
|
Un synode de toute l’Eglise catholique vient de fermer ses portes. Et de nous rappeler que la transmission de la Parole de Dieu est une chose extrêmement urgente dans le monde d’aujourd’hui. L’archevêque G. Ravasi, président du Conseil pontifical pour la culture, a souligné l’importance d’impliquer les nouvelles générations dans la lecture de la Bible et de ‘traduire’ la Parole dans leur langage, c’est-à-dire dans le langage des jeunes. «S’il y a dix ans, les jeunes avaient un vocabulaire de 800 mots, aujourd’hui ils en ont un de moins de 400», a-t-il dit. Au synode on a fait mémoire des «martyrs de la Parole», surtout de ceux du 20è siècle dans les pays communistes. «Des prêtres, des laïcs, hommes et femmes, sont morts pour avoir proclamé la Parole de Dieu. Les Saintes Écritures étaient considérées comme un livre contre-révolutionnaire: on arrêtait les gens qui possédaient une Bible.» Sans oublier les martyrs d’aujourd’hui (Inde, Myanmar, Moyen Orient). Au début, du Synode, le Rabbin Shear Yashuv Cohen, premier Juif à s’adresser à une assemblée mondiale des évêques, a déclaré: « Je sens profondément que ma présence ici devant vous a une grande signification. Elle est porteuse d’un signe d’espérance et d’un message d’amour, de coexistence et de paix pour notre génération, et pour celles à venir». Un moment sans doute historique et qui peut servir de point de référence pour tout ce qu’on dit et qu’on fait dans le domaine de l’œcuménisme et de dialogue entre les différentes religions.
Un autre synode est en préparation, celui pour l’Afrique. En octobre prochain, les évêques de notre continent seront invités à se retrouver pour parler «de réconciliation et de justice sociale. Au nom de l’Eglise, promotrice du dépassement des divisions, des guerres, des violences». Le thème de ce synode est venu de l’épiscopat africain au cours des dernières années du pontificat de Jean-Paul II. D’ailleurs les Conférences épiscopales des pays qui connaissent des conflits ne cessent de rappeler qu’il n’y a pas d’autre voie pour résoudre les différences et les controverses que celle du dialogue et de la négociation. Et que c’est la seule voie pour un vrai développement. Les évêques de la RDCongo l’ont rappelé avec force tout dernièrement (13.11.2008), à propos de la guerre dans les régions nord-orientales du pays: «Malgré nos appels pathétiques aussi bien à nos gouvernants qu’à la Communauté internationale, hélas! la situation dans cette partie de notre pays n’a fait qu’empirer. Elle vient d’atteindre des proportions insupportables, très inquiétantes et susceptibles de déstabiliser toute la sous-région si on n’y prend garde. Oui, aujourd’hui, comme le dit l’Ecriture: une voix en RD Congo s’est fait entendre, des pleurs et une longue plainte; c’est Goma, Kiwanja, Dungu…, c’est la nation tout entière qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, car ils ne sont plus (cf. Mt 2, 18). Nous invitons toute la population congolaise à un sursaut national pour vivre en frères et sœurs, dans la solidarité et la cohésion nationale, afin que la RD Congo ne sombre pas dans la violence et les divisions».
Le problème qui au cours des derniers mois revient sur tous les médias est sans aucun doute celui de la crise économique mondiale. L’année 2008 a enregistré une longue liste de désastres: banques en faillite, inflation galopante, prix du carburant aux étoiles, entreprises à bout de souffle, salaires insuffisants… Comme dans les années ‘30. Ou même avant. Salvien de Marseille, un Père de l’Eglise latine (+480) qui fut témoin des invasions barbares du Ve siècle et de la chute de l’Empire romain, donnait l’interprétation suivante des malheurs de son époque: «Ce qui est intolérable, c’est que tous les citoyens ne supportent pas la charge commune de payer les impôts: ce sont les pauvres qui paient pour les riches. Plus encore: ce sont les riches qui, de temps en temps, décident d’augmenter le montant des impôts, mais ce sont les pauvres qui paient pour eux. Ô forfait scandaleux! Une minorité de puissants fixe ce que doit payer la masse des malheureux!» Ae |
|
La seule voie |
|
Éditorial |
|
Dossier: L’analphabétisme est toujours là |
|
Kibwila: Les urgences du provisoire |