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Vers le ciel |
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Les Nations Unies ont proclamé 2009 «l’année internationale de l’Astronomie», pour célébrer le 4° centenaire de l’invention de la lunette astronomique faite par Galilée. Il est important alors de connaître la vie de ce savant et les raisons pour lesquelles il a eu des difficultés avec l’Eglise de son temps. “Et pourtant elle bouge” aurait dit Galilée. C’est faux. Cette phrase n’a jamais été prononcée par le savant italien.
Galilée est né à Pise (Italie) le 15 février 1564. Il est mort à Arcetri (Florence) le 8 janvier 1642. Ses parents voulaient qu’il entreprenne la carrière médicale. Mais lui, il a préféré les mathématiques et les sciences physiques. Grâce à ses études, il a pu faire des découvertes exceptionnelles, si bien que Galilée est reconnu comme le père de l’observation astronomique et de la physique moderne.
Les découvertes de Galilée - A 19 ans, en 1583, il était dans la cathédrale de Pise et il a observé une grande lampe, qui se balançait à la voûte. Il arrive alors à formuler la loi de l’isochromie. C’est-à-dire: les oscillations de la lampe emploient toujours le même temps. Il a appliqué cette découverte à l’horloge, en lui ajoutant une pendule. En 1592 il est embauché par l’Université de Padoue, où il reste pendant 18 ans comme professeur. Cette Université dépendait de la République de Venise, un état puissant et riche. A Venise, il y avait un arsenal (centre de construction de navires), le plus important de l’Europe, qui employait non moins de 20.000 personnes pour ses travaux. Cet arsenal était capable de monter un navire par jour, ayant stocké dans ses entrepôts toutes les pièces détachées nécessaires. Il y avait aussi une industrie verrière réputée (héritage des techniques de l’Empire Romain, transmises aux artisans de Venise par Constantinople, actuel Instanbul, qui était la capitale de l’Empire Romain d’Orient jusqu’en 1453, date de sa capitulation devant les Turcs). Tout cela avait de l’importance aux yeux de Galilée. - En 1606, il découvre le thermoscope: premier appareil de l’histoire permettant de comparer le niveau du chaud et du froid. - En mai 1609, Galilée construit sa première lunette, permettant de voir les objets lointains, grossis 6 fois et sans déformation (la lunette hollandaise, qui existait déjà, ne corrigeait pas les déformations). - Le 21 août 1609, il présente sa lunette (capable de grossir les objets 9 fois déjà) au Sénat de la République de Venise du haut du campanile de la place Saint Marc. Le Sénat s’en réjouit, en y voyant surtout des fins militaires, et doubla le salaire de Galilée. - En novembre de la même année, il tourne sa lunette vers le ciel et découvre les montagnes de la lune et la nature exacte de la Voie Lactée (cette dernière n’était pas un nuage de poussière, mais bien plutôt un amas d’étoiles). - Le 7 janvier 1610, il découvre les trois satellites de Jupiter (satellite est un mot utilisé dans la suite par Kepler; il a comme sens premier, tiré du latin, garde du corps). En juillet de cette même année, Galilée quitte Padoue pour Florence, où il continue ses études et ses découvertes. - En août 1610, il découvre les taches solaires et en septembre, il donne la description des phases de Venus (comme la Lune, étant illuminée par le soleil, Venus montre sa face petit à petit, au fur et à mesure qu’elle est exposée à la lumière du soleil). Pour Galilée, c’était la preuve de la vérité du système copernicien (= l’héliocentrisme), c’est-à-dire: la terre tourne autour du soleil et non pas le contraire (= géocentrisme). Le système copernicien avait été proposé par un astronome polonais, Copernic Nicolas (1473-1543), dans son oeuvre principale, intitulée «Des révolutions des sphères célestes», écrite en 1530 et qui connut un grand succès. En avril 1611, le Collège Pontifical Romain (centre d’études renommé tenu par les Jésuites), confirme l’exactitude des observations de Galilée.
Les difficultés avec l’Eglise Mais en ce temps-là, les savants et l’enseignement de l’Eglise retenaient que le système géocentrique était le seul exact et le seul conforme aux données de la Bible (lire Josué 10, 12-14). Galilée, face aux attaques de ses détracteurs, écrivit alors une lettre, pour se défendre, à Christine de Lorraine, mère du Duc de Florence, en 1615, dans laquelle il affirmait, en citant le Cardinal Baronius: «L’intention du Saint Esprit (dans les Saintes Ecritures) est de nous enseigner comment on doit aller au ciel, et non comment va le ciel». Et il avait raison. Mais c’était l’époque où les sciences bibliques n’avaient pas encore fait beaucoup de progrès, dans l’interprétation correcte de la Bible. Au contraire, les ennemis de la théorie copernicienne utilisaient les données de la Bible, pour combattre les thèses défendues par Galilée. Dans cette controverse de plus en plus échaudée, le Saint Office (organisme de la Curie Romaine, préposé à la défense de la foi catholique) intervint, et en février 1616, il interdit l’enseignement de la théorie copernicienne, parce que contraire à la Bible. Galilée est prié d’enseigner la dite théorie seulement comme une hypothèse, à titre de «supposition». En effet, le savant italien n’avait pas de preuves. Il avança le phénomène des marées comme preuve de l’héliocentrisme. Mais tout le monde sait que les marées dépendent du passage de la Lune autour de la Terre. La preuve sûre que la Terre tourne autour du soleil arrivera seulement en 1727, grâce au savant anglais James Bradley (1693-1762). Mais les événements avancent. Nous sommes en pleine guerre des Trente ans. Protestants et catholiques se font la guerre, partout en Europe et le Pape (à partir de 1622 le Pape est Urbain VIII, grand ami de Galilée) a beaucoup d’ennemis, même à l’intérieur de la Curie Romaine, parce qu’on lui reproche de ne pas faire le maximum pour soutenir les catholiques. Une histoire terriblement simplifiée, présentée comme le plus grand scandale de la chrétienté et Galilée comme un martyr de la science. En 1632, Galilée publie le «Dialogue sur les deux grands systèmes du Monde». Urbain VIII, en lui donnant son approbation, l’a prié de présenter les deux systèmes avec impartialité. Galilée, au contraire, manifeste sa préférence pour le système copernicien et il raille le géocentrisme. Le 1er octobre 1632, Galilée est convoqué à Rome par le Saint Office. On lui reproche de ne pas avoir respecté la décision de 1616, qui interdisait l’enseignement de la théorie copernicienne comme vérité apodictique, mais de la présenter seulement comme une hypothèse. Le 22 juin 1633, Galilée est condamné par le tribunal ecclésiastique au cachot. Peine commuée immédiatement par le Pape Urbain VIII. Galilée, n’eut même pas à subir la peine de cachot à laquelle l’avait condamné le jugement. Il ne se retrouva pas en quelque oubliette vaticane ni dans une cellule. Il devint, au contraire, l’hôte de l’ambassadeur du grand-duc de Toscane et ensuite celui de l’archevêque de Sienne. Son œuvre est interdite et Galilée est obligé de prononcer la formule d’abjuration de ses théories et de fidélité à l’enseignement de l’Eglise Catholique. On raconte qu’après avoir lu la formule d’abjuration, Galilée aurait prononcé cette phrase : «Eppur si muove» (et pourtant elle bouge, la Terre). Mais c’est faux. Cette anecdote a été inventée par la presse anglaise vers 1750, pour faire de la propagande contre l’Eglise Catholique.
Réhabilitation de Galilée Ce n’est qu’en 1741 que le pape Benoît XIV, autorisa la publication complète des œuvres de Galilée. C’était finalement donner raison à Galilée et le réhabiliter face à l’opinion publique du monde entier. Jean Paul II, le 31 octobre 1992, a déclaré que certains théologiens du XVII siècle ont commis des erreurs, en donnant un avis négatif, sur la Bible, des découvertes de Galilée. (Les études d’exégèse pour une correcte interprétation de l’Ecriture Sainte n’arriveront qu’au XIX siècle). En effet ce savant a beaucoup contribué, grâce à ses découvertes, au progrès de la science moderne. Son œuvre, le «Dialogue sur les deux grands systèmes du monde», a eu des retombées considérables sur la méthode scientifique et, indirectement, aussi sur la philosophie. Galilée donc, à travers ses études, ses découvertes et ses écrits, a provoqué une véritable révolution, non seulement en soutenant le système copernicien (= la Terre tourne autour du Soleil), mais surtout en proposant sa méthode scientifique, basée sur l’expérience et la mathématique, pour arriver à la connaissance correcte de l’Univers. Calixte Nyabenda
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