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«La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Eglise» est l’objet, ce mois d’octobre 2008, de la XII Assemblée générale ordinaire du Synode des Evêques. L’enjeu ? Un peu plus de quarante ans après Vatican II, l’Eglise catholique veut tirer le bilan d’une impulsion encourageant l’accès direct de tous les fidèles aux textes de la Bible.
Le résultat est nettement « positif », souligne l’instrumentum laboris, document préparatoire de 84 pages, publié le mois de Mai après une consultation mondiale sur le thème. Il parle d’une «bonne saison pour les fruits» que sont l’explosion des groupes bibliques. Le développement de la lectio divine, cette forme de prière biblique accessible à tous, sans oublier la diffusion même de la Bible dont les éditions en toutes langues se multiplient. Comme jamais, se réjouit le document, la lecture de «la parole de Dieu s’est intensifiée» dans l’Eglise catholique. Mais - et c’est sans doute l’un des enjeux majeurs pour le Synode - la libéralisation de l’accès à la Bible pose directement la question de son interprétation. D’une côté, l’Eglise veut favoriser la lecture des textes, alors que «trop de fidèles hésitent à ouvrir la Bible», mais de l’autre, il importe de « dépasser une interprétation subjective et ferme de Ecritures». Car, insiste le document, «c’est au Magistère - qui n’est pas supérieur à la Parole de Dieu - qu’il revient d’interpréter authentiquement la Parole de Dieu. » Le danger est, pour ce qui concerne le rapport individuel aux Ecritures, « une lecture superficielle de la Bible». Une telle pratique est jugée « insuffisante », car souvent l’enthousiasme de la découverte se dissout progressivement, et «le sens spirituel n’est pas à confondre avec les interprétations subjectives». Bien sûr, reconnaît le texte, il faut « respecter le besoin intérieur qui fait avancer la communauté pour rencontrer la parole de Dieu, mais il faudra aussi être attentif à contrôler cette sensibilité qui exalte la spontanéité, l’expérience étroitement subjective et la soif de prodigieux». Plus important sans doute est l’enjeu communautaire d’une telle lecture. Ce souci revient à plusieurs reprises dans l’instrumentum laboris. «Il existe aussi le risque d’une interprétation arbitraire et réductrice, dû surtout au fondamentalisme, qui se réfugie dans le littéralisme et refuse de tenir compte de la dimension historique de la révélation biblique.» Une pratique qui existe aussi dans les rangs des catholiques, reconnaît le document. La forme extrême de ce type de tendance est la ‘secte’. Conclusion: «L’intention du magistère n’est pas de limiter la lecture personnelle des Ecritures. Au contraire, il offre un cadre sûr de référence ou la recherche peut s’exercer. »
Un but pastoral et missionnaire La recherche, justement, est très sollicitée: celle des théologiens, en l’occurrence, qui ont la mission d’aider les pasteurs pour que «la lecture de la Bible ne soit pas compliquée.» De même, des efforts sont requis pour que la formation et la catéchèse, travaillent davantage pour rendre accessibles ces texte sacrés, «cum Ecclésia» insiste toujours, comme un leitmotiv, l’instrumentum laboris. Les réponses à cette enquête mondiale, que les pères synodaux examinent, fournissent d’ailleurs une foule d’idées pratiques, comme le recours aux nouveaux médias ou la création d’écoles de «lecture», pour rendre plus audibles les lecteurs au cours de la liturgie de la messe. Mais l’axe majeur du document qui traite aussi de l’enjeu œcuménique et interreligieux des textes sacrés, reste un «but éminemment pastoral et missionnaire», à savoir «étendre et renforcer la pratique de la rencontre avec la Parole de Dieu comme source de vie». Ou, selon cette belle expression : «Il devient essentiel de considérer les Saintes Ecritures comme un aliment vital», des individus et des communautés.
Un regain de popularité La Bible reste un best-seller. En France : 250 000 exemplaires, sous divers ses présentations, en sont vendus chaque année, et presque le double pour toute la Francophonie. C’est mieux qu’un grand prix littéraire! «Le Livre» suscite un foisonnement d’initiatives : découverte personnelle, groupes bibliques variés, ouvrages d’introduction ou de commentaires, distributions publiques ici ou là, sites Internet. L’étude de la Bible n’est plus affaire de spécialistes ou de pratiquants convaincus, mais un phénomène tout public. Le 8 décembre prochain, pour le 150e anniversaire de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, fera distribuer dans sa ville 500 000 exemplaires du Nouveau Testament et des Psaumes. Dans un court feuillet d’introduction, Mgr Barbarin explique : «A travers ce Livre saint, vous rencontrerez Celui que peut-être vous cherchez plus ou moins confusément.» «Cet intérêt personnel pour la Bible comme document va de pair avec un regard critique sur les Eglises, explique le père Michel Quesnel, recteur des facultés catholiques de Lyon. Les sermons dominicaux paraissent souvent n’être que de fades paraphrases ou des écrans obscurs. L’auditeur veut capter un trésor en cherchant à lire le texte biblique lui-même, et non son commentaire. Il s’attend à ce que Dieu parle directement à son cœur ou à son esprit.» En Italie. D’une recherche parrainée par la Fédération biblique catholique dans neuf pays, les 75% des Italiens ont une copie de la Bible, mais seulement 27% en ont lu au moins un morceau au cours des 12 derniers mois. Le chemin à parcourir semble donc encore long et difficile. Il faut savoir que si la Bible est le livre le plus vendu dans le monde, hélas, il n’est lu qu’au tiers de sa capacité. Les promoteurs de la recherche soulignent que dans de trop nombreux cours de religion et même dans de nombreuses homélies, la Bible est le grand absent, souvent remplacé par des choses socio-politiques, des analyses et des réflexions superficielles. La Parole de Dieu n’est plus au centre; elle devient un prétexte pour faire passer d’autres messages. Le Cardinal Carlo Maria Martini remarque: «La Bible est le grand livre pour l’avenir de l’Europe, et non seulement pour les Eglises chrétiennes européennes, parce qu’elle est en mesure d’assurer le fondement d’un dialogue interreligieux sincère et profond.» Mais les Écritures sont un livre «ouvert» aussi au-delà des frontières des différentes confessions, un don que les chrétiens «doivent partager avec tous les hommes et les femmes qui sont à la recherche de raisons de vivre.»
Où est-ce qu’on lit davantage la Bible?
«Aux Etats-Unis: 75% des Américains ont lu au moins un morceau au cours des dernières années. Surprise: les Russes l’aiment beaucoup. En Afrique la Bible, ce tout premier livre à être imprimé, en 1456, par Gutenberg, détient aussi, avec plus de 20 millions d’exemplaires par an, le record de la vente et de la traduction au monde, en entier ou en parties, soit en 2212 langues.
Traduction de la Bible
La Bible, ou le plus souvent une partie seulement, n’existe que dans environ 2.420 langues. Lors de sa conférence internationale en 1999, Wycliffe International avait adopté «l’objectif 2025: une traduction en cours dans toutes les langues qui en sont privées». Depuis 1999, 539 nouveaux programmes ont vu le jour ; c’est du jamais vu dans l’histoire de l’Eglise !
Bible TOB
Œuvre d’un groupe de spécialistes protestants, catholiques et orthodoxes, la première édition de la Traduction œcuménique de la Bible (TOB) date de 1972 pour le Nouveau Testament et de 1975 pour l’Ancien Testament. La dernière révision de 1988 a beaucoup insisté sur l’harmonisation du vocabulaire. C’est ainsi qu’elle cumule les avantages d’un vrai travail d’équipe et un grand souci d’homogénéité et de rigueur. Un des grands intérêts de cette Bible est qu’elle sert de référence commune à tous les chrétiens et donc qu’elle fait mentir le vieil adage selon lequel «la Bible fermée les réunit, a Bible ouverte les divise». Par respect pour la culture juive, on notera aussi le remplacement systématique de «Yahvé», terme sacré que les Juifs ne prononcent pas, par Adonaï, le «Seigneur».
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La Bible: est-ce qu’on la connaît? |
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Kibwila: L’Afrique de l’espoir |
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