Parmi les sujets présentés dans ce numéro d’Afriquespoir (Mondialisation, Crise alimentaire, Synode sur la Bible, Année Paulinienne, Journée mondiale de la Mission...), celui de la faim est sans doute un thème de grande actualité. Les prix de la farine, du riz, du lait ne font que monter. De Haïti au Sénégal, ou au Kenya, les tensions liées à la hausse des prix des produits alimentaires révèlent une crise d’ampleur planétaire. La tonne de riz thaïlandais qui était de 300 dollars au début 2007 se vend actuellement à 1.000 dollars.

Ça a l’air d’être un jeu développé dans le but de gagner de l’argent. Dans ses livres ‘La faim dans le monde expliquée à mon fils’ et ‘L’empire de la honte’, Jean Ziegler,  professeur de sociologie à l’université de Genève, a écrit que «notre planète possède suffisamment de ressources pour nourrir 12 milliards d’individus, or nous ne sommes qu’un peu plus de 6 milliards. L’agriculture produit suffisamment pour que chaque personne vivant sur la terre puisse s’alimenter. Sur terre existe une surabondance de nourriture, pourtant près de 830 millions d’individus sont sous-alimentés. Alors que certaines grandes entreprises font de plus en plus des bénéfices, les cultivateurs de café, de coton ou de céréales voient le prix de leurs ventes dégringoler.

 

Pourquoi donc la famine, la misère? Une crise qui préoccupe tout le monde, mais quand il s’agit de l’Afrique, les questions foisonnent : cette crise alimentaire est-elle réellement due au climat, à l’inclémence du ciel, aux sauterelles, au nombre insuffisant de houes? N’est-elle pas, avant tout, le fait des hommes,  le fruit  de mauvaises politiques, d’un manque d’organisation ? L’Ethiopie, si elle ne s’était pas épuisée dans une guerre meurtrière contre sa voisine érythréenne, entre 1998 et 2000, aurait sans doute aujourd’hui plus de moyens pour faire face à la sécheresse. Que de digues auraient pu être construites avec l’argent des centaines de milliers d’obus fratricides tirés sur sa frontière!

Quant au Zimbabwe de Robert Mugabe, vingt-deux ans après avoir incarné l’espoir d’un avenir prospère de l’Afrique, dans l’harmonie entre Noirs et Blancs, la moitié de sa population risque de mourir de faim. La réforme agraire «accélérée», imposée coûte que coûte par le chef de l’Etat, pèse lourd dans la balance des gens ordinaires: la production vivrière a chuté de moitié, les cultures de rente, ruinées, ne rapportent plus les devises nécessaires pour acheter du grain à l’étranger… Je ne comprends pas que dans nos écoles, les enseignants n’expliquent pas les mécanismes de la faim. Je suis enseignant et moi non plus je ne comprends pas... Car ce sera bien eux, nos enfants, qui seront confrontés à ces problèmes. Ne nous contentons pas uniquement de les former au monde tel qu’il est, mais donnons-leur les outils pour construire le monde de demain ».

 

Un deuxième sujet abordé dans ce numéro d’Afriquespoir concerne la mondialisation, qui engendre de la richesse et ouvre des perspectives illimitées. Mais aussi des conflits infinis. Les guerres se mondialisent par le commerce mondial des armes. Un rapport des NU affirme que dans les mains des habitants de la RDC se trouveraient plusieurs centaines de milliers de kalachnikov, une arme qui sans aucun doute n’est pas fabriquée dans les petits villages de l’intérieur de notre pays.

 

Dans son message pour la Journée mondiale des Missions (19 octobre), le Pape écrit : «Voyons de plus près la situation du monde d’aujourd’hui. Si, d’une part, le panorama international présente des perspectives de développement économique et social prometteur, de l’autre, il offre à notre attention de fortes préoccupations en ce qui concerne l’avenir même de l’homme.

La violence, dans de nombreux cas, caractérise les relations entre les individus et les peuples; la pauvreté opprime des millions d’habitants; les discriminations et, parfois même, les persécutions pour motifs raciaux, culturels et religieux poussent beaucoup de gens à fuir leurs pays pour chercher ailleurs refuge et protection…»

Un monde assoiffé d’amour, dont tout chrétien devrait être un témoin pour « faire grandir dans la famille humaine l’harmonie, la justice, la communion entre les personnes, les races et les peuples, auxquelles tous aspirent ».

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