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À l’heure actuelle, on compte 1,3 milliard de jeunes dans l’ensemble des pays en développement. Un chiffre record, le nombre des jeunes dans le monde n’avait jamais été aussi élevé. Dans de nombreux pays, les adolescents sont, numériquement parlant, le groupe le plus important de la population. C’est en Afrique qu’on trouve le pourcentage le plus élevé de jeunes par rapport au reste de la population. La moitié de la population du continent africain a moins de 25 ans. Alors que dans plusieurs pays d’Europe, ils ne sont que 17% de la population, en Ouganda, les jeunes représentent 57% de la population. En RD Congo, 48% ont moins de 15 ans.
La jeunesse fait l’objet d’une attention croissante. C’est ainsi que la Banque mondiale a consacré à la jeunesse l’édition de 2007 de son Rapport «Le développement et la prochaine génération». Les niveaux de scolarisation primaire sont aujourd’hui bien supérieurs à ce qu’ils étaient il y a 30 ans. Plus de 85 % des enfants des pays en développement sont inscrits à l’école primaire. Les enfants ne meurent plus des mêmes maladies infantiles qu’il y a 30 ans. L’espérance de vie a énormément augmenté. Apparemment les jeunes du 21è siècle ont devant eux un avenir radieux. Ils reçoivent une meilleure éducation que leurs parents. Ils disposent d’une plus grande liberté. Grâce aux portables, ils ont la possibilité d’entrer en contact avec tout le monde. Le monde a atteint un stade où se pose une deuxième génération de problèmes. Les jeunes vont à l’école, mais est-ce qu’ils y apprennent quelque chose? Quand ils sortent du primaire, est-ce qu’il y a des places pour eux dans le secondaire? Et après, est-ce qu’ils trouvent un emploi?
De l’autre coté Bien que c’est parmi eux qu’on relève les taux d’analphabétisme les moins élevés, il reste que 57 millions de jeunes gens et 96 millions de jeunes filles de 15 à 24 ans ne savent ni lire ni écrire. On estime aussi à 115 millions le nombre des enfants qui ne reçoivent pas une éducation primaire, ce qui risque d’être un handicap pour leur avenir. Bien que tous les jeunes du monde puissent regarder à la télé les mêmes match et les mêmes histoires comiques ou amoureuses, le contexte social dans lequel ils grandissent n’est pas le même. Dans certains pays, c’est toujours aux parents qu’il revient de prendre les décisions concernant leurs fils, même quand ces derniers ont déjà un certain âge. Au Bangladesh, par exemple, un jeune sur 25 seulement choisit librement celui ou celle qu’il épousera. Dans de nombreux pays industrialisés, des jeunes vivent plus longtemps qu’ils ne le voudraient chez leurs parents, en raison des pressions financières. On situe à 500 000 le nombre de jeunes de moins de 18 ans enrôlés dans des groupes militaires ou paramilitaires. Quelque 300 000 jeunes de moins de 18 ans ont pris part à des conflits armés dans plus de 30 pays à travers le monde. On estime que 14 millions d’adolescentes de 15 à 19 ans accouchent chaque année. Les filles âgées de moins de 15 ans courent un risque cinq fois plus grand de mourir pendant la grossesse ou en couches que les femmes âgées de 20 à 29 ans. Si une mère a moins de 18 ans, son bébé court un risque de mourir au cours de la première année 60 fois plus grand que le bébé d’une mère âgée de plus de 19 ans. La jeunesse n’est pas toujours synonyme de confiance dans l’avenir. En Chine, au moins un élève d’école secondaire sur cinq a pensé à une tentative de suicide dans les douze derniers mois, selon une récente étude de l’Université de Pékin. Raison? Les familles attendent toujours beaucoup de leurs enfants et les élèves affrontent une terrible compétition pour pouvoir être reçus dans les grandes écoles et les universités prestigieuses. La drogue touche des personnes de plus en plus jeunes. Au Royaume-Uni, 40 % des jeunes ont essayé une drogue avant l’âge de 16 ans. Aux États-Unis, certains enfants se tournent vers les drogues à l’âge de 9 et 10 ans. La Chine a officiellement enregistré 755 000 jeunes drogués de moins de 35 ans. En France, les accidents routiers demeurent la première cause de décès chez les adolescents. Parmi tous les groupes d’âge, ce sont les jeunes de 19 ans qui affichent le plus haut taux de décès, surtout à cause de l’alcool. Les jeunes d’aujourd’hui sont confrontés à des risques sanitaires qui sont tout à fait différents de ceux d’il y a 30 ans: il n’y avait pas de VIH/SIDA. Les jeunes de 15 à 25 ans représentent aujourd’hui un tiers des séropositifs de la planète, soit dix millions de personnes..
Travail C’est dans le domaine du travail que la réalité se présente particulièrement sombre. À l’échelle mondiale, près de la moitié du chômage frappe les jeunes. Les taux de chômage parmi les jeunes sont deux à trois fois supérieurs à ceux des adultes. Entre 1995 et 2005, la main-d’œuvre des jeunes, entre 15 et 24 ans, a augmenté de 29,8% en Afrique subsaharienne, alors que le taux de chômage, lui a augmenté de 34,2%. C’est ce que révèle le dernier rapport du Bureau International du Travail (BIT) intitulé «Tendances mondiales de l’emploi des jeunes » (2006). Ce chiffre cache une autre réalité. Celle de ces jeunes qui travaillent, mais vivent dans la pauvreté. Ils sont 57% en Afrique sub-saharienne à vivre avec moins d’un dollar par jour et 37%, avec moins de deux dollars. Ce constat illustre l’un des défis majeurs qui se posent aujourd’hui aux dirigeants des pays en développement: assurer une éducation de qualité pour les jeunes. L’énorme effectif que constitue la jeune génération d’aujourd’hui et qui, selon l’avis des experts de la Banque Mondiale, dans beaucoup de pays, est probablement à un niveau qui ne sera jamais dépassé, présente une opportunité fantastique pour les pays, du fait qu’ils peuvent investir dans cette jeune génération qui sera responsable du développement futur. Le rapport souligne que le manque d’éducation de qualité n’est pas le seul obstacle auquel soient confrontés les jeunes à l’heure actuelle, mais aussi que les jeunes veulent avoir davantage voix au chapitre en ce qui concerne leur avenir. «Les jeunes ont souvent le sentiment d’être traités comme des agents du risque, alors qu’ils aimeraient être perçus comme des agents de changement, des agents qui peuvent insuffler énormément d’énergie et d’enthousiasme dans le processus d’édification d’une nation». C’est donc l’éducation qui constitue le premier défi essentiel auquel doivent répondre les dirigeants des pays en développement. «La première chose est de faire en sorte que le processus éducatif soit adéquat, et que les progrès qui ont été accomplis ces dernières décennies au niveau de la scolarité primaire se poursuivent et s’étendent. Un fait qu’on ne peut pas considérer toujours comme acquis. Dans des pays comme le Ghana et la Zambie, près de la moitié des jeunes filles ne savent pas lire une simple phrase, même après six années de scolarité. Une éducation, voilà un deuxième défi, qui consiste à assurer que la qualité de ce qui est enseigné soit suffisamment élevé pour permettre aux diplômés d’être à même de soutenir la concurrence sur le marché du travail à l’échelle mondiale. Sans un niveau minimum d’éducation secondaire, il est très difficile aux jeunes d’acquérir les compétences qu’il leur faut pour mener une bonne existence et aider leur pays à se développer. Une recherche effectuée vers la fin de 2006 dans 10 grandes villes de la planète - inclus Lagos, le Caire et Nairobi - parmi des adolescents de 15 à 17 ans a révélé que les jeunes indiquent l’éducation et l’emploi comme leurs défis les plus importants. Ils aspirent à des diplômes assurant de bons emplois et un avenir meilleur. Gaétan N. Yawo |
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