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Terre en vente |
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Selon la FAO, ils seraient de plus en plus nombreux à mettre la main sur les immenses terres du continent pour assurer leur approvisionnement alimentaire ou fournir le marché croissant des biocarburants.
On parle de «main basse» sur les terres agricoles africaines. De la part de qui? D’un côté, des pays qui dépendent des importations alimentaires et qui sont donc préoccupés par l’insécurité qui semble régner dans ce domaine et les tensions sur les marchés. Et puisqu’ils ont de l’argent dans leurs banques, ils cherchent, notamment, à prendre le contrôle d’exploitations agricoles dans d’autres pays. Ils l’envisagent comme une stratégie innovante à long terme pour assurer l’alimentation de leurs populations à bon marché, avec une sécurité bien supérieure à ce qu’elle était auparavant. Japon, Chine, Inde, Corée du Sud, Malaisie, Bahreïn, Jordanie, Koweït, Qatar, Arabie Saoudite et Émirats arabes unis, Libye, Égypte… se sont lancés dans cette course. C’est une sorte de chasse au trésor agricole, c’est la recherche de terres fertiles dans des pays comme l’Ouganda, le Soudan, le Malawi, le Sénégal, le Nigeria. Compte tenu de la crise qui se poursuit actuellement au Darfour, où le Programme alimentaire mondial essaie de nourrir 3 millions de réfugiés, il peut sembler fou que des gouvernements étrangers achètent des terres agricoles au Soudan pour exporter des denrées alimentaires pour la sécurité alimentaire à l’intention de leurs propres citoyens! Mais beaucoup d’autres pays sont impliqués. La liste des accapareurs de terres motivés par la sécurité alimentaire est impressionnante. Du Kazakhstan au Queensland, et du Mozambique au Brésil, aux Philippines etc, un processus continu et bien connu est en cours. La presse internationale s’est occupé récemment de l’initiative Corée du Sud - Madagascar. «Le géant sud-coréen Daewoo Logistics vient de conclure un accord avec Madagascar pour louer 1,3 million d’hectares – la moitié de la surface cultivable de la Grande Ile – lui permettant de produire du maïs et de l’huile de palme pendant 99 ans. «Mais la Corée du Sud n’est de loin pas le seul pays riche à se ruer sur l’Afrique. Ainsi l’Angola est en négociation avec des investisseurs brésiliens, canadiens et américains. Le Soudan cherche preneur pour ses 900.000 hectares. L’Ethiopie courtise les Saoudiens et la Tanzanie suscite l’intérêt des Occidentaux pour la production de biocarburants. L’agence onusienne a beau tirer la sonnette d’alarme et mettre en garde contre les risques de «néocolonialisme», le phénomène ne cesse de s’étendre». (La Tribune de Genève du 25/11/08). En Ouganda, un énorme tollé public a récemment accueilli la nouvelle de discussions entre le gouvernement et le ministre égyptien de l’agriculture, précisant que la location porte sur plus de 840.000 ha de terres agricoles de l’Ouganda (2,2% de la surface totale de l’Ouganda!) à des entreprises égyptiennes pour la production de blé et de maïs destinés au Caire. Bien que les responsables gouvernementaux aient démenti l’accord, le parlement ougandais a convoqué une session extraordinaire pour enquêter sur cette question. Malheureusement, pour beaucoup de ces accaparements de terres destinés à une production alimentaire à l’étranger, il est difficile de se procurer des renseignements précis (nombre d’hectares, sommes impliquées, finalités précises, conditions associées). Les gouvernements craignent sans aucun doute que des réactions politiques hostiles se manifestent si le public en vient à savoir ce qui se passe. De l’autre côté, des sociétés agro-alimentaires et des investisseurs privés, affamés de profits dans un contexte d’aggravation de la crise financière, voient dans les investissements dans des terres agricoles à l’étranger une source importante de revenus. Espérant des retombées économiques, la plupart des gouvernements africains ou mêmes des chefs traditionnels sont prêts à accorder des concessions à des investisseurs étrangers. De ce fait, des terres agricoles fertiles sont de plus en plus privatisées et concentrées. Pour s’assurer de nouvelles sources de profit, des négociants de céréales sont à la recherche de nouvelles stratégies de croissance. Il se tournent vers le foncier, à la fois pour la production alimentaire et celle des biocarburants. Le foncier n’est pas, en lui-même, un investissement classique pour beaucoup d’investisseurs ou d’entreprises transnationales. En fait, la terre représente un tel risque de conflit, surtout politique, que de nombreux pays ne permettent même pas à des étrangers de la posséder. Et la terre ne prend pas de la valeur du jour au lendemain, comme la viande de porc ou l’or. Pour obtenir un bénéfice, les investisseurs doivent améliorer les capacités de production des terres, et même quelquefois se salir les mains en assurant réellement le fonctionnement d’une exploitation agricole. Mais la conjonction des crises alimentaire et financière a transformé les terres agricoles en un nouvel actif stratégique. Dans de nombreux endroits du monde, les prix alimentaires sont élevés et les prix des terres sont faibles. Et la plupart des «solutions» à la crise alimentaire proposent d’extraire plus de nourriture des terres dont nous disposons. On peut donc clairement gagner de l’argent en prenant le contrôle des meilleurs sols, proches des ressources en eau, aussi rapidement que possible.
Source: grain.org et d’autres
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