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Interviewée avant de partir en RCA, où elle poursuivra sa formation, Liliane Kahindo Kashwera, 26 ans, originaire de Butembo, partage sa vision de la vie missionnaire

qui l’attend.

 

Quel est le sentiment qui vous anime en ce moment?

Je crois que c’est la joie. La joie d’aller poursuivre ma formation en RCA. C’est une étape importante

de ma vie qui est franchie. Je sais que d’autres étapes m’attendent, des bonnes comme de moins bonnes. Je sais que le Seigneur est partout et n’abandonne personne. Il me guidera et me rendra capable de braver les difficultés. Il me tiendra par la main. La vocation est un appel, n’est-ce pas?

Il faut répondre. J’ai répondu et j’espère que je continuerai de le faire, malgré les difficultés et mes limites.

 

Vous voilà dans la vie religieuse et missionnaire. Comment l’idée a-t-elle germé en vous?

Encore toute petite, une idée vague de devenir religieuse germait en moi. Vers 18 ans, cette idée a pris des contours plus clairs. Principalement au contact des Sœurs que j’ai connues à Butembo.

J’admirais tout ce qu’elles faisaient (animation missionnaire des communautés, apostolat, etc.).

J’ai ainsi beaucoup appris sur la vie du fondateur de leur congrégation, Saint Daniel Comboni.

J’en étais touchée. Son amour pour le prochain, malgré les difficultés rencontrées, m’a confortée

de plus en plus.

 

Mais est-ce qu’il y a eu une motivation plus forte que d’autres, qui vous a poussé à faire

votre choix?

J’étais désireuse de connaître Dieu, surtout à travers la lecture de la Bible. De trouver des réponses

à mes questions sur moi-même et à l’aspiration de faire quelque chose d’utile dans la vie, surtout d’aider ceux que je voyais malheureux. J’ai compris que je pouvais trouver tout cela dans la vie religieuse.

 

Cela n’aura sûrement pas manqué de susciter quelques problèmes dans la famille…

Au contraire, mes parents étaient ravis de me voir déterminée dans l’idée d’embrasser la vie religieuse. Se donner au Seigneur, disaient-ils, c’est une grâce, c’est le meilleur chemin à suivre.

 

Et dans votre entourage?

Il y a eu des pour et des contre. Cela va de soi. On n’était pas contre ma volonté de me consacrer

à Dieu, mais toute séparation pince les cœurs. Ça été très dur pour moi aussi. Mais qu’on le veuille

ou non, il arrive nécessairement un jour où l’on se sépare de tout, de ses parents, de ses amis, de ses biens les plus chers…Parmi les amies qui m’ont encouragée dans cette voie, il y en a eu principalement deux, dont une Combonienne.

 

Qu’estimez-vous de plus important dans la vie missionnaire qui vous attend?

Je suis convaincue que nous ferons de notre mieux pour imiter le Christ. L’amour qu’il a manifesté envers nous, sa manière de vivre avec les hommes, les exclus, les blessés de la société, les pauvres… voilà le chemin que tout missionnaire est appelé à parcourir. S. François Xavier, Mère Thérèse de Calcutta sont des modèles en cela. Avec le temps, j’ai pu comparer la vie de S. Daniel Comboni avec celle de Jésus.

Il a suivi l’exemple  du Seigneur, jusqu’à offrir sa vie pour le salut de ses frères africains. L’un et l’autre étaient missionnaires, alors pourquoi pas moi?

 

De temps à autre, n’éprouvez-vous pas un petit serrement de cœur à l’idée d’une fausse route,

car il n’est pas encore trop tard, étant donné que vous n’avez pas encore prononcé vos vœux?

Je suis bien consciente de ma faiblesse. Mais le Seigneur est là.              

Par la main