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Protagonistes

Les données publiées récemment par les Nations Unies affirment qu’il est difficile de parler d’opportunités égales en Afrique occidentale. Au Mali, le taux d’alphabétisation des femmes est de 12%, au Burkina-Faso de 8%, au Niger de 9%, au Sénégal 29%.

 

 

La promotion des droits des femmes est une question globale, strictement liée au niveau de démocratie

d’un pays, dit Diéneba Diallo, représentante de Roppa, un des groupes les plus combatifs de la région

sur le front de la souveraineté alimentaire.

Roppa (Réseau des Organisations Paysannes et des Producteurs Agricoles de l’Afrique Occidentale)

est une organisation présente dans 12 pays et qui est décidé de mettre en discussion les accords

de partenariat économique (Ap) que l’Union Européenne veut signer avec les pays Acp (Afrique, Caraïbe, Pacifique). Selon Mme Diallo «il n’est pas possible de parler de démocratie si le droit primaire comme celui

de manger à sa faim, n’est pas garanti». Elle se pose la question suivante: «pourquoi des gens avec

un pouvoir d’achat très bas du lait chez moi et qui le vends à 50 centimes d’euros le litre alors que

de l’extérieur quelqu’un vient le vendre à 20 centimes? Nos marchés sont envahis par des produits

qui arrivent des pays européens et asiatiques, mais puisque nos gouvernements ne sont pas en condition

de subventionner les agriculteurs comme le font ces gouvernements-là, nos économies deviennent toujours plus faibles et dépendantes».

 

La condition

Malgré ces statistiques, ce sont les femmes qui s’engagent davantage dans ce domaine.

Mme Diallo explique: «Nous sommes pauvres et depuis notre enfance humiliés par des mutilations corporelles. Mais nous ne sommes ni résignées ni soumises, nous sommes très fortes. À l’aube,

beaucoup de femmes maliennes se trouvent déjà dans les champs de coton: c’est leur travail qui n’est pas récompensé et qui pourtant permet au pays d’aller de l’avant. C’est de nous, les femmes, que dépend l

a santé de nos enfants, que pratiquement dépend toute la famille».

Le Rapport Unicef 2007 - la condition de l’enfance dans le monde - est du même avis. On y trouve l’affirmation que lorsque les femmes arrivent à occuper les places importantes dans la politique,

elles arrivent à faire passer des lois plus soucieuses de l’enfance et des familles. On a vu cela par exemple

au Rwanda où les femmes parlementaires ont contribué avec succès à l’augmentation des dépenses

pour la santé et l’éducation et à la probation d’un soutien spécial pour les enfants handicapés.

«En Sierra Léone, nous sommes en train de faire approuver par le Parlement une loi spécifique

sur le droit des enfants», affirme Shirley Gbujama, Ministre des opportunités égales et de l’enfance

dans un pays où la longue guerre civile a recruté  beaucoup d’enfants soldats. «La guerre est terminée

mais la plaie des enfants soldats est toujours ouverte - continue la Ministre.

Nombreux sont ceux qui se sentent déracinés; ils ont grandi mais ils ont perdu tout lien social.

Ils auraient besoin de soins, ou tout simplement de pouvoir aller à l’école et imaginé l’avenir.

Il faudrait un investissement sérieux alors que les moyens dont on dispose sont encore trop limités».

 

Ailleurs

En Sierra Léone, c’est un groupe de Parlementaires femmes qui affirment que pour promouvoir le droit

de l’enfance il faut que la politique «se féminise». C’est cela qui est en train de se réaliser en Mauritanie

où le niveau en matière d’opportunités égales étaient parmi les plus bas. C’est Mehle Mint Ahmed,

Ministre de la Culture de la Jeunesse, de la Famille qui l’explique: «c’est une révolution car alors que avec

le régime précédent il n’y avait que trois femmes au Parlement et trois au Sénat, aujourd’hui sur nonante quatre Parlementaires, vingt-sept sont les femmes. Pour l’instant aucune ne s’est présentée candidate

aux élections présidentielles, mais je suis certaine que cela se fera dans cinq ans... En Mauritanie,

il existe un Forum de la Société Civile réunissant environ 400 associations. À sa tête, il y a une femme.

Les femmes sont en train de faire un travail extraordinaire après la chute du régime précédent:

aujourd’hui il y a liberté de presse, on peut critiquer le pouvoir, on peut publier des journaux exprimant

des idées ‘différentes’ sans tomber dans les griffes de la censure. Dans ce processus, les femmes ont joué

un rôle fondamental.

Emmanuelle Citterio/Ra.