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«Les enfants et les médias: un défi pour l’éducation». C’est le thème choisi par le pape pour la Journée mondiale des Communications sociales 2007, le 20 mai. Il souligne la nécessité que les parents et les éducateurs prennent conscience de l’impact des médias sur les plus jeunes.
La télévision est presque partout l‘amie’ des enfants et domine largement les autres médias. Elle occupe aujourd’hui la première place dans les loisirs des enfants à l’intérieur de leur domicile. Les enfants passent plus de temps à regarder la télévision qu’à n’importe quelle autre activité. Une enquête menée aux États-unis affiche les chiffres suivants: la famille américaine moyenne compte aujourd’hui 2,73 téléviseurs pour 2,55 personnes par foyer, autrement dit, il y a plus de téléviseurs que de foyers. Et la période durant laquelle les écrans restent allumés est de 8 heures par jour. D’autres statistiques vont encore plus loin: dans certains pays, un enfant de 6 ans a déjà passé un an de son existence devant le petit écran. Cela est en train de se vérifier un peu partout: la télévision demeure le lien privilégié du contact des enfants avec le monde. Elle s’intronise progressivement dans la vie de l’enfant et occupe chaque jour un espace plus étendu, jouant un rôle socialisant pour l’enfant à l’instar de la famille, de l’école ou des copains.
«Achète-moi ça!» La télévision constitue le contact essentiel des enfants avec la publicité. Les spots publicitaires font désormais partie de l’univers imaginaire de nombreux enfants. Les chercheurs et les praticiens s’accordent aujourd’hui sur le fait que les enfants entrent très tôt dans le monde des marques et de leurs produits. La télévision devient une vitrine perpétuelle et offre aux plus jeunes, avides de communication et d’affectivité, des images toujours plus crédibles et mieux fabriquées. D’après une étude faite aux États-Unis, un enfant reçoit 20 000 messages publicitaires par an, soit une moyenne de 50 par jour. Compte tenu de la position des enfants au sein de la famille et surtout de leur influence considérable dans des décisions familiales, ils constituent par ce fait même une cible privilégiée pour les publicitaires. La télé joue un rôle important dans la transmission des stéréotypes chez l’enfant et dans l’adoption des attitudes et des comportements déterminants. Les spots publicitaires sur le lait, les biscuits, les boissons sucrées, les bonbons et bien d’autres produits sont fort appréciés par les jeunes et les enfants, qui connaissent par cœur les mélodies accompagnant ces spots. Souvent la conclusion d’un spot admiré est: «Maman, je veux ça! Papa, achète-moi ça!...» La publicité à la télévision a des effets tant positifs que négatifs, elle peut initier l’enfant à une certaine esthétique; elle peut réactiver ses facultés de mémoire et, de ce fait, provoquer au sein de la famille, un échange enrichissant des idées avec leurs parents. Elle peut cependant donner une vision tronquée du monde et causer des frustrations chez les enfants, suscitant des désirs et des besoins qu’ils ne peuvent pas satisfaire, à cause de leur revenu limité ou de la recherche des produits de consommation qui ne sont pas encore de leur âge. Au Canada, on a découvert que la télé favorise l’inactivité chez l’enfant. En plus d’encourager un mode de vie sédentaire, la télévision peut contribuer à l’obésité infantile (des recherches ont établi que presque un enfant sur quatre âgé de sept à douze ans, souffre d’obésité!), en faisant la promotion de pacotille alimentaire.
Violence et autres La télévision est l’un des médias ayant le plus d’influence dans la vie des enfants. Cela dépend de plusieurs facteurs: le nombre d’heures passées devant le petit écran, leur âge, leur personnalité, le fait de regarder la télé seuls ou avec des adultes et enfin les discussions qu’ils auront ou non avec leurs parents et leurs camarades sur le contenu visionné. Comment minimiser les effets potentiellement négatifs des images violentes offertes par la télé? Au cours des deux dernières décennies, des centaines d’études ont évalué l’influence des contenus violents sur les enfants et les jeunes. Bien qu’il soit difficile de conclure à une relation directe de cause à effet, il se dégage un consensus voulant que certains enfants peuvent être vulnérables à l’overdose d’images et de messages violents. Les chercheurs ont identifié trois réactions possibles chez les enfants exposés à du contenu violent. D’abord, l’accroissement de la peur: Les enfants, en particulier les filles, sont plus susceptibles que les adultes. Ceci peut les rendre plus craintifs à l’endroit du monde qui les entoure. Ensuite, la désensibilisation face à la violence en général: certains dessins animés pour enfants sont parmi les émissions les plus violentes. La violence y est présentée sous un jour comique et ses conséquences réelles sont rarement exposées. Et enfin, l’augmentation du comportement agressif: ceci est particulièrement vrai pour les jeunes enfants, qui sont plus susceptibles d’afficher des comportements agressifs après avoir visionné une émission ou un film violent. Plus l’enfant grandit, plus la peur liée aux événements réels dépeints dans les bulletins de nouvelles augmente, puisqu’il est en mesure de mieux distinguer la violence réelle de celle fictive. Un autre sujet. Le contenu sexuel des programmes télévisés. Désormais les enfants sont bombardés de messages et d’images à caractère sexuel dans tous les médias (télévision, magazines, publicités, musique, danses, films et Internet).
Faire face Les mesures proposées pour une télévision respectueuse de la psychologie enfantine sont loin de faire l’unanimité. Plusieurs experts et éducateurs sont persuadés que certains messages peuvent exercer des effets néfastes sur l’enfant. Jusqu’à compromettre les activités essentielles au développement physique et mental de l’enfant. Ils proposent donc l’interdiction ou la limitation des annonces pour les enfants pendant les programmes d’émissions qui les concernent. D’autres affirment qu’il faut tout simplement éduquer les enfants à la compréhension du langage des médias. Les temps libres des enfants, particulièrement en bas âge, devraient être majoritairement consacrés à jouer, lire, explorer la nature, apprendre la musique ou pratiquer des sports. Le message du pape souligne l’importance de l’éducation à l’usage des médias. «Le lien entre enfants, médias et éducation peut être envisagé sous deux aspects: la formation des enfants par les médias et celle qui permet d’avoir une attitude appropriée face aux médias. Une sorte d’interaction apparaît, qui montre la responsabilité des médias en tant qu’industrie et la nécessité d’une participation active et critique des lecteurs, des téléspectateurs et des auditeurs. Dans ce cadre, la formation à une utilisation appropriée des médias est essentielle pour le développement moral, spirituel et culturel des enfants. Comment le bien commun est-il protégé et promu? Éduquer les enfants à un jugement critique dans l’usage des médias relève de la responsabilité des parents, de l’Église et de l’école. Le rôle des parents, dans ce cadre, est primordial». Le pape invite à ne pas être naïfs: «La compétitivité commerciale conduit parfois les professionnels de la communication à baisser le niveau. Les programmes - y compris des films et des jeux vidéo - qui, au nom du divertissement, exaltent la violence et qui dépeignent un comportement antisocial ou qui avilissent la sexualité humaine, constituent une perversion, d’autant plus répugnante quand ces programmes s’adressent à des enfants et à des adolescents. Comment pourrait-on expliquer ce ‘divertissement’ aux innombrables jeunes innocents qui souffrent réellement de la violence, de l’exploitation et des abus?» Louis Kalonji
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L’amie des enfants |