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Proverbes

Donne un proverbe et je t’expliquerai la vie, dit-on. Les proverbes sont la sagesse, la philosophie et l’ironie d’un peuple. Ou, tout simplement, le reflet de son bon sens fondé sur l’expérience et son humour. «Les proverbes sont un miroir dans lequel une communauté peut se reconnaître. Ils décrivent ses valeurs, aspirations, préoccupations et l’angle particulier d’où elle voit et apprécie la réalité et le comportement. Dans les proverbes est bien représenté ce que nous appelons la mentalité ou le mode de vie» (Mgr. Patrick A. Kalilombe, Malawi).

«Un proverbe est l’écho de l’expérience. L’expérience est basée sur les faits», écrivait l’abbé André Raponda-Walker (Contes Gabonais, Présence Africaine, 1967).

Distillés du savoir des générations, les proverbes, contrairement  à ce qu’on pense souvent, arrivent de loin mais racontent très peu du passé. Parfois ils sont même contradictoires et montrent la capacité d’adaptation de leur message et de leur vision du monde aux circonstances de la vie. Des expressions invitant à garder le sens relatif, à ne pas faire d’une mouche un éléphant; et qu’il ne faut pas les prendre trop au sérieux. D’un énième recueil de proverbes le besoin n’est guère urgent, tant les bibliothèques en sont garnies. Cependant, les idées qu’ils peuvent véhiculer lorsqu’ils voyagent ensemble, devraient justifier ces pages et assurer le lecteur qu’il ne perd pas son temps!

 

Alcool

Un tiers de la récolte est mangé, un tiers est bu, un tiers est perdu, dit la sagesse mossi. Les buveurs n’ont pas de champs (kiga); Quand le coq est ivre, il oublie la hache (ashanti), la boisson est mère de la paresse. La bière n’a aucune considération pour le visiteur (shona): sous l’influence de l’alcool, le visiteur peut perdre sa dignité. Un ivrogne ne tue pas son chien (luganda): l’ivresse n’excuse pas n’importe quel comportement. Si ton beau-frère t’insulte sous l’effet de l’alcool, cela veut dire qu’il avait déjà en tête de t’insulter (yaka): Si vous donnez une longue corde le lendemain à quelqu’un, il se pendra  (shona): une personne qui ne se contrôle pas doit être accompagnée quand elle se rend à une réception où l’on boit de l’alcool. On ne dit pas à un buveur: ‘Veille sur ma calebasse de vin de palme’ (baoulé). Cependant L’ivrogne oublie qu’il est pauvre (yoruba).

 

Amitié

Si tu n’as pas d’amis, tu es vraiment pauvre (somali); Le jeune homme n’est pas tué par la faim, mais bien par le manque d’amitié (rundi); Le chasseur qui n’a pas de frères laisse de nombreux animaux pourrir dans ses pièges (mongo). L’amitié est un don du ciel à l’humanité: Les montagnes ne se rencontrent pas, seulement les hommes (samburu): les barrières qui,  habituellement, renferment les gens, tombent. Il n’y a pas de secret entre amis: Si l’on s’aime, on ne cache pas sa nudité (mongo). Celui qui aime, arrive à faire des choses impossibles pour l’autre: L’ami sincère a des larmes pour vous, même si ses yeux sont éteints (rundi); Un ami vaut mieux qu’un frère (peul); Tuer son unique ami, ce n’est pas difficile, mais  en trouver un autre, voilà ce qui est difficile (malinké). L’amitié dépasse tout autre sentiment humain: Une bonne compagnie vaut mieux qu’un bon repas (luo); La bonne entente rend la cour excellente (baoulé). Elle se contente des choses simples. Personne ne peut percer l’abcès qu’il a au dos (bamiléké), on a toujours besoin du soutien de l’autre. L’amitié de l’estomac ne meurt jamais (mongo): si tu as donné à manger à quelqu’un qui avait faim, il ne l’oubliera  pas.L’amitié se nourrit de rencontres et de courtoisie. Ne croisez pas un ami sans le saluer (samburu). S’il vous plaît, saluez-le pour moi, ce n’est pas  comme dire qu’on s’est rencontré (rundi); C’est avec les pieds qu’on devient des frères (éwé): en se rencontrant, l’amitié s’approfondit, sans quoi L’amitié est comme une trace qui disparaît dans le sable si vous ne cherchez pas à la refaire continuellement (douala). L’amitié exige qu’on sache pardonner: Si vous en êtes venus aux mains avec votre frère, demandez-lui où vous lui avez fait mal (samburu).

Comment distinguer le vrai du faux ami? Dans ce domaine comme  dans bien d’autres dans la vie, nous devons juger avec prudence ce que nous voyons avec nos yeux et entendons avec nos oreilles: Si vous ne choisissez pas vos amis avec soin, vous connaîtrez des illusions (éwé); L’ami que vous aimez plus que tous les autres vous fera tomber dans l’eau (logbara). Ton  ennemi peut bien être  aussi un ami proche: Ce qui vous tue est sous vos vêtements (swahili). Ce n’est pas toujours facile de choisir un ami véritable: Un diable que vous connaissez vaut mieux qu’un ange inconnu (tigrinya); Un franc ennemi vaut mieux qu’un faux ami (bambara); Feins le mort et tu verras qui pleure (mongo); Le malheur permet de connaître ceux qui nous aiment vraiment (yoruba); L’amitié qui peut périr n’a jamais été vraie (bangala); Où l’on mange sans payer, vous verrez beaucoup de pieds (yoruba); Trop d’amis vident les poches (kikuyu). L’amitié donne de grands avantages: Des coeurs voisins, c’est mieux que des huttes voisines (bete); Les difficultés du village et celles de la forêt ne sont pas les mêmes (mongo): dans le village, tu  peux  compter sur des amis. Si tu peux, essaie de te choisir quelque ami puissant: Si vous marchez avec un éléphant, la rosée ne vous embêtera pas (baoulé). C’est parfois le contraire: Rarement un faible se lie d’amitié avec un fort (luo); Souris et serpent ne s’entendent pas (ambede). Par contre, qui se ressemble  s’assem-ble: La tortue se lie d’amitié avec l’escargot (fon). L’amitié va de pair avec la réciprocité: Si quelqu’un est avec toi, sois avec lui (bamiléké); Quand ton ami t’appelle, efforce-toi d’aller, fût-ce en boitant (mongo). Mais attention: L’amitié est comme les champignons: on ne peut pas les tirer avec force (luganda).

 

Amour

Qu’est-ce qu’on peut dire à propos de l’amour? On présume de bien connaître le sujet, mais le risque de se tromper est toujours présent. L’amour est comme une maladie sérieuse (mongo), c’est difficile de s’en remettre: Les conséquences de l’amour restent loin des yeux, mais près du coeur (popo). Il est à l’origine de presque tout: L’amour produit éloge, haine, racontars (mongo). Parfois il serait préférable  de ne pas l’encourager: Pour éteindre le feu du coeur, c’est mieux de se réveiller avant qu’il ne s’allume (bemba); Où l’amour trouve-t-il son origine? Quelquefois d’une source très simple: Amour et haine naissent de la bière (rundi); Le sacrifice est le signe de l’amour (éwé). Très souvent, il découle du même sang: Celui qui pleure pour quelqu’un qui n’appartient pas à sa famille, mord ses lèvres (tabwa). Les bons conseils sont aussi signe d’amour: Si vous voyez un homme qui punit son fils, dites-lui: punis-le doucement (chagga); Celui qui vous corrige, vous redresse ou vous conseille, c’est celui-là qui vous aime (zande). Parfois il suffit d’un simple geste pour manifester l’amour: Le propriétaire de l’âne s’assoit au milieu, pas en arrière (peul); C’est grâce à l’amour que deux fourmis ont soulevé un singe (bantu). L’amour raccourcit les distances: la route qui vous conduit aux gens que vous aimez n’a pas d’épines (douala); Le chemin de la forêt n’est pas long quand vous aimez les gens que vous allez visiter (mongo). Où il n’y a pas d’amour, la vie est dure: Dans une famille où règne la haine, la terre est pleine de cadavres (mongo). Le vrai amour est une chose précieuse: Là où il y a l’amour, la nuit ne tombe jamais (rundi); S’il n’y a pas de jalousie, cinq hommes peuvent dormir sur la peau d’un lièvre (ruanda). Cela permet aux pessimistes de dire: Ceux qui aimaient sont morts, restent seulement les gens litigieux (mongo). Une personne amoureuse viendra vomir foie et bile (malgache); Si tu ne donnes pas de   nourriture à ton propre malade, tu vas nourrir le fossoyeur (bariba), tu as refusé une petite dépense aux tiens, attends-toi à une grosse dépense chez les autres. L’amour rend les gens semblables: Ceux qui vont dans la même pirogue ont les mêmes désirs (wolof). L’amour doit se manifester: L’amour ne se contente pas des mots: ce n’est pas comme le chien malade heureux de se lécher les plaies (malgache). L’amour doit être réciproque: L’amour appelle l’amour (baoulé), sans quoi, il peut s’attiédir, ou même finir: L’eau chaude ne garde pas toujours la chaleur (ntomba): Je vous aime, mais pas plus que je m’aime (masaï).

 

Astuce

Il est si intelligent qu’il voit passer les fourmis enceintes (mongo),  dit-on d’un individu rusé. On raconte  que l’astuce est le talent des sorciers: Le sorcier qui a grimpé sur un arbre connaît le chemin pour descendre (éwé). Prudence et astuce sont plus puissantes que l’amulette (éwé). L’astucieux trouve toujours le moyen de s’en sortir: Chauve-souris paye les impôts! – elle  répond: Je suis une souris. Souris, paye les impôts! - elle répond: Je suis une chauve-souris (tigrinya).

L’astucieux voudrait même tromper Dieu, comme celui qui dit: Nous allons offrir à Dieu une vache. S’il dira qu’elle est maigre, nous répondrons que c’est Lui qui fait les créatures grasses ou maigres (tigrinya). La prudence est la règle première de  l’astucieux: Celui qui veut chercher des puces sur la queue du léopard, doit être prudent (bantandu);  Il N’abandonne pas la rame avant que la pirogue n’ait touché le rivage (mpongue). Il sait très bien que Donner, c’est créer une réserve (zoulou), et que Celui qui mange avec un aveugle, connaît les meilleurs morceaux (luo). Il ne faut pas confondre l’astuce avec le manque de tact ou la témérité: Ne parle pas de corde dans la maison là où un homme s’est pendu (bantu); Trais la vache qui n’est pas tienne avec les yeux ouverts (luo). L’astucieux sait comment se conduire: Avant de traire une vache, caresse-la (yoruba); Si tu marches avec un chien, le léopard ne  te dérange pas (yaka). Mais il doit connaître ses limites: Deux individus astucieux ne dorment jamais sur  une  même natte (zoulou). Cela le pousse à faire de son mieux: Quand ils volent la vache de ton père, cherche à saisir au moins la queue (amhara). Finalement sache que l’astuce et la timidité ne voyagent jamais ensemble. Celui qui dit On m’a effrayé avec un serpent mort (zoulou), est plus naïf qu’astucieux. L’astuce l’emporte sur la force : Dans ce monde, le petit lièvre trompe le lion (borana); La ruse vaut plus que la violence (kikuyu): Les yeux de l’homme sont son gris-gris (éwé), on doit garder les yeux ouverts. Il est recommandé de prévoir des alternatives. Si vous êtes laid, sachez au moins danser (nyanja); Si vous devez avoir des lances, prenez-en deux: si l’une rate, l’autre atteindra le but (shona). L’astucieux fait fi des sentiments: Qui rassemble les œufs  ne s’inquiète pas si la poule souffre (nago).  Le malin sait obéir s’il le faut: Si tu veux l’argent, fais-toi esclave (bariba). Il sait aussi exploiter le silence: Ce qui n’est pas dit n’est pas une parole (nande), et saisir les opportunités: Suis celui qui a été nommé à un poste important, laisse tomber le fonctionnaire qui a été limogé (tigrinya).

 

Autorité, Pouvoir

L’exercice de l’autorité n’est pas une chose simple. On naît roi, dit-on, c’est un métier qu’on  n’apprend pas: Personne ne se fait roi (éwé); La grosse grume reste un siècle dans  l’eau, elle ne devient jamais crocodile (éwé). Pour être roi, il faut un soutien (fon), Le pouvoir est une souffrance (nyanga); car Le coeur du chef est comme un tas d’ordures sur lequel les gens jettent toutes choses, bonnes et mauvaises (kongo); Le coeur du chef est comme le coeur de l’éléphant (kongo), il est grand car il doit endurer beaucoup de choses: Le feu du chef n’est jamais trop petit (bemba); La crotte du roi ne pue pas (toucouleur); Le roi voit tout (ashanti); Le meilleur chef est celui qui règne (shi); Ce que les feuilles proposent, les racines ignorent (bantu): les gens ordinaires ignorent les intentions profondes de ceux qui les dirigent. Un roi marche comme un roi même s’il a perdu son royaume (adja). L’art de diriger n’est pas aussi simple qu’on le pense: C’est plus facile de transporter une termitière que de diriger un village (rundi). Le monde est plein de chefs qui s’attribuent tous les pouvoirs: C’est le roi qui plante l’arbre, c’est le roi qui arrache l’arbre (tigrinya); Il y a des animaux qui dévorent les autres (zande). Quand il y a trop de chefs ou d’aspirants chefs, l’autorité en pâtit: Deux chefs ne voyagent pas ensemble dans la même barque, autrement qui d’entre eux jettera  l’eau dehors? (éwé); Deux coquelets ne peuvent pas dormir dans une même  cage (kaonde); Les doigts n’ont pas la même longueur (bété):  hiérarchie s’impose! S’allier avec les gens puissants est utile. Si tu peux, choisis ton maître ou ton protecteur: Le petit oiseau pond ses oeufs à côté d’un nid de guêpes (bemba). Il faut savoir régler sa conduite selon les circonstances: Quand le roi boite, tous ses sujets boitent avec lui (yaka); Voyage avec les gens de la place, vole avec le fils du chef local (tigrinya). Ceux qui sont proches de la cour du roi  profitent davantage (shi). On respecte le chien à cause du maître (minyanka). Néanmoins  fais attention, Ne sois pas niais au point de  confondre l’oeil du fils du roi avec les yeux d’un sujet ordinaire (zande). Nous ne pouvons pas vivre sans qu’il y ait une autorité: Sans roi, la  ville est perdue (yoruba). Sans la reine, les abeilles ne font pas d’essaim (kiga). Parallèlement, l’autorité n’existerait pas s’il n’y avait pas des gens disposés à se soumettre: Une rivière ne se remplit que  par ses tributaires (acholi). Même si le chef est accueillant, tu ne dois pas l’approcher les mains vides ou ignorant les règles  protocolaires: Mains nues ne peuvent pas saisir le feu (peul). Chez le roi, seul un de la cour peut t’introduire (rundi). Adapte-toi donc aux usages locaux: Quand le singe est roi, il est sage de danser devant lui (douala). Le chef est bon, ses ministres non, et après la visite, Si le chef te donne une bague, cache-la sous ton vêtement (chagga), ainsi  les gens ne sauront pas que tu as ses faveurs. Adopte des manières humbles: Les salutations domptent le chef (kongo); Sois gentil si tu veux quelque chose du chef (éwé); Sois avec le roi, même si tu dois balayer  la bouse de ses bœufs (peul).

 

Autorité, pouvoir (abus)

Dans les livres d’histoire abondent les récits des grands hommes. A tel point qu’on entend dire Il y a des chefs extraordinaires, mais  il n’y a pas de sujets extraordinaires (nyanga). Il est bon de se rappeler qu’on est tous égaux: La calebasse du chef vient de la brousse comme celle des autres (bamiléké); Dans la boue, tu ne peux pas distinguer les traces du chef (zande); Un grand trône n’est pas un grand roi (éwé); Le soleil se lève même si le coq n’a pas chanté (rundi). Les  relations entre un individu ordi-naire et un chef imbu de son autorité, ne sont pas faciles. Les chaînes du chef sont comme un voyage vers l’enfer (peul). Même si une simple Discussion avec le chef devient querelle (kongo), il ne faut pas renoncer à lui dire ce qu’on pense: Si tu avales l’os par peur de l’éléphant, cet os te restera dans la gorge (bassar); Les yeux du chef ne mangent pas les gens (moba). Ceci n’est pas une raison pour braver imprudemment l’autorité: Si tu veux critiquer le chef, cherche d’abord à sortir de son territoire (tigrinya); N’insulte pas le crocodile avant d‘avoir  traversé la rivière (éwé); Attends d’avoir traversé la rivière pour dire au crocodile qu’il a une bosse sur le nez (ashanti); À la cour où règne le léopard, le bouc ne vient pas pour suivre la chèvre (ntomba).

Si tu ne veux pas être piétiné par l’autorité, respecte ces deux principes. Le premier: Si tu es petit, ne défies pas le grand: Si le lièvre se met en tête de pourchasser l’éléphant, évidemment ce n’est pas pour le frapper, mais pour faire sa digestion (tabwa). Le deuxième: sois opportuniste: Que ton estomac et ton roi ne soient pas ennemis (tigrinya), ne perds pas ton contrôle devant l’ autorité. Sois généreux d’inclinations, ainsi qu’exhortait le roi égyptien Rahotep (XVIIè dynastie): Si tu es à table avec des gens plus importants que toi, prends ce qu’on te donne. Ne regarde pas dans leurs assiettes, mais dans la tienne. Souris quand ils sourient, et comme ça, tu les rendras heureux et ton comportement sera apprécié. Avant de songer à entreprendre une action contre le chef,  mesure d’abord tes forces: L’abeille voit  sa ruche avant de produire du miel (ngambaye); Qui veut chercher des puces sur la queue du léopard, qu’il fasse attention (bantandu); Si tu marches sur le chien, il te mord (bassa); Si la sardine veut devenir une baleine, elle crève (bantu). Prends toujours tes distances, car tôt ou tard, l’autorité montrera son vrai visage, différent de celui qu’on lui a donné. Sois prudent dans tes critiques, souvent c’est inutile ou même  dangereux de les émettre: Les murs ont des yeux (logbara); Ne dis pas de bouffonneries en présence du roi, ce serait lui manquer de respect (tigrinya); Les grenouilles grognent, mais cela n’empêche pas l’éléphant de se désaltérer (mandingue). C’est inutile de diviniser le chef. Aux funérailles du roi, on bat les tambours royaux et le deuil est universel, mais la vie continue: Le fils du roi est mort. Ce n’est pas une raison suffisante pour que le marché s’arrête (popo). Lorsque les chefs malhonnêtes s’en vont,  les gens disent: Le lion est mort, les léopards font la fête (sari); ou L’épervier est mort, les poules caquettent (ngombe). Ils s’en réjouissent: L’éléphant est tué, tous reçoivent leur part (zoulou): quand un grand s’en va, les héritiers arrivent.

 

Calomnie

Quelle est l’origine de la calomnie?  Elle naît, le plus souvent, des préjugés. Les gens sont sales s’ils n’appartiennent pas à votre famille (mongo). Ce sont les gens qui n’aiment pas qui calomnient et diffament (malgache). Elle peut aussi naître du désir d’attribuer aux autres nos propres faiblesses. Celui qui a  un vice dit que la faute est à ses voisins (mongo). Qui veut tuer son chien l’accuse d’avoir des poux (pygmée). Bile et calomnie sont amères (malgache). Qui médit de vous en votre absence est un homme dangereux (luo). La calomnie est un coup de lance sur le dos d’une personne (malgache). Ce qu’on dit derrière le dos de quelqu’un, même si c’est du bien, est mauvais (oromo). La calomnie est certainement l’un des  maux qui rendent la vie difficile: La bouche et  l’oreille ne s’aiment pas (sango): les racontars contaminent les relations. Les ‘on dit’ ruinent le pays (moba). Un pou fait tomber les vêtements, un messager de fausses nouvelles fait tomber le village (tigrinya). La langue n’a pas d’os, mais elle casse les os des gens (oromo). Mieux un voleur qu’un calomniateur (abyssin). La calomnie puise dans le mal: Les papillons volent près des excréments du léopard (zande). La mouche sonne l’alarme quand elle trouve des ordures (sango). Les pattes de la mouche se posent partout (toma). Il y a toujours des gens prêts à diffamer les autres, ce sont des lâches: Celui qui accuse les autres parle d’après ses propres actions (bantu); La mauvaise chanson est sifflée (éwé); Quand votre voisin fait une erreur, vous pointez vers lui le doigt, quand c’est vous qui faites une erreur, vous cachez le doigt (ekonda). Le calomniateur est une espèce d’exploiteur. Il cherche à bâtir sa fortune ou son image sur les ruines des innocents: L’aîné charge le bois à brûler sur la tête de son petit frère (ngbaka); Ne frappez pas le tambour sur le dos d’un autre (mongo); Nous pouvons voir le derrière des têtes des autres, les autres peuvent aussi  voir derrière nous (yoruba). L’esprit critique s’impose, la haine n’aura pas le dernier mot: Les gens  ne se battent pas pour un ragot (masaï); Qui est calomnié est grand (bemba); Malgré les chasseurs, l’antilope grandit (chagga). Fais attention à l’effet boomerang: Si vous chassez un singe gris, le singe gris vous chassera (koyo). Le singe imite les gestes du chasseur, la personne que tu calomnies, plus tard fera comme toi. Nous devons être prudents avec la langue: La langue ne sommeille pas comme le pied (tigrinya); Ce que la langue a cassé, mille chirurgiens ne pourront réparer (amhara); Une parole sortie de la bouche est un oeuf glissé de la main (amhara). Sois discret, respecte la réputation d’autrui: Si vous respectez, vous serez respectés; si vous calomniez, vous serez calomniés (kongo); Avant de juger une personne, regarde chez toi (yoruba); La salive de la bouche, une partie est crachée, une partie est avalée (yombe): ne dis pas n’importe quoi à n’importe qui et ne divulgue pas un secret qu’on t’a confié: La bouche est un buisson épais (lozi/luyana). Les marques du fouet disparaissent, les traces des injures, jamais (malinké).

 

Coeur

Qu’est ce que le coeur? D’habitude, nous apprécions les personnes qui ont du cœur, mais il est difficile d’établir si le cœur est plus important que le cerveau. En général, nous préférons être considérés comme des gens équilibrés. Le cœur, on le connaît très peu: Nous voyons le visage, pas le cœur (mongo); Blessure de cœur n’est pas blessure de jambe: elle ne peut pas être recousue (kikuyu); Le coeur humain est un panier avec un couvercle (mongo). Nous sommes ce que notre cœur veut: Dites-moi ce dont votre coeur a peur et je vous dirai qui vous êtes (rundi); Où est le cœur, c’est  là où  se trouvent les rêves (nyanga); La bouche parle, le cœur saisit (yaka). Combien grande est la force du cœur: Les jambes bougent par la volonté du cœur (rwanda). Il n’est jamais satisfait: Le coeur humain est un enfant inconsolable (bantu). Le coeur surpasse les frontières, même celles construites par la richesse: Le coeur va où les pieds n’arrivent pas (bangala) Poulet offert par le pauvre vaut plus qu’un bœuf (ibo). Le cœur est comme une chèvre: il faut l’attacher (sotho). Heureux sont ceux qui ont un cœur grand et joyeux: Un coeur plein de tristesse ne peut pas expliquer les mots de Dieu (rwanda). Si notre coeur est doux, nos voisins en tireront profit: Si vous avez beaucoup d’amis et vous tuez un bélier, vous n’en mangerez que les pattes (baoulé). Que Dieu nous garde des gens sans coeur: Une personne sans coeur entre dans la plaie comme un ver (zoulou); Un coeur mauvais n’est jamais pur (bamiléké). Poussé par le désir, Le voleur ne vole pas parce qu’il a besoin, mais parce que son coeur est dans sa main (tabwa). Le poisson pleure dans l’eau, mais nous ne voyons pas ses larmes (sango), les gens insensibles ne voient pas la détresse des autres, ils exploitent même leurs malheurs. Ce qui se passe dans le coeur des autres mérite un grand respect: On ne regarde pas dans le coeur humain comme dans un panier (zande); Les coeurs ne se  rencontrent pas l’un l’autre comme des routes (kikuyu); Le coeur humain n’est pas un sac où l’on peut plonger la main (kongo). Les tempêtes du cœur sont des choses terribles: Celui qui a perdu sa mère, doit garder tout dans son cœur (yoruba); Un coeur tombé dans le désespoir ne peut plus  se relever (luo). Si tu veux être heureux, aie un coeur généreux: Ne refusez pas une chose à celui qui vous a refusé une chose (lulua). Mais: Celui qui cherche le succès, doit mettre le cœur de côté (kongo): si tu  désires intensément la gloire, la fortune,  l’argent, tu devras négliger les exigences de ton cœur.

 

Communication - Rumeur

Toute communication suppose  relation: Si on est seul, on n’a pas de nouvelles des gens (logbara); Ceux qui vivent seuls ignorent le jour du marché (oromo); Ce qui ne répond pas, c’est la termitière (logbara); La maison qui garde la porte fermée se prive de ceux qui l’informent (rwanda). Celui qui se trouve au pied de l’arbre sait ce que les fourmis mangent (kikuyu). Les nouvelles sont de la nourriture pour l’oreille (oromo). C’est seulement à travers nos mots que nous atteignons les pensées des autres (gâ). Nous communiquons parce que nous avons besoin de survivre: Si vous refusez de vivre avec les bavards, vous vivrez avec qui? (haussa). Nous communiquons parce que nous avons des besoins personnels à satisfaire. Les nouvelles que nous entendons au marché nous poussent à fréquenter le marché (yoruba). Fait qui est ignoré n’existe pas: Le champignon qui n’a pas encore poussé n’est connu que par le sous-sol (rundi). Les mauvaises nouvelles circulent vite. Les mauvaises nouvelles sont répandues par les voyageurs (kiga); Les mauvaises nouvelles ne restent pas cachées (rwanda); Nouvelles de vol, mort, et trouble communautaire se répandent vite (kiga); Qui visite une personne malade ramène des nouvelles (yaka). Immense est le pouvoir de la parole. Elle   coupe, perturbe, rend fou, guérit, amplifie et abaisse, excite et calme, dit le chantre malien Komo-Didi: Le colporteur de racontars détruit les villages (kongo); Un individu grossier joue avec les mains, un cultivé avec la langue (amhara). La rigueur s’impose car, après tout, Ce qui sort de la bouche perd son maître (mbédé); On répare le trou d’un vêtement, mais pas le trou de la bouche (yombe); La bouche est un pot qui cuit du poison (masaï). Les nouvelles sont souvent le fruit d’une connaissance superficielle. Seul celui qui les connaît parle des nouvelles de la résidence royale (rundi). Ne crois pas à tout ce que tu entends, sans avoir vu: L’oreille est une compagne pauvre (kalenjin). Le vent n’est jamais attrapé par la main (kombe): fais attention, tu ne peux pas reprendre tes paroles une fois que tu les as prononcées. Tuer le nom de quelqu’un est pire que sa mort même (oromo): la réputation est plus  importante que la vie. D’habitude, il est plus facile de voir les défauts des autres: L’homme ne connaît pas son propre mal, il connaît le mal des autres (oromo). C’est sage de bien contrôler ce qu’on entend et de bien se renseigner à la source: Ce qui est en haut, demande-le à la foudre, ce qui est en bas, demande-le à la taupe (rundi); D’abord la question, après la colère (kongo): s’informer avant d’accuser. Tout  moyen de communication amplifie nos sens, soit dans le bien soit dans le mal... Le calomniateur obstiné convaincra même celui qui aime la vérité (bambara). Les «on dit» sont comme une maladie, une fois que vous les avez acceptés, il est difficile de s’en débarrasser (swahili). Le coeur est comme la chèvre, vous devez l’attacher (suto). Un secret doit rester secret: Si vous voulez garder un secret, cachez-le à tout le monde, même à votre femme et à  vos meilleurs amis (gbande); Pour qu’un secret ne se divulgue  pas, c’est mieux de  le  raconter à  un arbre (bangala). Evite les conversations superficielles: La bouche fait tomber la tête dans le trouble (kaonde); L’air qui sort de la bouche et l’air qui sort d’en bas, ce n’est pas la même chose (masaï): certains mots empestent. La personne qui apporte des nouvelles, quoique mauvaises, ne doit pas être punie, car elle n’aura fait que son devoir: On ne lapide pas le messager (bamiléké). Ne tuons pas le messager de la mort (kalenjin); Ce sont les voisins qui savent se transmettre adéquatement des informations (shi). C’est l’oiseau gardien qui diffuse des nouvelles (beti). Fais un bon discernement: S’informer n’est jamais signe de paresse ou d’ignorance (zande); Celui qui vous dépasse dans la langue, vous achètera pour un chien s’il veut (peul). Ne pas se laisser captiver par les apparences: Le front du buffle est grand et solennel (kiga); Le fruit mûr n’a pas besoin de le clamer partout (fon). La première impression reste: les gros titres des journaux et à la télé sont souvent plus suivis que tout le reste, alors que Sous les patates, il n’y a rien, il n’y a rien (logbara). Il faut savoir utiliser les médias avec un esprit critique: Seulement un fou croit à tout ce qu’on lui dit (kunama); La grenouille menace, mais ne part pas à la guerre (buhumba): ce qu’une personne dit, même en criant, n’est pas nécessairement vrai.

 

Corruption 

La corruption a toujours existé. Elle fait partie de cet univers sombre qu’on appelle vol, escroquerie, fraude, détournement, pillage. La corruption prend des visages différents. Pas d’argent, pas de sauce (fon);  qui ne délie pas sa bourse n’obtient pas ce qu’il cherche. Quoiqu’on dise que Les poissons gros ne restent pas dans les petites rivières: les grands brigands fréquentent les milieux des grands. La corruption, on la trouve partout, dans les pays riches comme dans les pays pauvres. Elle se nourrit de complicité: Celui qui a une cuillère ne se brûle pas les doigts (ewe);  Celui qui a un ami sur l’oranger est certain de manger des oranges mûres (fon): quand on noue avec une autorité, cela permet qu’on ferme les yeux sur des méfaits commis. Le fonctionnaire qui a détourné de l’argent partage avec ses complices. La sollicitation pour des services rendus est justifiée, souvent, comme un droit de compensation. C’est la tentation des employés de l’Etat, des policiers, des infirmiers, des enseignants. Celui qui bat le beurre se lèche les doigts (créole); La chèvre broute là où elle est attachée (zarma). Un jour ou l’autre, le chemin sinueux de la corruption sera connu: Cancrelat, continue de t’enduire de fard noir, la poule ne s’y trompera pas (ntomba), le malfaiteur sera démasqué, tôt ou tard ses manières le trahiront. Nous sommes bien apparentés au féticheur, nous ne sommes pas apparentés au  médicament (mongo): on ne doit pas se croire au-dessus des règles et des lois.             Essaie d’éviter le mal et tu  ne seras pas persécuté par ta mémoire (luo), ta conscience sera tranquille.

 

Dieu

Comment parler de Dieu d’une façon correcte? Dieu ne mange pas ce que mange l’homme (masaï). Il est si grand que nos mots sont toujours inadéquats et nous sommes tentés de l’accuser parfois d’une certaine partialité : Dieu aime les uns et rejette les autres (luba); Dieu donne à tous: aux uns, il donne des biens, aux autres des bambous (luba). Sa volonté est souveraine: La volonté de Dieu n’est soumise à aucune pression (luo). Ce que Dieu ne permet pas, vous ne pouvez pas le faire (baoulé); Là où les desseins d’un coeur n’arrivent pas, ceux de Dieu arrivent (kikuyu); L’homme peut parler, mais c’est Dieu qui dispose (popo). Si Dieu enlève sa main, le monde terminera (Ibo). Il y a des hommes qui se considèrent totalement autosuffisants, capables de tout faire. Ils se trompent. L’homme pour qui Dieu cultive, croit être le cultivateur (ruanda); Le couteau et l’igname appartiennent à Dieu,  c’est Lui qui coupe la partie que l’homme mange (luo); La bouche, c’est grâce à Dieu et aux nuages, qu’elle mange (oromo). Dieu est partout: Loin des yeux des hommes, ce n’est pas loin de Dieu (popo); L’homme ne vous voit pas, Dieu vous voit (baoulé); Dieu est comme le soleil, Il pénètre dans chaque maison (malgache); L’ennemi de l’ homme , ce n’est pas Dieu (kikuyu). Il y a parfois des vérités que l’homme a de la peine à croire: Dieu ne discute pas avec l’homme;  quand Il parle, Il a raison (luba); Mieux vaut être coupable aux yeux des hommes qu’à ceux de Dieu (malgache);  Dieu ne vous charge pas plus que ce que vous pouvez porter (amhara); Si Dieu ne me tue pas, aucun chef ne peut me tuer (baoulé).

Il emploie un critère infaillible et ne s’arrête pas aux apparences: Dieu nous traite comme nous traitons nos prochains (malgache); Dieu juge avec ce qu’Il sait, l’homme juge par ce qu’il ne sait pas (tigrinya). Dieu voit tout, mais Il baisse les yeux (malgache).

Il lit dans le coeur humain: Si l’esprit humain danse mal, Il empêchera le tam-tam  de résonner (yoruba).

Dieu aime et protège ses créatures: Même si l’homme ne m’aime pas, Dieu m’aime (baoulé);  Si Dieu est derrière vous, personne ne peut vous faire du mal (luo). La pluie de  Dieu tombe aussi sur le sorcier (kaonde); C’est Dieu même qui chasse les mouches de l’animal sans queue (mina); Le serpent n’a pas de mains pour sa défense, mais il compte sur Dieu (malgache); Serpent malmené par les hommes attend de Dieu la vengeance (malgache); Qui craint Dieu ne maltraite pas le sot (malgache).

C’est toujours en retard que l’homme prend conscience de l’aide de Dieu: Une personne malade remercie Dieu si elle voit une personne morte; Un borgne remercie Dieu s’il voit un aveugle (peul).

Priez Dieu: Si vous pleurez pour être aidé, Il vous répond (baoulé); Dieu donne, Il ne vend pas (ruanda); Mange, mange, rappelle- toi de Dieu, C’est Lui le propriétaire de tout (kaonde).

Ne mets pas ta confiance dans les idoles et n’oublie pas que Il n’y a pas d’idoles dispendieuses comme l’estomac, il reçoit des offrandes tous les jours (yoruba).

Nous ne sommes pas tout puissants, fou est l’homme qui pense le contraire: C’est impossible de se débarrasser du manteau de Dieu (mongo); La bête qui ne croit pas en Dieu passe la nuit en soutenant le toit de sa tanière (tigrinya); Nous sommes capables d’aiguiser la pointe de la lance, mais c’est Lui le Maître (mongo).

Dieu a bien fait tout: Il a refusé les pattes au serpent, vu sa ruse (tigrinya); La souris dit: Je creuse un trou et je n’ai pas de houe. Le serpent dit: Je grimpe et je n’ai pas de bras (basonge).

On n’a pas le droit de considérer Dieu comme la solution automatique à tous les problèmes: Dieu t’aide en comptant sur toi (rundi); Même si Dieu surveille ton troupeau, cherche à le confier à un berger (ruanda); Fais ce que tu peux et Dieu t’aidera (yoruba).

Après tout, Nous sommes là, la tête penchée vers la terre pour construire des maisons, et nous oublions que nous sommes des étrangers ici sur terre (luba), la vie, ce n’est qu’un passage qui mène vers Lui.

 

Education

L’éducation est plus importante que la naissance (rwanda). Tous partent de zéro. Les coqs qui chantent étaient des œufs (yombe).

Il faut éduquer les enfants quand ils sont encore petits car Dieu,  qui vous a donné des enfants, ne les élèvera pas à votre place (rundi). S’il  est vrai que L’éducation des jeunes animaux est bientôt finie (mongo), celle des hommes est beaucoup plus longue. On pourrait même dire qu’elle ne finit jamais. La bonne éducation commence tôt: Le hibou a les yeux ronds et gros  dès l’œuf (mongo); L’éducation d’un homme honnête commence quand il a seulement un petit morceau de tissu (lari); Aide le petit oiseau quand il est encore dans le nid (kiga).

Comme les arbres tendres ont besoin de lumière, ainsi tous les enfants ont besoin de l’exemple et de l’enseignement des adultes: La chèvre saute sur le pot et son petit la voit (moba); Un singe n’oublie jamais comment sauter (kalenjin): une fois une habitude apprise, il est difficile de s’en défaire. Celui qui a un défaut ne doit pas feindre qu’il n’existe pas (bemba): il en est de même d’une une personne qui veut abandonner une mauvaise habitude. Le serpent caché devient plus grand (bambara): les défauts et les faiblesses qu’on ne corrige pas, empirent. Qui blâme votre faute vous aide à être sage (mongo); Celui qui vous conseille vous aime (zande); Qui parle sème, qui écoute récolte (berbère); Écoutez avec attention et vous apprendrez (kikuyu).

 

Enfant

Les enfants sont le clair de lune (masaï). Ils illuminent la nuit de la vie: Celui qui laisse un fils, vit toujours (chagga);  Un fils est la récompense de la vie (yoruba). Aucun enfant n’est laid pour ses parents et vice-versa: Le petit ver pour sa mère est le plus beau (kiga); Un veau reconnaît sa mère, même dans l’obscurité (kiga); Peu importe s’il est maigre, le fils appartient toujours à son père (oromo). Même un enfant médiocre peut devenir un adulte important. Protéger la personne, c’est protéger la société entière (lala). Quand l’homme arrive sur la terre, il doit tout apprendre: L’enfant ne revient pas, il arrive (toucouleur); L’enfant ne devient pas homme en  un jour (mongo); L’être humain n’est pas autosuffisant comme le palmier (akan); L’enfant dont le papa cultive le champ, ne sait pas combien précieuses sont les choses (kikuyu); L’enfant qui aime chasser le cochon, connaît l’élevage (kongo); Le petit  d’un léopard griffe comme sa mère (kikuyu); Les petits serpents grandissent avec leur poison (shambala); Ne pais pas les chèvres où  chasse le léopard (bangala); Sois correct dans tes fréquentations et dans ton parler devant l’enfant et apprends-lui comment se comporter dans la vie:  N’attachez pas votre chèvre à côté d’une mauvaise (kiga); Ne dis pas de bouffonneries devant les enfants: ils te manqueraient de respect (tigrinya); Ne méprisez pas les secrets d’un enfant (luganda); L’enfant conduit là où l’on danse toujours ne peut pas manquer de danser (nyanja); Il ne peut pas partager le faisan, il ne sait pas quelle partie appartient aux aînés (mongo); A l’enfant bien élevé, seulement un mot (mongo). L’enfant peut être utile aux grandes personnes: Le petit sert d’appui aux grands pour se lever (shi). Il arrive parfois que l’enfant ne soit pas à l’image de ses parents: Une vache noire met bas des veaux noirs et blancs (zoulou). Vous pouvez procréer un fils, vous ne pouvez pas procréer son cœur (kongo); Tous les œufs sont les mêmes, mais chaque poussin est différent (kiga). L’homme n’est satisfait de ses enfants que lorsqu’ils lui ont assuré sa sépulture (rwanda). Il ne faut pas bourrer la tête d’un enfant avec trop de notions: Trop savoir, c’est être ignorant (kikuyu); Trop de chasseurs déconcertent les chiens (rundi); Vous ne devez pas placer l’enfant devant trois forêts (éwé), il aura de la peine à trouver le bon chemin. De temps en temps, il faudra recourir à des  mesures fortes: L’enfant grandit avec la chicotte (logbara). L’enfant est formé avec la canne (mongo); L’enfant qui pleure toujours pleurera en vain quand un serpent le mordra (kiga). Mais sans abuser, car cela pourrait produire un effet  contraire: Un chien qui appartient à un maître sévère ne devient pas sage (bemba); Le bâton atteint les os, mais n’atteint pas les vices (rundi). L’enfant devient adulte de lui-même, pas par les autres (mongo). Mais s’il se conduit mal, l’opprobre tombera sur ses parents: L’enfant qui joue dans la boue salit la peau de ses parents (mongo). Il y a des enfants plus doués que les autres: L’enfant éveillé, s’il se blesse, il arrive à se soigner lui-même (nyanga). Les enfants ne doivent pas blâmer leurs parents pour ce qu’ils n’ont pas reçu d’eux: Nous ne pouvons pas labourer les cieux; nous ne pouvons pas accuser les parents (tigrinya). Le cœur humain a ses caprices: Nous aimons les neveux plus que les fils (mongo); Quand l’enfant tombe, la mère pleure; et quand la mère tombe, l’enfant rit (rwanda).    

 

Famille

L’homme, c’est sa parenté (sérère): rien ne vaut la famille. L’araignée ne remue que sur sa toile (sango); Un poisson est fort seulement dans l’eau (tonga): c’est dans la famille qu’on  se sent en sécurité. Un buffle n’abandonne pas le marais où il est né (ngbaka, RDC); Un mille-pattes ne fuit pas le nid de sa mère parce qu’il y a de l’odeur (mongo): peu importe la situation, nous restons toujours attachés à nos racines. La chèvre entend seulement le cri de son petit (lango); Celui qui n’est pas le parent de l’enfant n’est pas prêt à mourir pour lui (luganda); Si un sanglier sauvage a son petit, aucun chien ne peut le mordre (kiga): la protection familiale  est de rigueur  quand un intrus se pointe. Si ton père a cultivé les aubergines, toi aussi tu en connais les graines (bassar).Tel père, tel fils. Une fille dont la mère est aveugle, danse en regardant le soleil (acholi). Elle doit être préoccupée de rentrer pour aider sa mère. La rosée ne vous mouillera pas si vous marchez après l’éléphant (gâ): le chemin montré par les parents est le meilleur. Affaires de famille, c’est le maître de la maison qui les connaît mieux (luganda), tous les problèmes convergent vers le chef de famille. Dans la famille, quand le père est là, il y a la paix, et quand le père est absent, il y aura la paix (oromo): une famille bien éduquée vit toujours en paix, même si Le père meurt avant la famille (oromo), surtout si cette famille fait confiance en Dieu: La maison que Dieu a bâtie ne tombe pas (oromo), tandis que dans d’autres familles, l’on croit que dès que le père s’en va, tout s’écroule: Quand l’oiseau meurt, les oeufs pourrissent (zoulou).     Dans une famille unie, chacun sait où trouver le réconfort nécessaire au moment opportun: La petite brebis sait quand regagner la bergerie (bamiléké), et en matière de solidarité, tout commence à la maison: On nettoie d’abord l’intérieur de la calebasse (kaonde); La mère me porte, je vous porterai moi aussi (bemba). Dans n’importe quelle famille, les difficultés ne manquent pas, mais on doit éviter le pire: La guerre a un chef, le mariage a un chef (oromo), le chef de famille doit savoir se placer au-dessus des querelles de ménage. La famille est aussi une entité fragile:La famille est comme un toit fabriqué avec les feuilles de la calebasse (tonga); La famille est comme une rive escarpée, elle s’effondre vite (sena). Une chèvre qui souille la maison, souille aussi ses pattes (éwé). Deux tortues ne s’insultent pas (benza), un  membre qui déshonore la famille, se déshonore.  La vie n’est pas toujours rose dans la famille:  Même la langue et les dents se heurtent (oromo); Arbres qui sont ensemble se frottent l’un contre l’autre (kaonde). On ne peut pas oublier aussi que la fraternité ne vient pas toujours du même sang, mais aussi de l’accueil et des échanges: Les gens ne viennent pas du même ventre,  ils viennent du même pot (rwanda).

 

Femme

Autrefois, on disait que  La femme est une rivière où les hommes peuvent aller boire (fula); La femme est une cruche pleine d’eau, celui qui a soif peut boire (bassari). Un arbre en fleur reçoit les visites des insectes (toucouleur). Toutefois, cela n’empêchait pas qu’on restait méfiant à l’égard de la femme: L’homme naît de la  femme, on ne sait pas de qui naît la femme (gugi). Prendre de la nourriture avec une femme signifie prendre de la nourriture avec le diable (kongo); Quand ils enterraient sa belle-mère, l’hyène a dit ‘enterrez-la profonde’ (kiga). La poule ne chante pas quand le coq est là (rwanda); la femme n’a pas droit à la  parole face à l’homme.  La femme qui cache sa grossesse meurt à cause de l’enfant (bamileke), se dit d’une femme hypocrite. Des affirmations sans nuances, souvent injustes comme celles-ci: Pays des femmes, pays de mensonges (bantu). La force d’une femme est dans sa bouche (bantu); Les femmes portent les gourdes et un paquet de ragots (kongo); Ne confiez pas un secret à une femme (fon); Si les femmes se rencontrent, elles laissent leur pot de légumes brûler (tigrinya).  Qui désire une jolie femme, qu’il l’habille! (nyanga). Par contre, on n’habille pas une femme,  elle s’habille elle-même (rundi). En qui croire alors? Le scepticisme semble être de règle: Inutile de mettre les sandales pour chercher une bonne femme, il n’y a pas de femme parfaite (mongo). Qu’importe la beauté d’une femme si elle est incapable de présenter sur un plat bien propre un mets bien préparé (mossi)? D’habitude, on juge selon les apparences: À travers le sourire, vous ne pouvez pas reconnaître une belle femme (zande); L’éclair annonce la pluie, les sourires annoncent une femme malhonnête (tigrinya). Il y a des choses plus importantes que la beauté.  Après tout on pourrait appliquer à l’homme ce qu’on dit de la femme. «L’homme bon et sans défauts n’existe pas (oromo). Ce que les femmes disent, peut-être un tas de sottises,  mais est bête qui ne les écoute pas (bemba); Les femmes oeuvrent à la célébrité, les hommes se bagarrent pour la réputation (oromo). Qui n’aime pas de femme bavarde  doit rester célibataire (mongo); Celui qui cherche une femme ne parle pas avec mépris des femmes (ashanti). On dirait que Dieu a été généreux lors de la création de la femme: Les femmes n’ont pas de chefs (acholi). Le feu adoucit le fer (mongo), l’amour pour une femme peut changer un homme violent en un agneau. Si un homme pauvre aime une femme, celle-ci ne le détestera pas à cause de sa pauvreté (oromo). La beauté d’une femme est importante: Une femme bien  peignée est comme le léopard (mongo), dont la peau est appréciée par tout le monde. Dans le passé, la vie publique a été défendue aux femmes: Les femmes connaissent le chemin qui conduit à l’eau (kongo). Une femme mariée est comme la défense d’un éléphant: n’y touchez pas! (kikuyu). La femme  a un rôle important à jouer: L’homme est la tête de la maison; la femme, le coeur (kikuyu); L’homme est l’enclume, l’enfant le fer, la femme le feu (bassari); Un clan avec des descendants féminins ne peut pas périr (kongo); Qui veut être bien vu dans une famille doit passer par la maîtresse de la maison (rwanda). La femme, ce n’est pas que des mamelles, la chèvre aussi en a deux (rwanda): il ne faut pas réduire la femme à des aspects purement anatomiques.

 

Force - Courage

La force et le courage sont deux choses très importantes dans la vie. Celui qui est fort, et conscient de l’être, vit tranquille. La force est une bénédiction du ciel: Seulement le ciel voit le dos de l’épervier (mongo): rien n’est au-dessus de lui. Celui qui est protégé par un fort se permet  tout (rwanda). Un individu fort méprise les petits, il n’a pas peur: Ce n’est pas la lance sur une épaule qui rend un homme courageux (rundi). Souvent, c’est la raison du plus fort qui s’impose: L’aigle peut faire des choses qui dépassent la force du corbeau (rundi): Le droit des gens les plus forts est toujours le meilleur (rundi). Mais qu’il fasse attention, le fort ne  doit  être ni présomptueux, ni imprudent: L’hyène vole beaucoup par habitude, pas à cause de la faim (ovimbundu), les gens forts ne se privent pas de faire du tort uniquement pour montrer leur force. Vous ne devez pas abuser d’une chose parce qu’elle est abondante (zande). C’est le soleil, le roi de l’éléphant (logbara), cet animal ne craint rien, et pourtant le soleil le contraint à chercher de l’ombre. L’éléphant est frappé sur le dos (luo),  c’est-à-dire au moment où il s’y attend le moins. Le pot est fort jusqu’à ce qu’il trouve un arbre (mongo). Gare à ceux qui se font passer pour des forts rien que par leur apparence: Parole facile ne signifie pas grande force (nyanga); Ne jouez pas avec la force (rundi). Celui qui semble très fort, peut mourir avant le faible: Une dent délabrée peut tomber avant une dent sale, une dent noire avant une dent rouge (zande); Pour le fort, enterrement, pour le lâche, sécurité (kimbu). L’homme fort est mort, tué par un coup de pied d’une mouche (rundi), il est dangereux de sous-estimer les petits: Ne poursuivez pas le timide dans sa maison (luo),  Même si on est fort, il faut savoir rester modeste: Le buffle ne se vante pas de sa force (ambede), souvent, le moment  du plus grand succès risque de tourner mal: Un tambour résonne plus  fort quand il est sur point de se déchirer (tabwa). Si l’on veut vivre en paix, il faut éviter de provoquer les gens forts: La tortue ne mord pas les pattes du léopard (pygmée); Laissez passer les gens forts (swahili); Ne provoquez pas la colère d’un homme fort (luo). Fais des choix intelligents: Ne demandez pas l’aide d’une personne faible (luo); Il est difficile d’aider une personne faible (luo); Ce n’est pas au poisson de choisir s’il sera rôti ou frit (ashanti): une personne faible n’a pas de choix. Pas même Le conseil ne  peut rendre fort un homme dont le caractère est faible (luo). On entend souvent dire: prends ton courage à deux mains. Oui, il faut le répéter, car  Celui qui est timide, ne mange pas (zande). Celui qui veut du miel doit avoir le courage de faire face aux guêpes (wolof); Mangeur de miel s’approche de la ruche (luba). La force ne suffit pas toujours, il faut y ajouter de l’astuce: Le léopard vole seulement quand les gens dorment (rundi); Celui qui cherche un nid de guêpes, doit savoir courir (bantu). Même la peur peut aider: La peur n’est pas scandaleuse (bayaka); Ce n’est pas scandaleux de fuir devant l’éléphant (douala). Les circonstances peuvent donner le courage dont on a besoin: Celui qui a la diarrhée, ne craint pas la nuit (éwé).

 

Hospitalité - Etranger

Un voyageur est comme la rosée du matin (tumbuka), on ne le verra plus, sois donc prévenant et gentil: Ne regardez pas le visage du visiteur, mais voyez plutôt son estomac (tonga); Celui qui donne à boire à quelqu’un, devrait le lui  donner avec respect (oromo). Flèche ramassée remplit le carquois (bassar): on le dit à un étranger qui demande hospitalité pour lui assurer qu’il est le bienvenu. L’étranger est un enfant (bassar): il se laisse instruire et corriger. Un étranger est aveugle bien qu’il ait des yeux (yoruba), il ne connaît pas les mentalités des lieux. Sois accueillant avec les étrangers, les réfugiés etc. On chasse celui qui fuit et non pas celui qui demande asile (bemba). Pour sa part, le visiteur doit aussi apprendre que L’hôte du singe mange ce que mange le singe (bemba), il doit s’adapter. Si tu vas dans un village où on prend un oeuf pour écraser les feuilles médicinales contre la pierre, fais de même (baoulé); Les mains vides ne  sont belles que  pour leur propriétaire (luganda): un invité qui se présente les mains vides n’est pas apprécié.  Si tu es un visiteur, le petit déjeuner n’est pas un droit (luyia); Un hôte sage mange de ses provisions (bemba), il ne dérange pas. L’hospitalité n’est pas toujours vue de la même manière par tous: Visiteur trop assidu, escroc  sûr (bemba); Vous ne devriez pas casser les pots pour un simple visiteur (luyia): il ne faut pas trop se dépenser lorsqu’il s’agit d’un visiteur ordinaire. Ne battez pas votre femme si elle ne s’occupe pas convenablement d’un visiteur que vous n’avez jamais visité (luyia); Qui tue un visiteur ne tue pas un homme de la place (lozi\luyana). Ce qu’il y a de vrai est que Quand l’étranger s’en va, il y a toujours quelque chose à dire de lui (ashanti), en bien comme en mal.  Après tout, Le monde est une visite amicale, à l’issue de laquelle  nous devons rentrer  à la maison (ibo) …du Père, bien sûr !

 

Humour

L’humour détend et soulève le cœur; mais il doit être spontané: Il n’y a pas de joie dans un sourire forcé (logbara). En situation désespérée, on cherche toujours une consolation, tel ce caméléon porté par le courant qui dit: Eh! Nous arriverons ainsi jusqu’à Kampala (kiga). Avec les temps qui courent, il est important de savoir trouver des occasions pour sourire un peu. Même Dieu le fait, comme Lorsque Dieu a créé le crocodile, Il s’est dit: il suffit qu’il soit costaud, même s’il est laid, c’est quand même un animal solide (malgache). Personne ne peut nous enlever le droit de rire: Le chef fait les lois, mais pas la loi contre le rire (éwé); C’est quand la termitière est joyeuse qu’elle fait pousser des champignons (baoulé). On ne peut pas rire de tout et à tout moment: Même le miel fatigue (logbara); Un chien ne peut pas se réjouir de la mort de son ami (logbara). Il y a des blagues qui ne peuvent pas se faire, des choses sur lesquelles il n’est pas licite de rire: Ne faites pas la fête sur les deux côtés du couteau (chagga), dans la vie on ne peut pas investir tout dans l’amusement. Le monde est plein de gens qui se prennent trop au sérieux, ils prétendent tout posséder, comme Les poux qui se promènent entre les cheveux et descendent vers la barbe et disent: tout ceci nous appartient (nyoro); La forêt est mienne, dit le lion; elle est nôtre, corrige la lionne (kiga).

 

Ingratitude

S’il est vrai qu’Un chien n’oublie pas son propriétaire (bangala), il est tout aussi vrai que, souvent, des êtres humains oublient même leurs plus grands bienfaiteurs: Le salaire du monde, c’est  l’ingratitude (éwé); Les gens comptent les refus, mais pas les cadeaux (kikuyu); Un homme n’est honoré qu’après sa mort (zoulou). L’ingratitude est le fruit de la partie la plus sombre de l’âme humaine: Qui se perd dans  la forêt se  fâche contre ceux qui le ramènent sur le bon chemin  (ekonda). Les puissants du monde oublient souvent ceux qui les ont aidés: Qui aide le  roi à gagner un trône ne règnera jamais avec lui (zoulou), et la bonne foi est souvent trahie: Qui fait des choses avec droiture s’attire la haine des autres (zoulou); Le boeuf remercie par des coups de patte (chagga); Les coups  de la chèvre se retournent  contre son  propriétaire (luba);  C’est l’homme que vous avez sauvé qui projette de vous éliminer (luo); C’est le feu qui cuit notre nourriture, mais quand le feu détruit le village, tout le monde s’en  plaint (éwé). Bien souvent, on s’évertue à faire mieux, mais en vain: J’ai acheté une rivière au poisson (mongo); Donner avec amour, recevoir avec haine (bamiléké); Si tu fais du bien à un ingrat, cherche le témoignage d’un rapporteur (bariba); La lance n’a pas de parents, elle frappe même celui  qui l’a fabriquée (mongo). Tirons-en des  leçons: Ne méprisez pas la caverne qui vous a abrité en bas (chagga);  Ne coupez pas l’arbre qui, un jour, vous a sauvé du buffle (béti); N’appelez pas bosquet la forêt qui vous a sauvé (baoulé).  Souviens-toi toujours qu’Une bonne action ne sera jamais perdue (popo); Petit cadeau, ce n’est jamais trop petit (bemba); Si tu manges le fruit d’un grand arbre, n’oublie pas de remercier le vent (bariba).

 

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