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Les Sœurs de la Doctrine Chrétienne célèbrent cette année, le 60è anniversaire de leur présence en RDC. Les cinq premières s’installèrent à Lowa, un petit poste de la province orientale.
- Un anniversaire chargé sans doute de bien des souvenirs! Tout à fait ! Un vaste champ de mission attendait le premier groupe de pionnières, principalement parmi les femmes et les filles de la contrée, avec la création des classes pour filles, un internat, un orphelinat, un foyer, une maternité, un hôpital, une léproserie, sans oublier, bien sûr, la catéchèse et même un groupe des guides scoutes. Puisque la moisson était toujours grande et les travailleurs peu nombreux, six ans plus tard, un autre groupe de missionnaires de la Doctrine Chrétienne est arrivé. Elles s’installèrent à Ponthierville (Ubundu) et en collaboration avec les Sœurs de la Congrégation de la Sainte Famille qui se trouvaient déjà sur place, elles se lancèrent dans les mêmes activités. Ainsi, progressivement, les portes des écoles secondaires commencèrent à s’ouvrir au bénéfice de la fille congolaise, jusque là apanage exclusif des garçons. En 1958, on ouvrit une autre communauté à Lubutu. Et en 1967 à Punia.
- C’étaient les années qui préparaient l’indépendance ? Nos communautés, au Congo, comptaient vers la fin des années 50 une vingtaine de membres, d’origine belge, luxembourgeoise et française. Des heures difficiles les attendaient. Elles ont enduré et bravé des épreuves très pénibles et 7 parmi elles ont rendu leur témoignage de fidélité par le martyre. Penser à cette époque aujourd’hui, c’est reconnaître en nos aînées leur profond attachement à la mission.
- Quand et où exactement, ce martyre a-t-il eu lieu ? Arrêtées le 14 novembre 1964, sept de nos consœurs de Ponthierville furent transférées à Stanleyville (Kisangani). La ville était sous le contrôle de l’Armée Populaire, qui se rendra responsable du massacre de l’élite de la ville (environ 2500 individus, parmi lesquels un grand nombre de catholiques en vue). Beaucoup de victimes furent mises à mort devant le monument de Lumumba. Nos Sœurs, après avoir subi des violences ignobles, furent exécutées le 25 novembre avec 9 autres religieuses, 17 Pères et 3 Frères. Leurs corps furent enterrés dans le cimetière de la Makiso, à Kisangani.
- Cela n’a pas découragé la mission de la Congrégation ? Bien au contraire! On doit dire, vraiment, que le sang qui a coulé ces jours-là est devenu une source de grâces. Vous voulez une preuve palpable? Nous sommes là ! La petite graine tombée en terre a porté des fruits. En 1991, on a accueilli les premières candidates africaines désireuses d’entrer dans notre Famille religieuse. En 1999, cinquante ans après la première fondation au Congo, c’est l’ouverture de la Communauté à Bumba, dans la province de l’Equateur, où nos Sœurs prennent en charge l’hôpital de la paroisse N.D. ainsi que l’enseignement primaire et secondaire et la formation des jeunes filles et mamans. Aujourd’hui, nous avons quatre communautés au Congo, avec 21 Sœurs, dont 16 Congolaises. Trois autres Congolaises sont en mission en Côte d’Ivoire et en Algérie.
- Qu’avez-vous comme projets d’avenir ? Dans un court terme, nous pensons perfectionner nos deux écoles maternelles de Kabondo et de Bumba et envisageons, à long terme, l’ouverture de deux autres communautés dans le diocèse de Kisangani. Ae |
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La fidélité |