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Un cadeau empoisonné |
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Les équipements électriques et électroniques rendent bien des services et des distractions. Mais leur vie est toujours plus courte et une partie de ces déchets ‘technologiques’ atterrit dans les pays ‘pauvres’, comme ‘aide’ au développement. Certains pays sont en train de devenir des dépotoirs des appareils usés.
Dans tout le monde développé s’accumule une grande quantité de déchets technologiques. Beaucoup d’appareils et d’équipements électriques et électroniques ont une durée de vie de plus en plus courte, vite dépassés par les appareils de la nouvelle génération qu’on lance sur le marché. En Europe, chaque consommateur produit annuellement, en moyenne, 17 kilos de déchets d’équipements électriques et électroniques, ce qui fait un total de 7-10 millions de tonnes par an. Cela constitue un énorme gaspillage de ressources et, en plus, représente un grave danger pour l’environnement. Les appareils domestiques et les équipements électroniques qui contiennent des métaux lourds et des polluants organiques toxiques, finissent dans des décharges, dans des dépotoirs ou dans des structures d’élimination ou de démantèlement où il n’y aucune sorte de précaution. En 2002, le Parlement Européen approuva des directives pour s’attaquer au problème croissant de déchets des équipements technologiques, notamment pour assurer que les producteurs prennent en charge les coûts de la gestion des déchets de leurs propres produits. Cela signifie que les consommateurs pourront livrer les équipements anciens, sans des coûts supplémentaires dans les centres de collecte. Les producteurs devront supporter les coûts d’entretien des centres de collecte, ainsi que les coûts du recyclage.
Des ordures Les États membres doivent maintenant assurer une taxe minimale pour une collecte sélective de quatre kilos par habitant et par an de déchets électriques et électroniques des privés. Il faut ajouter à cela un nouvel objectif avant la fin de 2008, selon lequel les consommateurs doivent également se faire charge d’une partie des produits qu’ils achètent: il est interdit de jeter les équipements électriques et électroniques avec les déchets ordinaires. Aux États-Unis, à peine 20% des 3,5 millions de tonnes par an de l’équipement technologique obsolète sont recyclés ou incinérés. Le reste est envoyé vers les pays en voie développement et cela de créer des problèmes pour l’environnement, car près de 75% de ces appareils sont endommagés et ne peuvent être réparés. Le rapport «The Digital Dump», élaboré par l’Ong écologique BAN (Basel Action Network), dénonce que les équipements électriques et électroniques inutiles sont donnés ou vendus par les États-Unis comme un moyen de réduire les coûts de recyclage. L’étude, menée au Nigeria, révèle qu’au port de Lagos arrivent 500 conteneurs chaque mois, avec près de 800 équipements électriques et électroniques dans chacun d’eux. Des appareils qui, pour la plupart, ne fonctionnent plus et ne peuvent être utilisés. La BAN constate qu’actuellement dans ce pays d’Afrique de l’Est, il n’y a pas d’infrastructures pour le recyclage des déchets électroniques. Le matériel informatique est accumulé dans des décharges et les produits toxiques contaminent les sols et les eaux souterraines. «Les Nigérians affirment que près de 75% de ce qu’ils reçoivent, ce sont des ordures qu’on ne peut pas récupérer », affirme Jim Puckett, coordinateur de la BAN.
Un problème majeur Aux Etats-Unis, le Conseil de Sécurité nationale a déclaré que plus de 63 millions d’ordinateurs sont devenus obsolètes en 2005. Un écran d’ordinateur peut contenir 3,5 kilos de plomb et en plus du cadmium, un minéral très dangereux pour l’environnement et les humains. En 2002, la BAN avait été co-auteur d’un rapport affirmant qu’entre 50 et 80% des équipements électroniques collectés pour le recyclage aux États-Unis sont transférés dans des conditions irrégulières et insalubres en Chine, Inde, Pakistan, Mexique et dans d’autres pays en voie de développement. A Abidjan sont arrivés en août 2006, à bord d’un navire russe, le Probo Koala, battant pavillon panaméen, exploité par une compagnie grecque et affrété par la société hollandaise Trafigura Beheer, et on apparemment été déversés dans des quartiers résidentiels par un entrepreneur local, des déchets contenant du sulfure d’hydrogène, une substance qui peut être mortelle. 16 décès ont été imputés aux déchets trouvés sur sept sites, notamment dans des zones densément peuplées et selon le responsable du service médical d’urgence ivoirien, plus de 100 000 personnes se sont présentées dans les hôpitaux et les cliniques pour être examinées. Deux millions d’engins, plus de 120.000 mines antipersonnel ainsi que 2 000 tonnes de matériel explosif détruits : tel est le bilan fourni, sur près de 10 ans d’activités en Angola, par Joao Baptista Kussumua, coordinateur de la Commission nationale de déminage. Sur plus de 2 millions d’engins explosifs détruits ou désamorcés jusqu’à ce jour, 120.308 étaient des mines antipersonnel et 13.983 des mines antichars. Ces dernières années, plus de 81.000 kilomètres de routes ont été débarrassés des mines, permettant la sécurité de la circulation des personnes et des véhicules. Le programme emploie 4000 hommes et 21 brigades des forces armées angolaises (Faa). Selon les estimations de l’Onu, l’Angola est un des pays comportant le plus grand nombre de mines au monde qui auraient provoqué dans le pays, en 27 ans de guerre civile terminée en 2002, la mort de 80.000 personnes au moins. Souvent, les matériaux non-métalliques qui les composent depuis une vingtaine d’années empêchent leur détection et il est souvent difficile, voire impossible, de connaître leur emplacement exact. Elles sont aussi appelées ‘sentinelles éternelles’ et longtemps après la fin des hostilités, elles continueront de blesser et de tuer. Il existe plus de 360 modèles de mines, mais leur caractéristique commune est d’être activées involontairement par la victime, frappant indistinctement combattants et civils, enfants, adultes, bétail ou animaux sauvages. En moyenne, neutraliser une mine prend 100 fois plus de temps que la poser et le coût du déminage est 100 fois plus élevé que celui de la mine.
Le problème du recyclage Jim Puckett a écrit que la BAN a identifié 30 entreprises de recyclage dans les États-Unis qui se sont accordées de ne pas exporter des déchets électroniques vers les pays en développement. «Nous cherchons que ces équipements soient examinés avant d’être expédiés et que cela devienne une pratique courante» dit-il. Les pays en voie de développement qui reçoivent des déchets technologiques voient s’aggraver leurs conditions environnementales. Les métaux contenus dans les piles et batteries (plomb, cadmium et mercure) contaminent les sols, les lacs et les rivières, les aliments et causent la perte de l’odorat, de l’ouïe, de la vision et l’amincissement des os. Un ordinateur est principalement composé de matériaux plastiques (40%) et de métaux (37%). Le recyclage des produits de la technologie moderne est donc un problème majeur. D’une manière ou d’une autre, il concerne désormais tous les habitants de la planète.
Carlos Reis, M.N.
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Kibwila: L’Afrique de l’espoir |
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