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Un appel de Kinshasa : un jeune et brillant médecin congolais m’informe sur la grève des médecins: «La crise est mondiale, nous disent les autorités politiques, ne nous plaignons donc pas de la situation chez nous !» J’ai bondi de mon fauteuil, en élevant le ton, l’indignation m’étouffant : « Mais notre pays, ce ‘scandale géologique’, n’est même pas géré au top : il s’étiole, le mal-aimé, alors que tant d’autres peuples viennent ‘soulager’ leurs maux à eux avec nos sol et sous-sol. Politiquement incapables - faute d’éthique politique et de ses instances de contrôle - de mettre en route les mécanismes ‘know-how’ de gestion efficace de nos richesses bradées par nous-mêmes, sans amour ni soucis pour la patrie, nous les laissons piller par des puissances extérieures connues, au vu et au su du monde entier. La ‘ mondialisation économique’ est-elle un prétexte fumeux pour nos dirigeants pas bêtes du tout mais hyper égoïstes et nos peuples incultes, pour nous laisser faire et nous laisser aller? Nous ne la faisons pas, cette ‘mondialisation’, nous la subissons. Passivité déplorable, alors que nous aurions pu nous hisser au-dessus du lot universel et devenir des pourvoyeurs de bien-être pour tant et tant de peuples d’Afrique et d’ailleurs… Nous avons suivi, ébahis, les JO 2008 de Beijing. Qu’est-ce que cela a dû leur coûter, aux Chinois, en efforts et en sacrifices de tous ordres, des générations durant, pour en arriver là, à travers essais et erreurs ? N’ont-ils pas forcé le respect du monde entier ? La mondialisation ‘à la chinoise’? Avec leurs milliards, ils poussent à la délocalisation des industries et hautes technologies occidentales, endettent même l’UE et les USA, tandis que, sans état d’âme, leurs ‘paysans-criquets’ se répandent et s’abattent, entre autres, sur les étendues des terres congolaises que les autochtones démotivés, éconduits par des leaders inconscients, n’arrivent plus à cultiver. Et nous leur offrons pour un quart de siècle nos richesses minières, les troquant avec ce que nous ne serons même pas capables d’entretenir, bras et pieds enfoncés, comme nous le sommes, dans la boue épaisse de notre léthargie endémique… L’hémisphère nord de la Planète Terre est entré dans l’ère post-moderne, attisant notre jalousie et nos envies qui se dissolvent dans une émigration hasardeuse et inféconde, laquelle apparaît comme une fuite plus qu’une recherche de solutions à nos problèmes... Des mamans congolaises à Montréal s’extasient dans un magasin bien achalandé, propriété des Libanais. Elles parlent « lingala », et le jeune gars en face d’elles leur réplique en… « ki-KIN» (lingala typique de Kinshasa): «Eh ! ‘Ba-mères’, ces richesses que vous admirez tant, mais ! Elles viennent de chez vous ! Qu’est-ce que vous êtes venues chercher ‘ba-côtés oyo’ (par ici) ? Vous êtes en train d’oublier l’Afrique, l’Afrique de l’espoir! » Elles se sont sauvées du magasin, couvertes de honte. Et cette honte nous recouvre tous. Mais notre musique, me direz-vous, est appréciée du monde entier, non ? Pas vraiment, en fait, pour être honnête. Pas de vraie recherche pour innover ni en musique (et curieusement, de l’autre côté du Pool Malebo, c’est pareil…) ni au théâtre, lequel du reste ne s’exporte que vers des ghettos congolais des deux rives, parce que nulle troupe n’oserait jouer toute une pièce en (bon) français par exemple, comme nos amis du Nigeria font leurs films ‘in english’ et les exportent par milliers. J’en suis personnellement très friand, tout en ayant, à chaque fois, des pincements douloureux au cœur: « Nos frères, eux, ont réussi à s’imposer culturellement..., et sportivement, à tous les grands rendez-vous mondiaux, CAN, Coupes du monde, JO… » Prenant sans donner, n’aurions-nous pas, quelque part, perdu notre capacité de définir notre identité au milieu du village planétaire? ●
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L’Afrique de l’espoir |
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Kibwila: L’Afrique de l’espoir |
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