
|
Alors que la canne à sucre depuis des décennies fait rouler les voitures dans certains pays, notamment au Brésil, autre plante attire actuellement l’attention, le Jatropha Curcas (appelé aussi pourghère, pignon d’Inde).
Son fruit est riche en huile. Dans l’Afrique de l’ouest, par exemple, on l’utilise dans la fabrication de savon et de bougies et comme combustible. Cette plante vit jusqu’à 50 ans et produit des graines durant toute sa vie. Elle résiste à la sécheresse et pousse sur des sols assez infertiles. Elle atteint entre trois et cinq mètres de haut, mais elle peut aller jusqu’à huit à dix mètres dans des conditions favorables. Avec toutes les inquiétudes concernant le réchauffement de la planète provoqué par le charbon et le pétrole, c’est maintenant la ruée vers d’autres sources d’énergie respectueuses de l’environnement. Alors que les ressources en pétrole se raréfient, l’homme cherche constamment des produits de substitution. On accorde beaucoup d’attention aux «biocarburants», c’est-à-dire des carburants produits à partir de plantes vivantes. Notamment de la canne à sucre, du maïs, du colza et de la soja. Aussi appelée «Or vert», cette plante retient beaucoup l’attention et fait l’objet d’un grand battage publicitaire. Le Jatropha semble bien être la plante d’avenir en matière de production de biocarburant. Il préfère les températures annuelles moyennes supérieures à 20° mais peut pousser à des altitudes plus élevées et tolère les gelées légères. Les feuilles, les tiges et les baies du jatropha sont toxiques, non comestibles ni pour l’homme ni pour le bétail. Très appréciée est l’huile qu’on peut tirer de ses graines, aux propriétés comparables à celles du diesel. En effet , elle est très bonne pour les lampes et les lanternes parce qu’elle brûle sans émettre de fumée.
Plusieurs expériences de culture intensive sont menées actuellement par les pétroliers et les États, à Madagascar et au Brésil notamment. Certains y voient une réelle perspective de développement pour des pays économiquement fragiles. L’atout principal du Jatropha est en effet de pousser sur des terrains semi-arides dévolus à l’élevage extensif où l’agriculture traditionnelle dédiée à l’alimentation est réduite à son strict minimum. La culture de cette plante n’entre donc pas en concurrence directe avec celle vitale de produits alimentaires. De plus, la culture du Jatropha permet de protéger les sols de l’érosion et de retenir l’eau. Les haies de Jatropha au Mali empêchent non seulement l’accès non désiré des animaux aux champs, mais elles luttent également contre l’érosion par le vent et, si elles sont plantées en lignes parallèles sur des pentes pour fixer des barrages en terre ou faits de cailloux, elles aident à empêcher l’érosion par l’eau. Les racines de la plante se développent tout près de la surface du sol, fixant le sol comme des digues en miniature ou des mottes de terre.
Ces digues ralentissent effectivement le ruissellement des eaux durant les fortes averses, permettant ainsi à l’eau de mieux pénétrer dans le sol et d’augmenter le rendement des récoltes. De culture facile, le Jatropha ne nécessite aucun entretien. Le biodiesel tiré de cette plante est une huile qui contient plus d’oxygène, moins de monoxyde de carbone, présente 30 fois moins de particules qui causent l’asthme chez l’enfant. Ae |
|
Rouler avec Jatropha |