Zone de Texte: Home page - Qui est Afriquespoir - Comment avoir Afriquespoir 
Zone de Texte:   Numéros on line

C’est à partir des années ’90 qu’on a pris vraiment conscience d’une réalité presque toujours cachée mais bien présente dans le milieu estudiantin: des cas de grossesses non désirées et d’avortements. Et à chaque fois, c’était un drame.

En effet, dans beaucoup de cas, lorsqu’une jeune fille non mariée devient enceinte, c’est d’abord la honte pour la famille. Qui s’empresse à la déposer dans la famille du garçon. Les étudiantes craignent cette punition. Le copain étudiant auteur de la grossesse, sans logement fixe et sans moyens financiers, abandonne la fille, parfois après la menace:

«Ou bien tu avortes, ou bien je t’abandonne». Pour la fille, c’est la détresse. A cela s’ajoutent les soins prénatals, les soins de santé et l’accouchement proprement dit. En plus, cette histoire inattendue perturbe les études.

 

Des conseils, de l’aide, tout cela n’est toujours pas suffisant. Un endroit d’accueil s’avérait nécessaire pour ces jeunes filles enceintes en précarité sociale et affective. Voilà naître, grâce à l’initiative de Mgr. Plevoets, l’Œuvre Gabriella, assisté par une équipe de prêtres, religieuses, médecins, couples mariés, célibataires engagés.

En octobre 1994, on achète une maison près du Campus universitaire de Kinshasa. Au quatre chambres à coucher des débuts, d’autres s’ajouteront pour répondre à une demande toujours croissante.

Pendant ce temps, l’organisation a assisté 430 étudiantes enceintes. Par assistance, il faut entendre les soins prénatals, la layette, les frais d’accouchement, les frais de santé après la naissance, les frais médicaux et les frais d’études, etc. Et tout en veillant afin que l’étudiante, devenue jeune maman, puisse continuer ses études. Sans oublier l’accompagnement spirituel, qui peut jouer un rôle très important. Au cours des derniers trois ans, 32 filles ont obtenu leur diplôme de fin d’études universitaires.

 

• Les premiers contacts sont sans doute les plus délicats…

Oui ! Bien qu’accueillie ici, se pose toujours la question de l’intégration de la fille dans sa propre famille. D’abord, la fille doit aller s’expliquer et demander pardon auprès de ses parents. Moi-même, avant l’accueil de la fille, je descends sur le terrain pour vérifier chez qui elle vit, si chez ses propres parents ou chez des tantes ou oncles ou un membre lointain de la famille. Je reçois des réponses diverses. Pour les uns, «qu’elle aille se marier», pour d’autres «qu’elle aille se débrouiller». L’Oeuvre intervient suivant les cas, jusqu’à venir en aide pour la poursuite des études. Il y a également des familles qui, la colère apaisée, accueillent leur fille après l’accouchement et continuent à la supporter si elles sont en condition de le faire.

Mais si les parents restent catégoriques, nous n’abandonnons pas la fille. Après tout, étant donné que ce n’est pas toujours l’auteur de la grossesse qui marie la fille, nous continuons à la supporter jusqu’à l’obtention de son diplôme. C’est déjà une garantie. Si elle trouve de l’emploi, elle est alors capable de nourrir son enfant.

 

• Est-ce que vous-vous occupez de tous les cas qui se présentent ?

La capacité de l’Oeuvre est limitée, on n’a pas la possibilité d’accueillir toutes les filles !

D’ailleurs, par rapport au passé, on peut dire qu’il y a une évolution. Les campagnes anti-sida encourageant des précautions, le mouvement des étudiants chrétiens, la publicité faite aux méthodes de contraception, peuvent expliquer cela tant soit peu. Mais les cas d’avortements n’ont pas cessé. Il y a encore beaucoup d’étudiantes qui sont sous informées ou mal renseignées.

On se rend compte que les filles n’ont pas l’habitude de lire les affiches présentant des mises en garde ou invitant à des rencontres organisées par la paroisse ou par d’autres groupes sur ces thèmes!

 

• Et même une certaine naïveté…

Effectivement! Parfois les filles sont mal conseillées ou elles restent bloquées par la honte d’avoir conçu hors mariage. La liberté dans les établissements universitaires est grande et le désordre sexuel peut être encouragé par la promiscuité. Surtout là où le nombre d’étudiants dépasse les capacités d’accueil de l’université.

 

• Rencontrez-vous plus de cas chez les filles de Kinshasa ou celles qui viennent de l’intérieur?

Il n’y a pas de différences remarquables. Parfois on serait tenté de répertorier les ,cas par facultés, mais cela ne change pas les choses. Naturellement avec les filles qui viennent d’ailleurs, les difficultés de contact avec leur famille d’origine sont plus nombreuses.

 

• Y a-t-il aussi d’autres institutions du genre de la vôtre ?

Pas à ma connaissance, du moins, dans les alentours de l’UNIKIN. Il y a certes des Maisons qui font comme nous, mais au niveau proprement des étudiantes universitaires, je ne vois que la nôtre. Je crois que nous devons considérer très positif le bilan de notre activité. L’année passée, 10 filles ont eu leur diplôme de licence ou de graduat ; en 2006 il y en a eu 14, et en 2005, 10.

Ae

Œuvre Gabriella