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Le 19 /10/2008 Benoït XVI a canonisé P. Gaetano Errico, Italien, fondateur des Missionnaires des S. Cœurs de J. et de M. ; Sr Marie Bernarde Bütler, la première sainte de la Confédération Helvétique; Sr Anna Muttathupadathu, la première sainte Indienne; et la laïque équatorienne Narcisa de Jésus Martillo y Moran
Marie Bernarde Bütler (1848-1924), la première sainte de la Confédération Helvétique. Née à Auw (Aargau) en 1848, elle entra dans la vie religieuse chez les Capucines et en 1880, elle fut élue supérieure de son couvent de Altstätten. Huit ans plus tard, elle partait comme missionnaire en Equateur d’abord, puis en Colombie, où elle fonda la Congrégation des Soeurs Franciscaines de Marie Auxiliatrice, dont la vocation est à la fois éducative et caritative. Elle mourut le 19 mai 1924 à Carthagène, en Colombie. En remerciant le pape de cette canonisation, les évêques catholiques de Suisse ont souligné l’élan missionnaire de sainte Marie-Bernarde: «En la déclarant sainte, le Pape offre à la Suisse et au monde un modèle de vie et un puissant intercesseur auprès du Seigneur.» Une Equatorienne: Narcisa de Jésus Martillo y Moran (1832-1869), laïque. Originaire de Nobol, elle avait quinze ans lorsqu’elle apprit à coudre pour aider sa famille. Mais elle demeura orpheline avant d’avoir vingt ans. Pauvre, elle vécut alors dans des greniers ou des cagibis, où elle passait de longues heures en prière. Des témoins oculaires la voyaient souvent en extase, en intime communion avec Dieu. Elle s’éteignit à 37 ans. Un Italien : Gaetano Errico (1791-1860) de Secondigliano (Naples). Prêtre fondateur des Missionnaires des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie. A quatorze ans, il demanda à être reçu chez les Capucins : trop jeune ! Chez les Rédemptoristes : trop jeune ! Il entra au séminaire de Naples, ou plutôt, il y étudia : ses parents ne pouvaient pas payer sa pension. Chaque jour, il faisait huit kilomètres à pied, par tous les temps, pour suivre les cours. Déjà, on l’admirait: «Voilà saint Gaétan qui passe!» Ordonné prêtre en 1815, il devint maître d’école, un ministère auquel il se dévoua pendant de longues années, tout en assurant le service pastoral de la paroisse des Saints Côme et Damien : annonce de la parole, ministère de réconciliation, assistance matérielle et spirituelle des malades, des pauvres.
Une femme décidée Anna Muttathupadathu naît à Kudamaloor, dans la province du Kérala, au sud-est de l’Inde le 19.08.1910. A trois mois, elle perd sa mère; elle est confiée à une tante qui se charge de son éducation, et à un grand-oncle prêtre. On lui donne le surnom familier d’Annakutti. Encore enfant, elle est impressionnée par la vie de sainte Thérèse de Lisieux et prend la résolution de devenir sainte elle aussi au moyen de la prière et de la pénitence. Elle a une autre dévotion : le Père Cyriaque Chavara qui a œuvré dans la même région du Kérala au siècle précédent. Ordonné prêtre en 1829, P. Chavara avait fondé avec deux autres prêtres la Congrégation des Carmes de Marie Immaculée dont il devint le supérieur-général. Actif dans l’apostolat de la presse, il fonda ensuite une congrégation religieuse indienne de femmes, la Congrégation de la Mère du Carmel, pour l’apostolat scolaire, social et médical. Il créa un séminaire pour la formation du clergé, des écoles pour l’éducation générale et des maisons de santé pour les pauvres et les mourants. Il établit des programmes pour la formation des catéchumènes. Un jour, la tante décide de marier Annakutti; elle est belle et, bien qu’elle n’ait pas de dot, les prétendants ne manquent pas. Elle s’y refuse tant qu’elle peut, mais lorsqu’elle voit qu’une cérémonie de fiançailles est prévue à l’église, elle décide de s’enlaidir et se brûle un pied. La blessure est si grave que la tante renonce à l’idée de la marier et l’autorise à rejoindre un couvent. Annakutty achève ses études scolaires et, à 17 ans, en 1927, elle entre chez les Tertiaires Clarisses du Malabar (rite syro-malabar), à Bharananganam. Le 12 août 1936, elle fait ses vœux sous le nom de sœur Alphonsine de l’Immaculée-Conception. A plusieurs reprises, elle tombe gravement malade, mais elle se rétablit. Elle prie incessamment, le bon Dieu l’exauce. Un soir, un voleur, qui s’est introduit dans le couvent, lui cause une peur terrible ; elle reste en état de choc pendant quelques temps. Malgré toutes ces souffrances, elle garde constamment un sourire candide aux lèvres, elle est gaie comme un enfant. « Elle sait trouver son bonheur dans les choses simples et ordinaires. Elle ne cesse de rendre grâces à Dieu pour la joie et le privilège de sa vocation religieuse. Aux souffrances physiques s’ajoutent celles causées par l’incompréhension, la jalousie et les faux jugements à son égard. Vie de souffrance, accompagnée de dons particuliers : notamment, celui de voir l’avenir. Un jour elle parle soudain le Tamil qu’elle ne connait pas ! Dans une lettre écrite en février 1946, peu avant sa mort, elle dit : «Je me suis complètement donnée à Jésus. Qu’il fasse de moi comme il l’entend. Mon seul désir en ce monde est de souffrir pour l’amour de Dieu.» Elle meurt le 26 juillet 1946, à l’âge de 36 ans.
Malgré les difficultés A travers les élèves de l’école de son couvent qui la révéraient comme une sainte, son renom prend vite de l’ampleur. Des grâces sont obtenues sur sa tombe qui devient un lieu de pèlerinage. Sa réputation de sainteté ne tarda pas à attirer des foules de plus en plus nombreuses, de toutes confessions, venant se recueillir sur sa tombe, située à côté du couvent de Bharananganam. Des guérisons miraculeuses achevèrent de conduire la modeste religieuse du Kerala à la béatification. Le plus grand miracle reconnu par le Vatican est la guérison en 1999 d’un bébé d’un an, Jinil Joseph, né avec un handicap aux jambes. Sr. Alphonsine sera béatifiée le 08.02.1986, avec le P. Chavara, au stade Nehru de Kottayam par Jean Paul II. «Une femme exceptionnelle, a dit Benoit XVI. Ses vertus héroïques de patience, de courage, et de persévérance au milieu de profondes souffrances nous rappellent que Dieu accorde toujours la force dont nous avons besoin pour surmonter toute épreuve.» La canonisation de la première sainte indienne a eu une résonance toute particulière dans son pays natal, en proie depuis plusieurs semaines à de graves attaques antichrétiennes de la part d’extrémistes hindous. Au cours des mois d’août et septembre 2008, des foules d’hindous nationalistes radicaux se sont livrées à des attaques contre des chrétiens dans plusieurs états indiens, prétendant que des hindous de basse caste et des intouchables sont convertis au christianisme. Des églises, des salles de prière, et des écoles chrétiennes ont été vandalisées, des religieuses et des prêtres ont été battus, une religieuse a subi un viol collectif. Ces violences contre les chrétiens sont décrites comme les plus graves ayant eu lieu en Inde depuis 50 ans.
Contre les chrétiens Le jour même de la canonisation, une église était brûlée par des hindouistes au Madya Pradesh. L’évêque de Cuttack-Bhubaneshwar, Mgr Raphael Cheenath, s’exprimait ainsi le 13 octobre: « Sainte Alphonsa est plus que jamais un exemple pour nous, dans ces temps difficiles. Elle a beaucoup souffert dans sa vie, mais est restée inébranlable dans son amour pour le Christ et cela lui a donné la force d’endurer toutes ses souffrances. La vie de sainte Alphonsa nous rappelle à nous, Eglise de l’Inde comme du Khandamal (NDR le district le plus touché par les violences antichrétiennes dans l’Etat de l’Orissa), que Dieu est avec nous. Nous savons que l’Eglise de Dieu continuera et accomplira sa mission : celle de proclamer la Bonne Nouvelle. » Le cardinal Varkey Vithayathil, président de la Conférence des évêques catholiques de l’Inde (CBCI) a déclaré que les présents excès de violences antichrétiennes, qui ont fait 35 morts depuis août, «étaient l’un des pires» qu’avait connue la nation indienne, et qu’il engendrait de «nouveaux martyrs». Le christianisme a une longue histoire en Inde (on dit que l’Inde aurait été évangélisée par l’apôtre Saint Thomas), et surtout il est très présent grâce aux nombreuses écoles chrétiennes, aux institutions charitables, et aux hôpitaux. Mais, tout dernièrement, cette influence a été perçue par les ultra-nationalistes hindous comme une menace pour la nature ‘hindoue’ de l’Inde et le système des castes.
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