Il y a juste cent ans : en 1908 le p. P. Wattson invitait les Chrétiens de toutes dénominations à prier pour l’Unité. C’est ce qui se fait tous les ans du 18 au 25 janvier: c’est la semaine de prière pour l’Unité des Chrétiens. La prière d’abord et puis on peut organiser des rencontres, des discussions, des pèlerinages, des visites, etc. Le pape Benoît XVI en effet a dit : « C’est la prière qui fait sortir du port la barque de l’œcuménisme.»

 

 

Tout a commencé avec Paul Wattson, né au Maryland (USA) en 1863 (il est mort en 1940). Il s’appelait encore Lewis et appartenait à l’Eglise Episcopalienne. Dès son plus jeune âge, il a voulu s’occuper de la diffusion de l’Evangile. Il est même devenu pasteur de son Eglise. Mais la division des Chrétiens le scandalisait. Comment est-ce possible que les disciples de Jésus soient membres de plusieurs familles et souvent en lutte entre eux ? Jésus n’avait-il pas parlé de : « Un seul troupeau, un seul pasteur » ? (Jean 10, 16). Bien sûr les paroles de Jésus doivent être comprises dans leur sens véritable.

 

Une seule famille

Le Seigneur en effet a parlé d’un seul troupeau, d’un seul pasteur. Il ne faut pas alors parler comme Roger Bacon (philosophe anglais, 1220-1292), qui a dit : «Les orthodoxes reviendront à l’obéissance de l’Eglise Romaine, les Tartares se convertiront dans la majorité à la vraie foi et les musulmans seront détruits: il n’y aura qu’un seul troupeau et un seul pasteur». Ou comme les internautes musulmans fondamentalistes qui appliquent à la lettre certaines expressions du Coran: «Tuez les infidèles là où vous les rencontrez et chassez-les d’où ils vous ont chassés» (2, 191); «Je mettrai la terreur dans les coeurs des mécréants, frappez-les entre tête et cou...».

Pour Jésus il y a l’identification entre pasteur et troupeau, dans le sens que celui qui suit le Fils devient comme Lui, fils de Dieu (Jean 1,12). Chaque brebis est appelée à devenir, à son tour, comme le pasteur, comme Jésus, qui est passé de la mort à la vie et qui a donné sa vie en faveur de ses propres frères (1Jean 3,14-16). Alors avec ces idées de l’œcuménisme dans la tête, nous pouvons apprécier davantage ce que Lewis Wattson a fait il y a une centaine d’années. En effet face aux discussions, aux divisions, aux diatribes, il n’y a que la prière pour que l’Esprit du Christ convertisse notre cœur. En 1898  Wattson, aidé par Lurana White, non loin de New York à Graymoor, a fondé une communauté religieuse « Society of the Atonement», à laquelle il a donné la règle de saint François d’Assise.

Pourquoi ‘Atonement’? En anglais ce mot signifie « réconciliation ». On trouve justement « atonement » dans la lettre de saint Paul aux Romains (Rom 5, 11),  selon la version de la Bible de King James.  La réconciliation donc nous vient de Jésus, parce que nous avons été justifiés dans son sang. Wattson  a pris comme religieux le nom de Paul en hommage à l’apôtre des gentils.

 

‘Atonement’

En 1908 cette communauté religieuse lançait l’initiative de la Semaine de prière pour l’Unité des Chrétiens.  En 1909 la Communauté de l’ « Atonement » est entrée dans l’Eglise Catholique pour pouvoir sensibiliser, nous aussi les Catholiques, à la question de l’œcuménisme à travers la réconciliation et le pardon. Les membres de cette Communauté sont aujourd’hui présents en Amérique, en Europe et en Asie et ils s’appellent: «Franciscans friars of the Atonement» (= Frères Franciscains de la Réconciliation). «Atonement», pour Wattson, pouvait être compris non seulement comme Réconciliation, mais aussi : « At-one-ment », c’est-à-dire : « union en un », afin de refaire la communion à travers le pardon réciproque et la réconciliation.

L’initiative de la Semaine de prière pour l’Unité des Chrétiens est devenue une étape importante dans la vie de toutes les Eglises qui se réclament de Jésus et une occasion unique pour favoriser l’œcuménisme (= le mouvement qui favorise l’entente, l’accord, le dialogue, la communion entre toutes les Eglises qui croient en Jésus, fils de Dieu et fils de Marie de Nazareth, selon la définition du Concile de Chalcédoine en 451 de notre ère). Le jeudi 18 juillet 2008 le Pape Benoît XVI, en s’adressant à des représentants de différentes confessions chrétiennes dans la crypte de la cathédrale de Sydney (Australie), a dit : « La route de l’œcuménisme part du baptême de tous les chrétiens pour marcher  vers la célébration commune de l’Eucharistie ».  C’est le chemin de l’œcuménisme, qui doit nous conduire, étape après étape, vers la communion et l’amour fraternel entre disciples de Jésus. Tout au long de cette année « centenaire », il y a eu des événements qui ont marqué cette marche, cette recherche difficile de communion, qui passe, comme l’a dit Wattson, par la réconciliation, le pardon réciproque, la connaissance des uns des autres, la prière, la méditation de la Parole de Dieu.

 

Rencontre de Benoît XVI et de Bartholomée I à Rome, le 29 juin 2008.

A l’occasion du lancement de l’ « année paulinienne » (28 juin 2008-29 juin 2009), le Pape a voulu à ses côtés le Patriarche de Constantinople (= Istanbul en Turquie), qui est le Primat d’honneur de l’Orthodoxie. Cette rencontre a été vue comme un geste fort non seulement pour les Catholiques du Monde entier, mais aussi pour les Orthodoxes (présents particulièrement en Turquie, en Grèce, en Russie, en Serbie, en Syrie, en Terre Sainte, en Irak, en Egypte, en Ethiopie, etc.).

 

Rencontre d’Abidjan (Côte d’Ivoire): 2 juillet 2008.

Cette rencontre a été organisée par la Communauté de Sant’Egidio à l’occasion des 40 ans de sa fondation. La Communauté de Sant’Egidio est née à Rome à l’initiative du professeur universitaire Andrea Riccardi et s’occupe du dialogue interreligieux et d’oecuménisme. Si la ville d’Abidjan a été choisie, c’est pour souligner l’importance en Afrique des rapports pacifiques et respectueux avec toutes les religions et la nécessité de voir dans les autres Eglises Chrétiennes des frères et des soeurs qui peuvent enrichir notre connaissance de Jésus surtout dans les milieux africains.

 

Respect des symboles sacrés.

A Rome, 8 délégués de la Culture Islamique de Téhéran (Iran) se sont rencontrés avec les responsables du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux, le 30 avril 2008. Ils ont réfléchi sur le thème : « Foi et raison dans le Christianisme et l’Islam ». Tout le monde est tombé d’accord sur la nécessité de respecter les symboles sacrés des différentes Religions de la Planète.

 

Benoît XVI à New York.

Lors de son voyage aux Etats Unis, le Pape a prévu de rencontrer les représentants des autres Eglises. Il y en avait 250 des dix principales Confessions Chrétiennes, le 18 avril 2008 dans l’Eglise Saint Joseph à New York. Benoît XVI a loué l’engagement œcuménique de tout le monde. « Les non-chrétiens – a-t-il déclaré – sont troublés  par la fragmentation des Communautés Chrétiennes ».

 

Forum Chrétien Mondial du 6-9 novembre 2008 à Nairobi.

Ce Forum réunit les représentants des différentes Eglises et autres Organisations Chrétiennes. Le premier a eu lieu en 1990, grâce à l’œuvre du pasteur allemand Konrad Reiser. Reiser était en ce temps-là Secrétaire Général du COE (= Conseil Œcuménique des Eglises, organisation qui regroupe 347 Eglises protestantes). A Nairobi, il y avait 60 délégués protestants, 25 orthodoxes, 20 catholiques et les autres au nom des ONG, Groupes, Mouvements d’inspiration chrétienne. Le communiqué final a encore une fois insisté sur la nécessité de « promouvoir la compréhension et la coopération entre chrétiens ».

 

De Taizé à Genève : 28 décembre 2008-01 janvier 2009.

Cette rencontre a été organisée par la Communauté œcuménique de Taizé (France). 40.000 jeunes de tous les coins de l’Europe se sont retrouvés à Genève (30.000 étaient les hôtes dans les maisons particulières et 10.000 dans les paroisses).

Ce type de rencontre a un rythme annuel et a lieu dans différentes villes de l’Europe à tour de rôle. L’initiateur, le p. Roger Schutz (1915-2005) a voulu, avec cette initiative, arrivée à sa 30è édition, donner à un public de jeunes l’occasion de:« Prier, Chanter, lire la Bible, faire silence et rencontrer l’autre ».

 

Rencontres, discussions, pèlerinages, déplacements, réflexions, gestes prophétiques, dialogue franc avec tout le monde, mais surtout prière, lecture de la Parole de Dieu, connaissance de l’autre et réconciliation.

Si nous voulons faire progresser le dialogue interreligieux et l’œcuménisme, c’est par là qu’il faut passer. Le p. Paul Wattson, il y a de cela cent ans, avait vu juste.

Son programme, l’ «Atonement», reste toujours valable. Benoît XVI nous a indiqué aussi l’objectif, que nous devons rejoindre au bout de nos efforts œcuméniques: «L’unité de l’Eglise vient de la parfaite unité de la Trinité » (Discours aux représentants des Confessions Chrétiennes à New York, 18.04.2008).

 

Tonino Falaguasta Nyabenda

 

 

 

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