’impose à tous les niveaux et les replis sur soi ne peuvent être admis. C’est pourquoi, les évêques africains recommandent que soient encouragés et vivement soutenus la prière, le sacrifice et l’aumône pour le travail missionnaire de l’Église. Les Œuvres pontificales d’aide à la mission universelle qui développent la conscience missionnaire dans le peuple et canalisent la collaboration, devraient être présentes dans tous les diocèses de manière plus active. Que la journée d’envoi en mission qui est souvent célébrée à Kinshasa au mois de septembre de chaque année, soit étendue à tous les diocèses et soit une occasion propice d’éveiller la conscience du peuple d’une manière plus profonde sur l’urgence de la coopération missionnaire entre les Églises pour la diffusion de l’évangile. “Nous ne devons pas être timides lorsque Dieu nous ouvre la porte pour que nous annoncions que Jésus est le Sauveur et qu’Il est la réponse aux questions fondamentales de l’existence humaine”, ont affirmé les participants au Congrès Missionnaire asiatique, Thaïlande, 2006. Louis Kalonji |
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