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Musique africaine (2)

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Entretien avec Paul Balenza, Chanteur, compositeur, auteur de cassettes et de CD.

Paul Balenza est sans doute une star de la musique religieuse en RDC.

25 ans consacrés à l’effort de passer des messages religieux ouverts aux problèmes de la vie et de la société.

 

 25 ans d’activité musicale. C’est sans doute un anniversaire qu’il faut célébrer.

Oui, sans doute. Et les souvenirs ne manquent pas. Au départ, je n’étais pas lié à la musique de l’Eglise. Je fréquentais l’école des Jésuites, Albert 1er, l’actuel ‘Collège Boboto’. Mon père aimait que nous commencions la journée par l’Eucharistie. Je me souviens qu’à la messe, il y avait un garçon qui jouait à la guitare. Je l’appréciais beaucoup, quoique je ne fusse pas intéressé. J’étais tout jeune. Une  fois, ce garçon tomba malade. Pendant quelques jours, personne n’accompagna la liturgie. Et j’ai senti comme une voix au fond de moi me demandant de chanter.

 

Et vous l’avez écoutée!

A un certain moment, je suis parti m’asseoir sur le banc de choristes et j’ai commencé à chanter. Curieusement, j’ai chanté «C’est mon corps…», et tout le monde a chanté avec moi. C’était la chanson que je maîtrisais le mieux, depuis l’école. Le soir, je vois une délégation des mamans venues nombreuses me chercher, pour me dire: «Le guitariste est de retour, viens, vous allez chanter ensemble». Après c’est le P. Jack Van Hoof, un missionnaire scheutiste, qui nous a encouragé à former un orchestre pour l’accompagner partout lors de ses tournées évangélisatrices. C’est alors que nous avons formé le groupe ‘Arc-en-ciel’ et dans ce groupe, nous avons composé beaucoup de chansons, à la paroisse St Gabriel, à Yolo. Entre autres, ‘Nzambe lokumu’ (Dieu est la gloire).

 

Des chansons composées par qui?

Par le P. Van Hoof. C’était un grand compositeur, c’est ainsi que nous avons commencé à créer des cassettes. Puisque le groupe était devenu plus nombreux, j’ai eu l’idée d’en former un nouveau, qu’on appela ‘Vie nouvelle en Christ’. J’ai composé des chants et sorti des cassettes dans les éditions des Filles de St Paul. J’ai commencé mon parcours comme indépendant en 1983 et mes premières productions comme chanteur, compositeur et arrangeur en 1989.

 

Est-ce que votre musique et vos messages suscitaient de la sympathie ?

A vrai dire, mes débuts ont coïncidé avec l’expérience d’une opposition farouche, menée par certains groupes de jeunes: aux deuils, par exemple, ils chantaient des insanités, se déshabillaient, fumaient

du chanvre. Ce n’était pas facile. Parfois les gens nous pourchassaient avec des pierres.

 

Quels sont les thèmes préférés dans vos chansons?

La Bible, c’est notre plus grande source d’inspiration. J’ai chanté ‘Sekula’, l’histoire d’un enfant de la rue;

sur la veuve qui est dépouillée de tout malgré qu’elle soit en bon terme avec sa belle famille; sur le problème de la stérilité; Lindonge (termitière), c’est-à-dire la nécessité d’évoluer en groupe (l’union fait la force!);

la femme des temps nouveaux…

 

Quelle est la chanson que vous aimez davantage?

C’est un peu difficile à dire, peut-être la cassette «Kombo ya Masiya». Ou «Vie nouvelle», «Foi et vie». J’ai toujours eu l’impression que les gens apprécient bien des choses mais  dans notre Église, il y a très peu de promotion, pas de sponsors. Nous avons de grandes difficultés dans nos communautés. Tandis que, par exemple, chez nos frères des églises du Réveil, il est permis de chanter au cours de l’assemblée et à la sortie les gens achètent les cassettes.

Chez nous, on respecte la liturgie, on exécute des chants qui l’accompagnent. Si l’on désire entendre les chansons de Paul Balenza, il faut aller à la cité! Et pourtant, nous aurions connu un grand marché dans les paroisses. Si chaque paroisse s’engageait à écouler ne fût-ce que 50 cassettes!

 

Dans le tiroir, vous avez sans doute des projets et des rêves...

L’idée, par exemple, de relancer certaines chansons. J’aimerais proposer une ‘Anthologie’ des chants les plus aimés, à exécuter dans les paroisses, pour en encourager la promotion. Et aussi que se réalise l’espoir d’obtenir un visa de long séjour, pour faire la promotion et mieux finaliser nos travaux. En Europe, par exemple, on peut faire des CD et DVD ainsi que des cassettes de très bonne qualité et à meilleur prix!

Ae