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Proverbes (2)

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Jeunesse

Quelle que longue soit la vie d’une personne et remplie de belles choses, rien ne vaut  les années durant lesquelles un individu au lieu de parler chante, et au lieu de marcher court. Dans la vie beaucoup de choses dépendent de ce qu’on a fait quand on était jeune: Le conseil, on le demande aux sages, la guerre, on y va  avec les jeunes (abyssin);  Les vieux prennent la décision de faire la guerre, mais ce sont les jeunes qui partent se battre (baoulé);  Qui n’a pas transpiré dans sa jeunesse tendra la main dans sa vieillesse (éwé); Les enfants que vous avez engendrés dans votre jeunesse, les voyages que vous avez entrepris tôt le matin, vous donneront de la joie  quand tombera la nuit (tigrinya); Les champs doivent être visités le matin (mongo). Les jeunes gens veulent la grande vitesse à toutes leurs entreprises, mais ils doivent apprendre à être  patients: Si un porcelet demande à sa mère pourquoi son museau est si long, celle-ci lui répondra : quand tu seras grand, ton museau sera tout aussi long (éwé). Ils  ne peuvent  pas prévoir l’avenir et sont appelés à  respecter les différentes étapes de la vie: Vous ne connaissez pas un chef quand il est encore  jeune (zande). Qui a encore  toutes ses dents doit se montrer  prudent avec les os (bamoun); Un marteau dans les mains des jeunes gens devient un  casse-noix (kongo). La jeunesse aime à jouer, il y a à craindre que le jeu prenne plus de place que le travail; Ce n’est pas en courant qu’on obtiendra les honneurs (yoruba);  La jeunesse devait compter sur les vieux, car elle ignore ce qui l’attend demain : Ne souillez pas la vieille source, vous en aurez besoin un jour (zande); On ne jette pas la vieille marmite (bangala); Le vieil âge n’informe pas d’avance (zoulou); Avant que nous soyons parfaitement à l’aise, la vie est finie (malgache).  On dit que Quand la barbe paraît, l’en-fance disparaît (ruanda). Il n’est pas vrai, cependant, que les vieux soient nécessairement plus sages que les jeunes: Un vieux sage est apprécié d’après sa sagesse, pas d’après sa barbe (zande); Les  jeunes ont tendance à croire  que les personnes plus âgées ne comprennent pas les problèmes  d’aujourd’hui: La nourriture  d’hier, c’est pour les chiens (popo).

La jeunesse doit être vécue et il  n’est pas juste de l’étouffer, c’est le cours normal des choses: Où il y a de jeunes filles, les jeunes gens  vont (gbande), car on ne voit pas  Le moine à la danse, le jeune à la maison (tigrinya). La jeunesse est synonyme de beauté et d’une puissance sans bornes, néanmoins, On ne peut  pas apprécier la beauté de gens qui se comportent mal (yoruba). Jeune homme, je ne chanterai pas  le chant de joie avant de t’avoir entendu parler et vu agir (somali). Les jeunes sont solidaires entre eux, mais pas toujours : Les jeunes partent chercher la richesse ensemble, mais au retour, la compagnie se disloque (kikuyu).  Il faut que jeunesse passe: Une feuille tendre ne reste pas toujours la même (éwé); Nous grandissons seulement une fois (kalenjin); On ne va pas à quatre pattes trois fois (zoulou), on est enfant seulement  une fois,  on est vieux seulement une fois, il n’y a pas une troisième chance, ce que tu ne fais pas quand tu peux, tu ne le feras pas quand tu voudras. Les jeunes doivent apprendre à méditer ces paroles d’un ancien: Comme toi, je fus au centre, comme moi tu seras à la périphérie (fon),

 

Justice

La justice exige des traitements identiques, une infraction appelle une sanction  de poids égal. La qualité première du juge est l’impartialité: Mangeons aussi le fils de la tortue comme nous avons mangé celui du léopard (béti); La médecine du feu est le feu (kalenjin); Le crabe pince sans regarder la personne qu’il pince (pygmée); La justice se veut intransigeante pour tous, même pour  les amis du chef qui juge, car le chef n’a pas d’amis (zande); Je suis comme la langue entre les dents  (shambala). La justice doit faire son travail, faute de quoi, les querelles se multiplient et s’enveniment: La justice est comme un feu, si vous l’enveloppez, il brûle (bambara). Un seul juge ne tranche pas un procès (yaka) et personne ne peut être juge de sa propre cause: Si la cause concerne la forêt, aucun singe n’est juge (kiga). Où il y a des hommes, les querelles ne manquent pas: Le tribunal ne manque jamais de procès (yaka). Ce n’est pas en se faisant justice qu’on résout  les conflits: On n’enlève pas une épine avec une autre épine (sango).  Sois sage,  tes  propres mots peuvent se retourner  contre toi: C’est avec ce que vous dites que vous serez jugé (luyia); Les traces du léopard, il faut les avoir vues, il ne suffit pas d’en parler (yaka). Si tu n’as rien vu, ne parle pas, ton témoignage pourrait fausser le jugement. Ne me battez (tuez) pas avant que je n’aie parlé (masai),  car ne connaissant pas tous les détails de l’affaire, on risque de condamner un innocent.

Quand un lion mange une mauvaise personne et il n’est pas tué, demain il mangera une bonne personne (lozi\luyana).  Même les plus petites activités criminelles doivent être retenues, pour éviter de grands problèmes  demain;  Le boeuf mange la paille, pourtant  le chien mange le pain; l’âne porte le vin,  mais ne boit que de l’eau! (galla): les dérives ne manquent pas en matière de justice,  néanmoins, Pour arranger une palabre, on n’apporte pas un couteau qui tranche, mais une aiguille qui coud (humbu), le tribunal, ce n’est pas d’abord pour condamner, mais pour chercher la vérité. C’est toujours dangereux pour celui qui pense le contraire: Si vous ignorez le juge, ne prétendez pas gagner le procès (shi), personne n’est au-dessus de la loi pour s’en passer. Une bagatelle qui a un avocat vaut mieux qu’une grande chose sans un (kikuyu); Qui n’utilise qu’une petite pagaie ne peut pas aller loin; Qui n’a pas de témoins ne peut pas gagner le procès (lozi\luyana).

Un principe à retenir dans tout problème de justice: C’est l’offenseur qui oublie, pas l’offensé (zoulou). 

 

Mariage

Le mariage est une réalité qui intéresse beaucoup de monde: parents, oncles, grands-pères, ancêtres, amis et même le ciel. Une femme sans mari est sans support, comme un bananier (mongo). Quand les jeunes tombent amoureux, les adultes commencent à rêver: La chimère est la mère des enfants à marier (peul). Dans toute tradition, le succès d’un mariage dépend du respect de quelques règles. C’est avec la femme de son clan qu’on doit se marier (éwé), car Une femme inconnue est la nuit (tabwa). Contractons des mariages avec des gens importants: après, nous deviendrons aussi importants (luba). Un homme peu fortuné ne se marie pas avec une féticheuse (fon), parce que  cela coûte très cher, par conséquent, connais tes possibilités avant de t’y engager. Si tu ne connais pas le village, tu en épouseras la sorcière (baoulé). Le mariage vous donne le droit au corps, pas à la tête de votre femme (bemba), tu ne peux  pas contrôler ses pensées. Les bonnes intentions et promesses d’avant le mariage ne suffisent pas: Vous ne pouvez connaître le coeur d’une jeune femme jusqu’à ce qu’elle porte la robe de mariage (rwanda). Celui qui prépare son propre mariage est frappé par la perche de la hutte (kiga), il devient alors touche-à-tout dans les préparatifs comme la poutre centrale d’une maison. L’amour est aveugle et réserve de grandes surprises. C’est notamment le cas des gens laids qui arrivent aussi à se marier: L’homme dont tout le monde se demande s’il pourra trouver une femme à épouser, se mariera avec la femme dont tout le monde se demande s’il y aura un homme qui la mariera (tigrinya). D’ailleurs, Qui marie la beauté, épouse les problèmes (yoruba). Si vous cherchez la compagnie du diable, vous devez vous plier (moba), car dit-on en pays moba, les diables sont de courte taille. La fidélité dans le mariage est une chose aussi précieuse que la clairvoyance ou la précaution: La femme du sourd, on l’appelle en présence du sourd; la femme de l’aveugle, on l’embrasse en présence de l’aveugle (tigrinya).

On dit que les hommes sont moins fidèles que les femmes, mais qui sait? Il ne faut pas donner trop de crédit aux soupçons ou à la jalousie: Qui cherche l’adultère tombera dans des affaires d’adultère (mongo). La vie commune est comme le ciel, quelquefois elle est ensoleillée, quelquefois elle est nuageuse, il faut  savoir s’y prendre avec précaution: Le mariage n’est pas de la magie, mais plutôt  du manioc et des cheveux bien tressés (mongo); La femme qui sait comment pétrir la pâte ne sera jamais battue (bemba). Des choses bien simples suffisent pour créer une union heureuse. Dans les difficultés inévitables, il faut être attentif: Papa, ne frappe pas maman, maman est ton salut (nyanga). Respecte la femme d’autrui: Ne frappez pas l’épouse du voisin (mongo). Partout il y a des problèmes. Il n’y a pas une maison où tous sont parfaits (moba). Se marier, c’est comme se jeter dans le vide (zoulou). Que Dieu ne fasse  pas pour vous ce que dit votre mère, ni ce que pense votre femme (tigrinya), si tu es en retard, ta mère imagine un accident alors que ta femme pense  que tu es allé te promener. Un conseil cependant: Un ménage mûrit par des conversations (yombe) et Deux à deux est le secret du bonheur (ekonda). Avoir beaucoup de femmes, c’est se créer  beaucoup de problèmes: Deux femmes sont deux pots de poison (kikuyu); Beaucoup de femmes sont comme des noeuds dans la farine (éwé); Quand les femmes sont nombreuses, quelques-unes sont des esclaves (kiga); L’homme qui a deux maisons, meurt de faim, l’une des femmes pense que l’autre a préparé (nyoro). En effet, trop, c’est trop ! Les jeunes gens considèrent le mariage comme la chose la  plus importante dans leur vie, mais ils apprendront par expérience que Produire beaucoup d’enfants destine à multiplier les tombes (nyanga). Ce qu’on cherche sous le lit,  c’est la hache (bemba): l’amour ne suffit pas, il faut  travailler. Le père vous fait héritier, la mère rompt le pain (tigrinya), pendant que le père  travaille pour le bien de toute la famille, la mère s’occupe des problèmes de la maison.

 

Pardon - Réconciliation

L’empreinte d’un pied ne tue pas le champ (kiga): on doit être  indulgent pour une petite faute. Laissez-le faire deux fois (masaï), ne pas infliger une  punition pour la première fois, mais attendre une deuxième fois. On ne doit pas suivre  les cicatrices (masaï), se dit pour décourager une vengeance. On  ne  bat pas le tam-tam d’un seul côté (douala), avant de juger, écouter les deux parties. Nul n’a de la haine contre un autre, il le comprend mal (rwanda), toute querelle trouve son origine dans l’incompréhension. L’aversion envers autrui est un défaut que l‘on acquiert: La haine ne procède pas du ventre, elle a été placée dedans (rwanda). Ainsi, pour mieux vivre,  Si ton prochain t’a injurié, ne l’injurie pas  à ton tour (yaka). S’il n’y avait pas d’offenses, il n’y aurait pas de pardon (ibo). Une vache tombe, bien qu’elle ait quatre pattes (kalenjin). Malgré l’équilibre dû à la présence de ses quatre pattes, une vache peut toujours tomber. La tolérance est de mise: Un oeil pour un oeil perpétue l’esprit de vengeance (yoruba). Dire ‘désolé’ ne guérit  pas la blessure (chewa): les mots d’excuse doivent entre sincères. C’est fini dans les yeux, ce n’est pas fini dans le coeur (yaka), souvent, la rancune persiste dans les cœurs.

 

Sexe, Sida, Adultère

Comment parler du sexe sans tomber dans le moralisme ou la débauche? La fascination exercée par la beauté du corps humain est une chose normale et merveilleuse: Une jolie fille ne prend pas place au coin obscur du foyer (shi). Mais ce sujet peut cacher de grands dangers: Une personne attrayante ne peut pas être sans tâche, si elle ne vole pas, elle ensorcelle (chitonga); Le trop beau de quelque chose est mauvais (luo),  et peut pousser à prendre des attitudes qui vont au-delà de ce qui est correct: Quand la lune resplendit, le boiteux a envie de se promener (ibo). Il ne faut pas se laisser séduire par les apparences, tous ont des qualités et des défauts: Il y a des cicatrices sur toutes les belles filles (baoulé); A la beauté, tu dois ajouter un vêtement (luo); La bouche de celui qui est beau, sent (oromo);  Il n’y a pas de léopard sans tâche noire (zoulou); Si, trompé par de belles paroles, le sot arrache l’arbre qui ombrage sa maison, il ne lui restera plus qu’aller chercher l’ombre plus loin (mossi). On sait qu’avec trop d’ardeur dans le cœur, le cerveau va en vapeur: Vous ne pouvez pas donner des conseils à un homme épris d’une femme (masaï). La convoitise peut conduire très loin: Si on vous place  dans l’antichambre, vous pénétrez jusque dans l’alcôve (fon).

Le contrôle de nos comportements s’impose: C’est en gardant une certaine distance qu’on s’échauffe à un feu violent (luyia). Une conduite déréglée produira des fruits amers: Dormir n’importe où rend une femme stérile (kiga). Un individu syphilitique est comme un porc-épic: là où il s’assied, il  laisse ses piquants (luganda). Dans le potager, personne ne doit passer, sauf le mari (bemba). Retiens encore ce principe: Toutes les femmes sont les mêmes (shona). Les hommes aussi!

 

Solidarité, Partage, Communauté

Quand l’être humain arrive sur la terre, c’est dans un village qu’il atterrit (akan): l’homme est appelé à vivre en société. Ce n’est pas qu’on manque de place dans le pays, mais ce sont les cœurs qui sont étroits (rundi); Le remède de l’homme, c’est l’homme (wolof), c’est un homme qui peut sauver un autre homme. Il y a des gens qui se croient autosuffisants, ils se trompent: Trop de confiance en soi est un  mensonge (rundi); Ceux qui se  querellent avec les autres finissent par émigrer (shi); La connaissance, comme le feu, nous la cherchons chez les voisins (ruanda); L’intelligence d’un seul individu est un sac percé (rundi); Faire du bien permet à un autre de récolter  (kikuyu). On apprend toujours à travers les autres: Si les tam-tams ne sont pas au complet, ils ne peuvent pas résonner (yaka). Ne croyez pas à l’homme qui dit qu’il est lui-même l’auteur de sa fortune: Un chien sait comment grimper, mais seulement si l’arbre est incliné (mongo); La termitière s’appuie sur l’arbre (zande); L’araignée ne s’accroche que là où il y a un appui (shi); Vous ne pouvez pas tatouer vous-même votre derrière (zande). Les besoins de gens qui nous sont confiés nous poussent à la solidarité: Une mère donne son lait même sur la route (douala). L’union fait la force: Une brindille de balai ne tue pas la tsé-tsé (éwé); Un seul doigt n’écrase pas le pou (lozi\luyana); Une main ne peut pas soulever une jarre pleine (yoruba); Un seul doigt ne peut pas laver le visage (bangala); Un seul doigt ne peut saisir un caillou (bariba); Il faut deux mains pour qu’une lave l’autre (wolof); Une seule pagaie ne fait pas avancer la pirogue (ntomba); Un seul bras ne peut pas embrasser le baobab (zande); Si les fourmis se mettent ensemble, elles arrivent à transporter un éléphant (mossi); Un éléphant meurt à cause de beaucoup de lances (luvale); C’est l’union fraternelle qui tue le léopard (shi); Huit hommes unis ont tué le chien du roi impunément (rwanda); On suit mieux le chemin en compagnie (shi); Ce que nous voyons ensemble est vrai (zande). La solidarité entre semblables est une chose naturelle: Une poule qui a pris un grain de riz partage toujours avec ses poussins (kusu); Les petits oiseaux se reconnaissent par le chant (chitonga); Si le chimpanzé accepte de se battre, c’est parce qu’il compte sur l’aide du gorille (mongo). La solidarité aide à dépasser même les liens du sang: Nous aimons vraiment ceux qui nous aident (mongo); Savoir vivre  ensemble rend frères (samburu); Le foufou lie le village (bantandu). Tous doivent contribuer au bien commun: Unies, les petites termites ont renversé un gros arbre (zande); Celui qui ne rassemble pas les pierres de son champ, celui qui n’encourage pas la réconciliation entre parties opposées, est une bête sauvage (tigrinya). Il y a beaucoup d’individus égoïstes en circulation: C’est ma bonne sauce qui rassemble les sièges (baoulé); Celui qui fabrique la bière tout seul  fait de la mauvaise bière (kiga). Le ciel bénit ceux qui savent fraterniser: Dieu s’associe à ceux-là qui cherchent le conseil ensemble (ruanda); Donner, c’est mettre de côté (chitonga); Si vous avez eu de la chance, ne dansez pas derrière votre maison (zande). Mais il ne faut pas abuser de la  soli-darité: Demandez seulement une fois une faveur à  votre voisin; la deuxième fois, votre mère vous insultera (sena); L’eau que vous demandez à votre voisin n’est pas assez pour éliminer la saleté (rundi). Il y a cependant des choses irréalisables, malgré la  bonne volonté: La compassion ne peut pas ressusciter un homme qu’on porte au cimetière (mongo); Trop de rats ensemble ne creusent pas le trou (kiga); Là où il y a beaucoup d’hyènes, il n’y aura personne pour vous aider (kikuyu), il se créé alors confusion ou peur.La solitude n’a jamais donné de bons résultats. La rivière a voulu se conduire seule et elle s’est égarée (bahaya); Celui qui va toujours seul est un sorcier (nande); Le bâton qui est loin ne peut t’aider à tuer le serpent (nyororo-hema); Le jour de sa mort, le chacal ne trouvera aucun arbre disposé à le protéger avec son ombre (lozi\luyana): un égoïste ne trouvera pas de secours lorsqu’il sera dans le besoin.

 

Travail

Travail attend travailleur (oromo); Le bonheur est fils de la sueur (logbara); La houe ne ment jamais (nande); Si nous mangeons,  nous devons travailler (kalenjin); Il n’est jamais trop tard pour aller au champ (kalenjin). On n’obtient rien sans effort: Celui qui refuse de se courber  se lève toujours les mains vides (bangala); Qui est disposé à se courber a l’or dans la bouche (luba); Là où il y a un doigt, il y a un champ cultivé (bemba); Avant de dormir, l’homme ne doit pas rêver (oromo); La poule qui marche mange les fourmis (lula); Au sol, le bec de la poule ne revient jamais vide (bamoun); Un serpent mange en se déplaçant (chitonga); La première vache boit de l’eau propre (lozi\luyana,); Celui qui arrive le premier à la source boit l’eau pure (bahaya); L’aigle qui prend la proie est celui  qui tourne (zoulou); Le rat qui veut un bon trou use ses ongles (somba); L’homme endurant mange toujours les fruits mûrs (kusu). Même mendier exige  un effort: Le bras qui demande, s’allonge (éwé). L’instrument de travail qui nous permet de vivre est facile à utiliser: La défense n’est pas lourde pour l’éléphant (kiga). Aide-toi, Dieu t’aidera: Si l’homme prend une décision, Dieu l’aidera (ibo); Dieu aide ceux qui s’aident (masaï); Dieu s’appuie sur toi pour t’aider (rundi); Pour arracher une racine, il faut se mettre avec Dieu (bemba). Oisifs et paresseux n’aiment pas travailler: Si tu ne vas pas au champ sous une petite pluie, c’est sous une pluie battante que tu iras quémander de l’igname pilée chez le voisin (bariba): si tu refuses d’affronter les petits ennuis, tu en affronteras de plus gros. Si ta vieille main ne travaille pas, ta vieille bouche ne mangera pas (zande); Celui qui ne transpire pas lorsqu’il est jeune, mendiera lorsqu’il sera vieux (gâ); Là où l’on ne pioche pas, on ne mange pas (logbara); La mâchoire ne mange pas si les pieds ne partent pas (kusu); L’oiseau qui ne vole pas ne sait jamais où le maïs est mûr (nande); L’arbre qui n’ose pas faire pénétrer ses racines, est improductif (kongo); Beaucoup de gens autour du plat, silence dans les champs (éwé), les oisifs n’attendent que le fruit du travail des autres. La paresse ne permet pas de manger (lala); On accuse d’avarice ceux qui moissonnent, on ne critique pas ceux qui cultivent (nyanga): le paresseux, lui, n’appréciera pas ton travail. Quand la houe se casse, le  paresseux se sent soulevé (toro): il aura ainsi trouvé un prétexte pour ne pas travailler. Rapide, c’est bien, lent c’est toujours bien, mais  avec soin, c’est beaucoup  mieux (baoulé).

 

Vérité – Transparence

La vérité est une amie de Dieu (oromo). On croit facilement au menteur: La vérité va au marché mais elle n’est pas vendue, alors que le mensonge, on l’achète au comptant (yoruba). Le mensonge profite à  peu de gens (rwanda), tôt ou tard, il finit toujours par être découvert et désavoué, tandis que la vérité, malgré sa lenteur, est appelée à triompher: Si vous enterrez la vérité par la tête, elle surviendra par les pieds (tigrinya); On ne cache pas le cadavre d’un éléphant sous les feuilles (béti); Même si le mensonge est en route depuis dix ans, la vérité l’atteindra en une matinée de marche (peul); Un mensonge peut courir toute  une année, la vérité l’atteindra en un jour (haussa). La vérité a une force extraordinaire: La vérité traverse le feu, sans brûler (rundi). La vérité est contraignante: Plutôt que cacher la vérité, accepte qu’on te coupe la tête (bangala). Toute recherche de la vérité doit être accompagnée de tolérance: Si vous fermez votre  porte à l’erreur, la vérité n’entrera pas (nunu). Qui veut la vérité évite les fausses peurs: Nous ne serons pas honteux pour chercher une fourmi, même si c’est dans le pantalon (zande); La vérité rougit les yeux, mais  ne les ruine pas (baoulé). La vérité ne remplit pas la paume de la main (masaï). Le mensonge est si dangereux que Mieux vaut rencontrer un sorcier qu’un menteur (malgache). Le menteur est sournois, lâche  et égoïste: Qui ment  ne fait pas bruit (oromo); Le mensonge cherche le refuge dans la  lâcheté (bemba); Celui qui  triche ne vous aidera pas (zande). D’habitude, on triche parce qu’on a des intérêts à protéger: Tromper n’est pas une preuve d’intelligence, mais que l’on  veut sortir d’une difficulté (baoulé); Le mensonge te permet d’acquérir une faveur une fois, pas deux fois (rwanda).

Le mensonge est  remboursé comptant: Un mensonge est échangé avec un autre (rundi); Un escroc est roulé par un autre escroc (mongo); On n’a pas confiance en  un menteur même

s’il dit la vérité (éwé); Le mensonge est comme le sable: c’est doux quand vous vous allongez dessus; rude quand vous devez vous lever (malgache).

 

Vieillesse

C’est triste, la vieillesse: Une vieille personne n’a aucun admirateur  (kikuyu); En l’absence d’un bâton, le vieux est très faible (kusu) et c’est comme ça. La vie est la branche d’un palmier que les vents courbent (croc). Avancer en âge est une loi de la nature, si… on ne meurt pas avant. On doit accepter cette réalité: Le chasseur que l’âge empêche d’aller à la chasse, doit se contenter de raconter ses vieux  exploits (bambara). Les gens polis appellent le vieux senior, grand-papa, etc. Cheveux gris, cheveux gris, même les païens les respectent (oromo). Un homme atteint un grand âge s‘il a respecté les arachides de son voisin (kongo), la vieillesse est signe d’avoir mené une vie honnête. Dans le respect de son âge, le vieux se conduira comme il se doit et ne se lancera pas  dans des entreprises qui sont au-dessus de ses possibilités: La danse d’un vieil homme ne dure pas longtemps (kongo); Vieil homme, tu respecteras le jeune si tu veux être respecté (kongo). Les gens ne respectent pas les vieux qui exagèrent (yoruba); Un vieil homme ne fait pas un faux pas, il glisse (kongo);  Une vieille femme a écrasé une banane mûre et elle en était fière (yoruba). Bien qu’il puisse manquer d’énergies, son expérience fait autorité: Un vieil homme peut se tromper en jetant une pierre, mais pas avec sa bouche (tabwa); Une personne âgée ne rate pas les mots, elle rate une pierre  (bemba). Vous ne ferez pas la course avec un homme de trente ans, vous ne donnerez pas des conseils à un homme de soixante ans (tigrinya); Une vieille personne peut arriver en retard dans la course, mais pas dans la sagesse (tonga); La bouche du vieux parle tout en étant courbée, mais ne dit pas des  paroles courbées (shi); La bouche d’un vieux pue, mais ce qu’elle dit est très édifiant (nande);  Les mots des aînés deviennent doux le jour suivant  (chewa); Une gifle donnée par un vieil homme, même avec sa main gauche, est douloureuse  (kongo); Il y a des vieux quant aux cheveux blancs et des vieux quant à la sagesse (shi). Les limites du troisième âge sont connus: Un vieil homme ne court pas, à moins qu’une chèvre ne mange son manioc  (mongo);  Un vieil homme n’entre pas dans un bateau pour ramer, mais pour donner des  conseils (luganda).

Avec l’âge,  les défauts de l’enfance réapparaissent: Un vieil homme est comme un enfant  (rundi).

La vieillesse est une présence nécessaire et la guerre des générations inutile: Quand il n’y a pas d’aînés, la ville tombe en ruines (yoruba); Le sac d’un aîné n’est jamais complètement vide (acholi); On ne construit pas une nouvelle case sans employer de vieux bambous (bamiléké); La barbe ne raconte pas de vieilles histoires aux cils, ces derniers ont jailli avant. Le jeune homme est désobéissant,  le vieil homme est avare  (mongo). Les jeunes gens, à leur tour, sont appelés à aider les vieux: Un éléphant boit l’eau dans les empreintes de ses jeunes (moba) et à ne pas se mêler aux querelles des vieux: Deux vieux, s’ils se disputent, c’est la mort dans la misère (lega); Si les boules de pierre se querellent, ce n’est pas à l’oeuf de les séparer (bassar).

 

Violence

Le droit du plus fort est toujours le meilleur (rundi), oui, mais qui peut énumérer les dégâts causés  par des gens incapables de se maîtriser? Un individu révèle sa vraie nature quand il se fâche: Vous connaîtrez un serpent si vous le brûlez (zande);  De la bouche d’une personne violente, tout peut sortir (luo). Elle croit qu’il n’y a pas de limites à son arrogance, tandis que On peut courir,  mais à la fin on s’arrête (toma); Celui qui court, ne sort pas de la terre (éwé). Souvent les litiges ont pour origine un manque de contrôle: La dispute se transforme en bagarre et la bagarre en combat (kikuyu). Le bélier ne montre pas sa colère, il attaque tout  simplement (luganda), se dit de gens dont la colère se manifeste à l’improviste. Une pierre jetée avec rage n’atteint pas l’oiseau  (popo);  Il est impossible d’aspirer à  la paix avec une lance  à la main  (benza); L’éléphant meurt, mais sa défense reste (bomfinu), le méchant doit savoir que les conséquences dureront. Celui qui tue le lion  en mange; celui qui ne le tue pas  est mangé  (bantu), avec les gens violents, ça se passe ainsi. Blâmable est aussi celui qui approuve la violence, comme  Le spectateur à un combat  de boxe crie «frappe-le, achève-le!» (kiga). Des règles à ne pas oublier: Celui qui prévient un conflit mérite une récompense  (mongo);  L’arbre de la patience a des racines amères, mais ses fruits sont doux  (popo);  La guerre ne résout pas les  problèmes (mongo); La  force sans la sagesse rend les gens inhumains  (bantu). Quand je fais tout pour que mon maïs cuise avant celui des autres, le feu s’éteint (fon), la violence, la brutalité ne produit jamais des effets heureux.

 

Vol

Vieux métier dans  le monde que celui du voleur! Il faut dire que là où les richesses sont nombreuses, les voleurs seront aussi nombreux. La tentation fait l’homme voleur. Les biens de vos voisins vous font avaler de la salive (tabwa); Qui n’est pas avide, ne vole pas (rwanda); Un voleur est comme un rat: il est piégé avec un appât (luganda); La douceur des choses volées envoûte (acholi) (Cfr. Bible. Prov. IX, 17); Le cochon ne résiste pas devant une patate de manioc (ewondo); Ne tente pas les guerriers avec des vaches (masaï), ils feront une razzia. Où il y a des vaches, le nombre d’ibis blancs augmente  (kiga). On critique le voleur, il faudrait aussi critiquer le propriétaire des ignames au bord de la route (yoruba). L’envieux  devient vite voleur (moba); Celui qui vole est aussi capable de tuer et de mentir (gbande); Le vol et le mensonge sont les fils d’une même mère (bangala); Qui vole un oeuf, vole un bœuf (bangala), qui vole un petit rien, finira par voler de grandes choses; Une ville connaîtra des troubles si on choisit comme gardien le chef des voleurs (yoruba); Le vol ne confère pas la propriété (bemba); Si vous volez avec votre fils sur les épaules, vous lui apprenez à voler  (rundi); Si vous vivez avec un voleur, vous deviendrez voleur (kalenjin).

Attrapé, le voleur niera toujours le fait: Je ne mange pas de céréale, je fume le cigare, a dit le petit singe (oromo); La lumière est le poison des voleurs  (logbara); Celui qui opère en cachette est comme la taupe (tumbuka); Allez voler avec un complice, comme ça vous pourrez l’accuser plus tard (kimbundu); C’est un voleur qui peut découvrir même  sur la pierre les traces des  pas d’un autre voleur (yoruba).  Les voleurs sont solidaires entre eux. Un voleur ne parle pas mal d’un autre voleur (oromo); Si un voleur est intelligent, que doit-on  dire  de celui qui va à sa recherche?  (kalenjin).

Même si Tout voleur a son jour de chance (swahili), le vol appelle punition: Le bien d’autrui est amer (yaka); Un chien qui vole doit avoir un derrière solide (luyia); Un singe a manqué la branche (chitonga); Le bouc rentre chez lui le pied coupé (bassari); Qui a volé une poule, tôt ou tard mangera les excréments  (bemba).

Comment attraper un voleur? Ce n’est pas si simple: Sur le nez du voleur ne pousse pas l’herbe (éwé); Si tu veux attraper un voleur, envoie un voleur (luo). Le voleur c’est celui qu’on attrape (basuto). Un voleur évadé  de la prison ne se fera pas attraper facilement. Chien qui s’échappe de la chaîne, un sifflement ne le fera pas revenir (peul). Et pour juger un voleur? Le rat a été pris par le boa. C’est une affaire de brousse (kikongo): les voleurs résolvent leurs problèmes entre eux.

Le voleur se moque de Dieu: Croyant que Dieu est loin, le voleur a pris les choses d’autrui (malgache); Dieu n’écoute pas le voleur (masaï). Est-ce qu’il y a un remède au vol? Oui, Celui qui demande n’est pas empoisonné par les champignons (tonga).

Ae