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«Il faut vivre comme on pense, sinon on finit par penser comme on vit» nous répétaient nos maîtres, à l’envi, dans notre prime jeunesse, nous mettant en garde contre la sournoise tentation de la médiocrité, l’ennemie jurée de l’émergence vers l’excellence sous toutes ses formes, mais aussi hélas! le lot du commun. «C’est en cela que la vie est un combat» renchérissaient-ils. Le combat de l’émergence! Mais qui en parle donc encore aujourd’hui? L’atmosphère suffoquant, irrespirable de la médiocrité a pénétré partout, poison subtil répandu tout autour de nous, s’insinuant jusqu’en notre âme profonde, grâce à la complicité particulièrement perverse de la ‘’non-culture médiatique’’ de tout un chacun confronté à l’envahissement omniprésent de l’audiovisuel: la télé et la radio sont devenues au-delà de nous, en dépit de nos préventions, nos nouveaux maîtres à penser.
La médiocrité qui y est déclamée et étalée au quotidien finit par nous persuader que c’est là qu’est la ligne de conduite admise, la référence pour la société et les individus qui la composent : tout le monde raisonne comme tout le monde: «Parce que tout le monde le fait ou le dit, donc c’est bien! Alors pourquoi pas moi»? «Mais quoi, la Radio Tilapia l’a confirmé ce matin! Pourquoi tu discutes? Déjà hier soir le JT de 20 heures de Télé-Choc l’avait annoncé! Tu ne suis donc pas les infos, toi»?!? Argument contre lequel rien n’est opposable: son autorité ne supporte aucune critique ni contradiction, car «si ce n’était pas vrai, On ne l’aurait pas dit à la radio ni montré à la télévision! Et d’ailleurs dans sa parution d’aujourd’hui le célèbre journal ‘’Rien-à-cacher’’ en donne d’amples détails…» Amen! Participent-elles à la formation et à l’éducation de notre peuple les radios qui diffusent de la musique de danse à longueur de jours et les radios «politiques» qui toujours sur la défensive distillent le mensonge en boucle sans jamais instruire les auditeurs? Ensuite le top des tops de la médiocrité les chaînes de télévision qui aguichent les clients à l’esprit culturellement paresseux et au mental débile avec la crasse des danses à contorsions multiples exécutées par des nymphes dénudées (les studios «religieux» y échappent à peine…, audimat oblige!) et des pièces de théâtre que le populo adore: il s’y retrouve et s’y délecte, jusque dans leurs ghettos en Europe. L’on rit mais aucun changement de comportements n’est visible: la vie est cette comédie permanente, du théâtre où l’on empoisonne, l’on arnaque, vole, pille et fornique jusqu’à l’inceste. Et les journaux donc, verbeux à souhait, dont sont si friands ces badauds de «parlementaires-debout»!
C omme si tous nous avons délégué à la gent médiatique le soin de penser pour nous et de nous dicter réactions et comportements. A peine commençons-nous à mesurer les dégâts, que l’Internet et les portables GSM viennent nous enfoncer davantage dans cette mare communicationnelle où nous sombrons: on ne peut plus vivre sans ces petits machins qui nous ruinent et le porte-monnaie et le mental. Pour faire court: une mère de famille entre à l’école de son petit garçon pour répondre à une convocation du préfet. S’approchant d’un petit îlot d’enfants dont son fils, elle remarque que l’un de ces gamins de 12-13 ans avait «downloaded» (téléchargé) de l’Internet sur son Gsm sophistiqué (cadeau de papa) des plein séquences pornos «hard». La maman en éprouva du vertige, n’en croyant pas ses yeux, tandis que ces petits vicieux, le souffle court, en bavaient, haletant et gloussant d’un plaisir inédit, inespéré, mais dans leur chef ‘’autorisé’’, «puisque l’Internet de papa vous en fournit à gogo »… Le préfet informé – preuve à l’appui - eut un sourire stupide ; la pauvre maman manqua de s’étouffer de rage : « Nous vous confions nos enfants pour qu’ils soient éduqués correctement selon les normes de notre foi et notre morale catholiques, et vous, vous ignorez totalement ce que font vos élèves en récréation? » C’est notre monde, celui de la communication ‘toile d’araignée’ (web), digitale, analogique, toujours plus omniprésente et avec un potentiel de persuasion beaucoup plus fort que celui de la famille ou de l’école. |
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Nos nouveaux maîtres à penser! |