Entretien avec des missionnaires comboniennes

 

Sr Benjamine Kimala Nanga

Tchadienne, de la Région d’Ouaddaï, Chef-lieu d’Abéché, diocèse de Sarh. Mon pays compte environ une moitié de musulmans et une moitié de chrétiens et d’animistes. Un ensemble apparemment équilibré. Après tout, le Tchad est un pays laïc mais la vie politique est très influencée par l’Islam. En effet, il est situé au centre d’une région particulièrement troublée. Il est le lieu d’un rapport de forces entre la poussée de l’islam maghrébin et les résistances de l’Afrique équatoriale. La situation interconfessionnelle est donc complexe et contrastée. Selon les points de vue adoptés, on peut tour à tour mettre en évidence les lieux de convivialité ou les secteurs d’affrontement.

 

Ma vocation ?

La première fois que j’ai dit «J’aimerais devenir religieuse », mon père répliqua : «Tu es encore très petite et tu prétends devenir religieuse ? Où est-ce que tu as vu les Sœurs ? Certainement pas dans notre village, où il n’y a que des musulmans, et notre petite chapelle pour la célébration du dimanche » !

 

Quelle a été la réaction des gens?

Après les études secondaires, j’ai quitté le Nord du pays pour le Sud, où j’ai connu les Sœurs Missionnaires Comboniennes. Je leur ai écrit. Au commencement les gens du village ne comprirent pas ma décision. Ils essayèrent même de décourager mes parents : j’étais l’unique fille et la dernière - disaient-ils - et cela rendait encore plus incompréhensible mon choix. 

 

On peut dire que finalement tu as réalisé ton rêve ?

Entre ce premier appel et mon premier engagement, il s’est écoulé du temps.

Temps de réflexion, de découverte de la vie religieuse et des premières expériences d’engagement.

Temps de doutes et de désirs de changer de chemin, de  provocations par les copains et copines d’études. Tout cela, je ne pouvais pas le vivre seule. Je me suis faite aider par des personnes compétentes et j’ai pris le temps nécessaire. Au terme du noviciat, j’ai été admise à prononcer les premiers vœux le 16 juillet 2008. J’irai en Espagne. C’est ainsi que je touche du doigt  la grâce et la richesse de l’envoi en mission.

 

Sr Florence Gado Djoua

L’idée de devenir religieuse et missionnaire a commencé à grandir en moi lorsque j’avais 19 ans. J’ai eu des doutes, des hésitations, des luttes. Après tout, je n’arrivais pas à passer mon Bac, qui chez nous,  au Togo, c‘est très difficile. Après avoir connu les Missionnaires Comboniennes, je me suis engagée davantage dans mes études et j’ai réussi mon Bac en 2003. En cheminant avec les Sœurs, petit à petit j’ai eu la certitude d’un appel missionnaire. Je ressentis une profonde paix intérieure.

Je suis rentrée au postulat à Bangui, en RCA.. Je n’ai jamais regretté cette décision. Dieu a été patient avec moi. Il faut du temps pour préparer une missionnaire! En 2006 j’arrivais à Kinshasa, en RD Congo, pour faire le noviciat. J’étais jeune, enthousiaste. J’ai commencé ma formation et en même temps je me donnais à l’apostolat auprès des jeunes, des enfants de la pédiatrie de Kibondo et dans une Communauté de base. J’ai eu la joie d’aller à Mungbere, dans la province Orientale, où j’ai vécu la mission avec mes sœurs dans plusieurs secteurs d’évangélisation: les pygmées, les jeunes, l’école, les malades. Je découvrais un pays merveilleux, ses valeurs et sa culture. J’étais émerveillée de la foi des gens. En voyant comment ils vivaient c’était moi qui étais évangélisée! Ils marchent des kilomètres chaque dimanche pour aller prier dans les chapelles. Des célébrations joyeuses et pleines de vie soit au centre qu’en brousse. Le 16 juillet 2008, c’était le jour le plus heureux de ma vie : j’ai fait ma profession religieuse. Je suis heureuse. Ma mission? Londres ! »

 

Sr Sidonie Mabunga Nsaya

Originaire de Kinshasa. « Durant mon enfance et mon adolescence, le désir d’entrer dans la vie religieuse avait frappé mon imagination. Cependant le monde semblait attrayant et mes rêves pour l’avenir se dirigeaient vers d’autres horizons.

C’est dans le groupe de recherche de ma paroisse que l’idée de devenir religieuse se consolida. J’ai eu la chance de connaître les Missionnaires Comboniennes. Après des années de formation et discernement, j’ai commencé le noviciat, en septembre 2006. J’ai fait aussi mes expériences apostoliques de trois mois à Isiro, au nord du Congo. Travailler de près avec les pauvres et les défavorisés, m’a aidé à approfondir la valeur de la mission et l’appel à être un témoin du Christ dans la société d’aujourd’hui.

Mon entrée chez les Sœurs Missionnaires Comboniennes a été un défi et une expérience enrichissante. Le 16 juillet 2008 j’ai fait ma profession religieuse. Je suis confiante que Dieu qui m’a conduit tout au long de ce chemin, réalisera mon rêve de servir mes frères et sœurs dans la mission où j’irai : le Brésil.

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