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Il y a du monde autour d’un accident, dans la rue. Un journaliste voudrait savoir exactement ce qui s’est passé et voir s’il y a des victimes. Rien à faire, les gens ne bougent pas. Alors une idée géniale lui traverse la tête: «Je suis le père de la victime!», crie-t-il. Les gens lui permettent finalement de s’approcher. C’est alors qu’il découvre, surpris, que le piéton fauché par un camion c’est un… âne ! Une histoire peut-être montée, on est libre d’y croire ou pas. Mais le fait que son protagoniste soit un homme des médias, ce n’est pas un hasard. Souvent la recherche de nouvelles extraordinaires, étonnantes, incroyables, encourage l’adoption de n’importe quel truc, pour attirer l’attention des gens. C’est le risque qui peut contaminer aussi le lecteur ou le spectateur désireux de nouvelles excitantes. Parler sans distinguer ou nuancer entre vérité et mystification, c’est la tactique de celui qui a l’habitude de mentir et qui, devant une vérité évidente, défendra à tout prix avec obstination sa version. Il y a des individus qui savent bien raconter des histoires. Comme le taximan qui, après avoir écrasé une poule, s’arrêta pour faire le ‘constat’. Prévoyant déjà un bon plat pour le soir, en vitesse il s’empara de l’animal. Mais c’est alors que quelqu’un l’apostropha: «Voleur»! C’était le propriétaire de la poule. «Excusez-moi, monsieur, je voulais l’accompagner à l’hôpital», répondit immédiatement le taximan. L’écrivain russe Dostoïevski affirmait que dans bien des cas, le mensonge manifeste, mieux que la vérité, ce qui se passe dans le cœur d’un individu. C’est comme un miroir qui reflète ce qu’on est vraiment. Le mensonge est le rideau de fumée destinée à sauvegarder ignoblement notre mauvaise foi. Ou la pierre blanchie qu’on place sur la tombe des vices afin que personne ne puisse les voir. Le mensonge se cache parfois derrière ce qu’on appelle «opinion» et qui souvent n’est qu’une astucieuse confection de spéculations vendues comme des vérités évidentes. C’est la rumeur, c’est l’opinion publique fabriquée dans beaucoup de cas suivant les goûts, les sentiments, les demi-vérités, les peurs ou les attentes. C’est elle qui s’impose et gouverne, capable de marginaliser ceux qui auraient le courage de ne pas se rallier. Les grands tribuns romains disaient: «Les gens veulent qu’on les trompe, trompons-les donc»! Dans son message pour la prochaine Journée mondiale des communications sociales, après avoir rappelé la puissance et la beauté des médias actuels, le Pape exprime le vœu qu’ils soient toujours au service de la ‘vérité’ et de la ‘personne humaine’: «On doit mettre en évidence le tournant, je dirais plus encore, la véritable mutation de rôle, qu’ils ont à réaliser». De façon toujours plus marquée, la communication semble avoir souvent la prétention non seulement de représenter la réalité, mais de la fabriquer, de créer les événements eux-mêmes et, grâce au pouvoir et à la force de suggestion qu’elle possède, d’orienter leur interprétation. Dans certaines situations, les médias sont utilisés non pas pour remplir correctement leur rôle d’information, mais pour imposer des modèles qui ne sont pas sains, pour encourager la violence et la transgression. Jusqu’à arriver à la manipulation des consciences. «Il faut réaffirmer - écrit le Pape - que tout ce qui est techniquement possible n’est pas éthiquement praticable. L’impact des moyens de communication sur la vie de l’homme contemporain pose des questions que l’on ne peut éluder, et qui demandent des choix et des réponses qui ne peuvent être renvoyés à plus tard». Ae |
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