Près de 200 000 femmes et jeunes filles coréennes, chinoises, etc. furent enlevées pour devenir «femmes de réconfort» dans plusieurs pays occupés par le Japon durant la 2ème Guerre mondiale.

La mémoire de ces femmes violées et transformées en esclaves sexuelles des militaires japonais, estime Amnesty International, nous renvoie aux crimes qui désormais presque dans tous les conflits modernes (notamment en

R D Congo), sont commis notamment contre les femmes.

 

1937. Elle était en train de sauter à la corde  dans un village de la campagne chinoise lorsque une voiture s’arrêta devant la maison. « Je n’avais jamais vu une voiture dans mon village », dit Kim Yoon Shim. Le chauffeur de la voiture offrit un tour à la curieuse fillette de 14 ans. Elle, avec une amie, monta dans le véhicule. Ces deux filles ne verront plus leur maison en Manchourie : la voiture les emmena quelque part, où elles devinrent « des femmes de réconfort » pour l’armée impériale japonaise. Souvent battues, affamées, contraintes à avorter ou à la stérilisation par des injections. Très peu de femmes survécurent.

Le viol ! Dans l’ancien Testament, par exemple, ou parle du viol des femmes des tribus conquises. Part du butin de guerre, les femmes étaient forcées à marier leurs ravisseurs. C’était aussi pour bafouer leurs parents, frères ou maris.

Avec des soldats indisciplinés, le viol pendant une guerre est aujourd’hui devenu pratique courante.

 

Presque normal’

On le retrouve dans les conflits des dernières décades: Bangladesh, Cambodge, Chypre, Haïti, Libéria, Sierra Leone, Somalie, Ouganda, Bosnie, Pérou, Rwanda, R D Congo, etc. Il est devenu un instrument  tellement  systématique, que tous les cas inventoriés semblent avoir été organisés comme une tactique de guerre. Selon Maria B. Oluyc, «le viol  c’était un ‘outil de terreur’, utilisé par l’armée allemande en Belgique lors de la première guerre mondiale. Le viol collectif fut orchestré dès le commencement des campagnes nazi contre les Juifs. C’était une ‘arme de vengeance’ lorsque l’armée russe arriva à Berlin à la fin de la deuxième guerre mondiale, lorsque l’armée Pakistanaise battit le Bengladesh ; et quand les GIS américains firent du viol au Vietnam une procédure standard dans le but de terroriser la population pour la soumettre! Les forces de la sécurité indonésienne ont été accusées de viol des femmes chinoises pendant l’explosion des émeutes en 1998.

Ces derniers temps, le viol des femmes dans les guerres s’est enrichi d’une nouvelle motivation : la religion. On a dit que les troupes paramilitaires  serbes, par exemple, en 1991-1994,  utilisaient le viol des femmes musulmanes bosniaques, pour les pousser à quitter  leur terre. En 1997, les femmes ‘sécularisées’ étaient la cible des révolutionnaires islamistes en Algérie et réduites à esclaves sexuelles.

Plus près de nous, au Darfour (Soudan), où plus de 2.5 millions de personnes ont été touchées par le conflit qui voit le milices Janjaweed agresser les femmes et les filles, certaines d’entre elles pouvant être âgées de dix ans. Un rapport des Nations Unies donne l’exemple du village de Kutum, où 150 soldats et Janjaweed ont enlevé et violé 16 filles.

L’UNICEF évalue à 25 000 le nombre d’enfants kidnappés en Ouganda par la LRA depuis 1986, près de la moitié l’ayant été à partir de 2002. Les garçons et filles enlevés ont été contraints à combattre et à servir de porteurs, beaucoup de filles étant aussi réduites à l’esclavage sexuel.

 

Pour dominer

Pendant plusieurs mois, à la fin de l’année 2002 et au début de l’année 2003, des centaines de femmes et de jeunes filles ont été violées ou ont subi des violences, sexuelles et autres, en République centrafricaine. De nombreux viols, perpétrés non seulement par des combattants de la RCA, mais aussi par ceux du Tchad (alliés de François Bozizé) et de la RD Congo (alliés d’Ange Patassé). Les conclusions d’Amnesty International, au terme des données rassemblées par ses chercheurs fin 2003, laissent penser que les viols commis par toutes les parties, mais plus particulièrement par les combattants du MLC, ont été nombreux et systématiques.

Tous ceux qui travaillent dans l’assistance humanitaire affirment que dans les conflits de nos jours, la brutalité contre les femmes est un fait ‘presque normal’. Le viol est devenu une arme de guerre. Toutes les forces armées impliquées dans des conflits en RDC ont commis des viols et des actes de violences sexuelles, y compris les forces armées gouvernementales de la RDC, du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda.

Ces viols sont perpétrés parce que les forces qui les commettent bénéficient d’une impunité quasi absolue. Dans certains cas et dans certaines régions de la RDC, la violence sexuelle a une dimension clairement ethnique et les combattants choisissent sciemment leurs victimes au sein d’un groupe ethnique «ennemi».

Le viol et l’intimidation qui accompagnent la violence contre les femmes assurent le contrôle des populations vivant sur le territoire qu’on cherche à occuper, surtout s’il est riche en ressources naturelles telles que le diamant, l’or et le coltan.

La superstition constitue une autre motivation chez certains combattants qui semblent croire que le fait d’avoir des relations sexuelles avec un enfant pré-pubère ou une femme ménopausée les immunisera contre des maladies, notamment le VIH/sida, les guérira s’ils ont déjà contracté le VIH, les protègera contre des blessures ou la mort durant le combat ou encore leur assurera une dose additionnelle de force et de bravoure.

Victimes de viols souvent en chaîne, blessées au plus profond de leur être, sans ressource pour la plupart, contaminées par des maladies sexuellement transmissibles, laissées sans soins médicaux, mises au ban de leur société qui les rejette, répudiées par leur mari,  «plus de 40.000 femmes et jeunes filles de RDC tentent aujourd’hui de survivre, victimes une deuxième fois de l’indifférence de leur gouvernement et de la communauté internationale» (Amnesty International).

 

‘Pour détruire’

En octobre 2007, un journaliste du N.Y. Times, Jeffrey Gettleman rapporta que la violence sexuelle contre les femmes en RD Congo était la pire du monde. Il avait interviewé le gynécologiste Denis Mikwege, de Bukavu, fatigué des histoires terribles que ses patientes lui racontaient.

Une moyenne de dix victimes par jour l’approchaient avec des histoires bien tristes: «Certaines ont été violées avec des baïonnettes ou des morceaux de bois et leur système reproductif  et digestif n’est plus réparable. Nous ne savons pas pourquoi ces viols se produisent, mais une chose est certaine, il sont faits pour détruire les femmes… Les civils sont à la merci des groups lourdement armés, qui ont fait de la guerre ou de la guérilla, un moyen pour vivre; ils font des incursions dans les villages et en enlèvent les femmes comme rançon ».

Les assaillants cherchent les femmes et les filles travaillant pour nourrir leur famille. Femmes cultivant leur champ, qui cherchent du bois, qui se rendent au marché.

C’est une manière de détruire l’économie d’une région et de faire peur à la population.

Le passage d’un viol sporadique à un acte prémédité et organisé de terrorisme a poussé la communauté internationale à adopter des mesures de punition destinées à le décourager. Le Conseil de Sécurité des NU, en juin 2008, a classifié le viol non comme un cas accidentel, un fait secondaire, mais une ‘stratégie’.

Le secrétaire général des NU, Ban Ki-Moon affirme que le viol a rejoint, dans certains pays, des proportions inexplicablement pandémiques.

Parmi les choses les plus graves, même des organisations supposées aider les victimes de la guerre et de la violence se rendent parfois coupables de cela.

Jean-Marie Nsambu,

LS. et d’autres sources

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