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Pour donner la mort à leurs condamnés à la peine capitale, de nombreux États du monde procèdent avec des méthodes allant des plus simples aux plus sophistiquées: décapitation, lapidation, fusillade, pendaison, poignard, injection, chaise électrique…

 

En 2006, selon les statistiques élaborées par les organisations qui traitent de la peine de mort, ont été exécutées entre 1.591 et 5.000 personnes dans 25 pays du monde, soit une moyenne variant entre

4 et 13 personnes par jour, sans compter les 20.000 autres prisonniers  qui attendaient leur tour dans l’antichambre de la mort. C’est l’Italie qui a présenté la résolution appelant à un moratoire sur les exécutions capitales, parrainée en cela par 87 États, dont la plupart membres de l’Union européenne.

Elle a été adoptée après des débats houleux à l’Assemblée Générale des Nations Unies par 99 voix contre 52 et 33 abstentions. Parmi les opposants les plus marquants, les États-unis d’Amérique, la Chine et la plupart des États musulmans, dont l’Égypte, l’Iran et la Syrie. L’argument utilisé par ces opposants est que l’Union européenne, qui défend le texte, voudrait imposer au monde sa vision de la société. A ce jour, 133 pays du monde sur 192 ont aboli la peine de mort par la loi ou en pratique. Partout où la peine de mort

est appliquée, le risque de mettre à mort des personnes innocentes ne manque pas. Aux États-unis d’Amérique, par exemple, depuis 1973, 123 prisonniers ont été délivrés de la mort après  qu’ait été prouvée leur innocence. Dans chacun de ces cas, des caractéristiques similaires et récurrentes sont ressorties : enquêtes peu précises de la part de la police, assistance légale inadéquate, utilisation des témoins non fiables ou de confessions peu dignes de foi. Le problème de l’exécution potentielle d’un innocent ne se limite pas seulement aux États-unis. En Tanzanie, un homme, condamné à mort en 2000, pour viol et homicide a été relâché en 2006, la Cour d’appel ayant déclaré que sa condamnation se fondait sur des preuves indiciaires discutables. En Jamaïque, un prisonnier a été relâché en juin 2006 après

son acquittement en appel.

 

Moins de 18 ans

Appliquer des peines de mort sur des personnes de moins de 18 ans au moment de la commission

du forfait contraste ouvertement avec ce qui a été établi par le Pacte International sur les Droits civils

et politiques et par la Convention des N.U. sur les Droits du Jeune. Paradoxalement, en juillet 2005, le Soudan approuvait une nouvelle Constitution ad intérim qui permettait la peine de mort pour les moins de 18 ans et, un mois plus tard déjà, on exécuta deux jeunes. L’Arabie Saoudite, en cette même année, détenait 126 jeunes candidats à la mort pour des crimes commis avant l’âge de 18 ans. En 1976,

les États-unis exécutèrent 22 adolescents de moins de 18 ans au moment du délit et le 1er mars 2005,

la Cour Suprême déclarait cette pratique inconstitutionnelle!

 

Cruelle

Les méthodes de donner la mort par les États se différencient d’un pays à l’autre.

En pays musulmans, on recourt souvent au jet des pierres contre le condamné, en application étroite

de la charia. Les pierres ne doivent être ni trop petites, ni trop grosses, car la victime, enterrée jusqu’à

la hauteur du cou, doit entre touchée de nombreuses fois sans perdre connaissance jusqu’à ce que mort s’ensuive. Dans 14 pays à majorité musulmane, 302 exécutions par ce mode ont été effectuées en 2005.

Au Soudan, où l’on utilise aussi la crucifixion, ainsi qu’au  Pakistan et au Koweït, on recourre la plupart du temps à la pendaison, exécutée en public et combinée à des peines supplémentaires comme la flagellation et l’amputation des membres avant la mise à mort. La décapitation comme méthode d’exécution des sentences basées sur la charia est une exclusivité  de l’Arabie Saoudite qui enregistre un nombre d’exécutions parmi les plus élevés du monde. Le record a été établi en 1995 avec 191 exécutions,

soit une moyenne d’une exécution tous les deux jours. Pour des exécutions des condamnations  basée

sur la charia au Pakistan, au Yémen et en Somalie on utilise la fusillade. L’injection mortelle fut introduite aux États-unis dans les États du Texas et d’Oklahoma en 1977. La première exécution eu lieu au Texas

en décembre 1982. Autre invention américaine, la chaise électrique, date de 1888. De puissantes décharges électriques sont transmises à brefs intervalles, dans une intensité variant entre 500 et 2.000 volts. La mort est causée par arrêt cardiaque et par paralysie respiratoire. Conclusion. Parmi les 59 pays qui maintiennent la peine de mort dans la loi ou dans la pratique, on retrouve: 14 pays de l’Amérique,

avec comme tête d’affiche les États-unis; 19 Asiatiques, où trônent la Chine, le Japon et l’Inde; la majorité des États du Moyen-Orient; un seul pays européen, la Biélorussie, ainsi que - triste record - 22 pays africains, dont la R D Congo.

 

P. Maurice Nsambo

Peine capitale