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Je ne le voyais pas

Il est devenu normal en ces temps d'épreuves de voir des milliers de catholiques faire défection de leur Église où, lui reproche-t-on, il n'y a pas de vérité ni de feu de l'Esprit ("Molimo elala", l'Esprit s'y est assoupi). On cherche où Dieu parle et agit.

 

Nous reconnaissons les erreurs d'une évangélisation des masses où l’âme du peuple a été difficilement prise en charge, élaguée de fausses croyances. La catéchèse devrait toujours se mettre au service de la pastorale c'est-à-dire de la mission d'amener Christ Fils de Dieu aux hommes et de permettre aux hommes d'avoir accès à Dieu leur Père par jésus l'Unique Réconciliateur.

Pour cela il faut faire comprendre, en prenant le temps, - le pasteur donne le temps au temps pour que la pâture profite au mieux à ses brebis, ce qu'est cette réconciliation entre un Dieu qui se dit Amour et des hommes à qui tout dans leur vie cric que ce n'est pas l'Amour qui domine mais la souffrance, l'injustice, la domination des nanti sur les petits, du chef sur "ces vauriens" d’ouvriers, de la maman propriétaire sur les "pauvres" locataires etc. Or c'est souvent à travers la souffrance que Dieu nous

Elle, une mère de famille quelconque de KINSHASA a mis au monde une jolie fillette qui à 7-8 ans ne marchait toujours pas. Pas d'explications scientifiques: les médecins ont renoncé à comprendre et à expliquer. Mais elle, dans son amour pour son enfant n'a pas renoncé à chercher sa guérison à tout prix. Catholique, elle ne se gênera pas d'emmener son "paquet de linges" (sa fillette frileuse enroulée dans les pagnes maternels) à travers les 24 communes de KIN à la recherche des groupes de guérison miracle. En vain et en pure perte d'argent des offrandes à un Dieu aveugle et sourd à son malheur.

Épave échouée avec son "paquet" à l'École de Prière Notre Dame Vierge Puissante, elle avouera trois mois plus tard dans un témoignage public: «Ma fille ne marche toujours pas.

Cette infirmité bizarre a rempli tout mon coeur de mère, toute ma vie. Je ne voyais plus mes autres obligations d'épouse et de mère des autres enfants: il n'y avait que cette fillette, le centre de ma vie.

 

Aujourd'hui je peux bénir le Seigneur, parce que la maladie incurable de mon enfant qui a fait de moi la risée de mes voisines, de mes coreligionnaires et de ma belle-famille a été le chemin que notre Dieu, Père plein d'Amour a choisi pour m’attirer à lui, pour que mon coeur le connaisse et fasse de Lui le véritable centre de ma vie, et non cette enfant que je lui ai abandonnée désormais avec confiance: si lui veut qu’elle guérisse, il la guérira; sinon il la reprendra, elle est son bien, elle ne m'appartient pas.

L'enseignement de la Parole de Vie m'a permis de comprendre que depuis toujours Dieu m'aimait.

Je ne le voyais pas".

 

 

N° 1:  Avril 1998