Ordonné prêtre à la Paroisse St. Etienne, Kisenso (Kinshasa) le 10.08.2008,

P. Yves Mambweni se prépare à partir aux Philippines.

 

œ Pourquoi et comment la vocation missionnaire et combonienne?

Comboni avec son idéal missionnaire «Sauver l’Afrique par l’Afrique» et sa donation totale pour la cause du peuple africain, avait suscité un grand intérêt dans plusieurs jeunes de ma paroisse. Sa lutte contre l’esclavagisme, la défense de plus petits et démunis, la préoccupation pour les plus abandonnés de l’Afrique….vraiment, cela suscita le désir de collaborer à la réalisation du plan de Comboni.

 

œ Quel a été ton parcours?

J’ai été ordonné prêtre à Kinshasa, le 10 août 2008. Ce grand jour de joie immense, comme le dit le psaume 2, est arrivé après plus de 11 ans de formation dans le but de mieux servir le peuple de Dieu.

Après les humanités et l’examen d’Etat, j’ai été admis à la propédeutique et pour cette année là c’était une expérience nouvelle et spéciale, car il nous a été demandé de trouver un travail rémunéré (c’était la période qui suivait le pillage à Kinshasa).

Dieu merci, à la dernière minute j’ai été contracté comme gérant d’une petite boulangerie de mon quartier où j’ai travaillé pendant 6 mois. Après la philosophie ma première profession religieuse, le 17 Mai 2003, je suis parti au Pérou pour étudier la théologie.

 

œ La théologie au Pérou t’a certainement enrichi!

Oui! Car la théorie faite à l’université et la pratique qui se vit sur le terrain te demande de réaliser un travail pastoral qui met à l’épreuve ta foi et te fait sentir la nécessité de l’exprimer à travers des actes concrets pour défendre la cause des plus démunis. C’est une théologie vivante et incarnée dans la réalité du peuple de Dieu vivant au Pérou.

Au Pérou je suis arrivé comme un simple étudiant en théologie, mais j’ai terminé comme un pasteur confirmé et convaincu de sa mission aux côtés de plus nécessiteux. Cette même théologie vécue dans le quotidien  du peuple de Dieu a augmenté en moi l’amour pour la mission et le grand désir de tout donner pour elle. Comme disait Comboni : « Si j’avais mille vies, je les donnerais toutes pour la mission».

 

œ Le Pérou par rapport au Congo: différences et similitudes?

Du point de vue de l’église, le Pérou est un pays à majorité catholique et où la foi catholique s’exprime et se vit avec beaucoup de conviction. La religiosité populaire est l’un de grand véhicule de cette foi catholique et le fondement même de cette foi.

Quant aux similitudes avec le Congo, j’évoquerai avant tout la situation socio-économique. Le Pérou est un pays riche, mais qui malheureusement se trouve dans la situation de pauvreté avec un contraste énorme entre riches et pauvres. Quand on pense à cette pauvreté malgré tout ce que possède le pays comme tel on dit souvent : «  le Pérou ressemble à un pauvre assis su les mines d’or ». Et je crois que cette expression pourra être  appliquée aussi au Congo.

Le péruvien comme le congolais, aime les loisirs ; il aime la fête, la musique, l’alcool, le sport…

 

œ L’Eglise du Pérou, est une de celles de l’Amérique Latine qui a proposé la Théologie de la libération : qu’en est-il maintenant ?

Dans une situation comme celle dans laquelle vivent certaines classes sociales péruvienne, la théologie de libération exprimerait mieux le sentiment profond de ceux qui sont marginalisés et aiderait l’église à adopter une position claire pour une application concrète de la doctrine sociale de l’église.

Cette théologie pour moi n’est pas une provocation; elle est la mise en pratique de l’enseignement évangélique. Malgré certaines oppositions, l’Eglise se sent  toujours interpellée par la situation croissante de la pauvreté au Pérou ; et la théologie de libération demeure un réveil de la conscience pour tout le monde.

 

œ Les Missionnaires Comboniens sont présents au Pérou depuis les années 50; que font-ils actuellement ?

Dans la capitale (Lima) ils exercent leur activité pastorale dans les périphéries. C’est dans ces zones que vit la population la plus pauvre.

Les Comboniens sont aussi engagés dans la pastorale des Jeunes, la pastorale des Afro-péruviens (d’origine africaine, souvent marginalisés) et dans la pastorale des enfants de la rue.

 

Petit à petit

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