Ae 35Zone de Texte: Home page  - Qui est Afriquespoir - Comment avoir Afriquespoir

Nous n’avons pas préparé les coeurs et les esprits à assumer l’avenir qui nous a rejoints et dépassés, cet avenir résolument marqué par les sciences et la technologie de l’Occident triomphant, imposant.

Nous nous trouvons depuis très, très longtemps en porte-à-faux par rapport  à notre propre culture qui ne nous nourrit plus à suffisance. Nous devons avouer que nous sommes démunis au regard de la culture de l’universel qui tient à gommer les particularités et à uniformiser, à ‘universaliser’ les mœurs et coutumes inventées par les exigences du progrès moderne: les jeans sont certainement plus confortables que le cache-sexe en raffia; la lucarne de la T.V., c’est de la magie technologique ainsi que la radiocommunication, qui nous évite de parcourir des dizaines, sinon plus, de kilomètres à pieds pour rendre visite à un parent et nous enquérir de sa santé… Que dire de l’automobile, de l’avion, etc? Ces biens de la science et de la technologie ont à notre insu bouleversé notre vie et, quelque part, son sens…

La bonne santé morale fut de tout temps chez tous les peuples une préoccupation sociale majeure, comme en témoignent proverbes et dictons des nations. Sans la bonne moralité garante du bien-être spirituel d’un peuple, celui-ci dépérit: «Il n’y a ni fidélité, ni amour, ni conscience de Dieu dans le pays, mais parjure et mensonge, assassinat et vol, adultère et violence, et le sang versé succède au sang versé. Voilà pourquoi le pays est en deuil, et tous ses habitants sont malades…

Et le peuple sans intelligence court à sa perte» (Os.4, 1-3.14).  Une culture porteuse d’un humanisme véritable empêchera une société de plonger dans la folie, même si auront disparu depuis longtemps les circonstances des lieux et des temps qui ont engendré telles mœurs, telles coutumes venues  des ancêtres. Celles-ci, devenues des références formelles vont couler dans les lieux et temps nouveaux qui épouseront les explications et les justifications anciennes. Faute de cette assimilation, des coutumes et mœurs ancestrales vont empoisonner l’existence des uns et des autres. Voyez comment la dot, symbole créateur du lien matrimonial, exclut des centaines de jeunes gens et jeunes filles du bonheur de convoler en justes noces parce que devenue occasion d’enrichissement facile: hors dot, pas de mariage.

En temps de crise qui perturbe jusqu’aux convictions religieuses, les chrétiens retournent qui, au «culte des crânes» (Cameroun: les têtes des pères protecteurs de la tribu sont consultées pour en recevoir des directives), qui, aux «fétiches-talismans», qui, à la voyance, d’autres encore à l’occultisme importé des sectes illuminatrices. La folie suprême s’est manifestée dans le comportement politique erratique de nos chefs. Contradiction flagrante: le chef traditionnel veillait au bien-être des personnes et au bien commun de la société. Les nouveaux chefs prétendent initié les anciens sans se pencher sur le bonheur des leurs, en ignorant jusqu’à la notion du bien commun, fiers des attributs de prestige qui ne participent en rien au développement de leurs peuples. Tout cela sans nulle référence, où que ce soit, à «la conscience de Dieu». Imitation parfaite des chefs qui ont favorisé la traite négrière, en échange  de bijoux de pacotille, laquelle traite a  décimé de façon apocalyptique nos régions jadis fort peuplées.

Alors, quand vous prenez l’Evangile comme grille de lecture de toute cette situation qu’est la nôtre aujourd’hui, vous constaterez sans peine que nous nous tenons en vérité… du côté obscur du mystère de l’existence.

Question aux chrétiens de tout bord: «Vous êtes la lumière du monde» (Mat.5,14)?

 

Du côté obscur