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Façonner les rapports humains |
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Le thème de la Journée mondiale des Communications sociales choisi par le pape Benoît XVI pour cette année 2009 rappelle, notamment, l’explosion de nouvelles technologies et de nouveaux media. Une réalité qui peut avoir un rôle important dans la création d’un climat de compréhension et de rapprocher les individus et les nations, en œuvrant pour le respect des valeurs humaines, dans un esprit de dialogue et d’amitié entre les personnes et les communautés. Le message s’adresse surtout à la nouvelle génération: «C’est à vous, jeunes, qui êtes presque spontanément en syntonie avec ces nouveaux moyens de communication, qu’incombe, en particulier, la tâche de l’Évangélisation de ce “continent digital”. Sachez assumer avec enthousiasme la charge d’annoncer l’Évangile à vos contemporains».
Dans le message de cette année – écrit le pape - j’ai pensé m’adresser en particulier à ceux qui font partie de cette génération digitale : je voudrais partager avec eux quelques idées sur l’extraordinaire potentiel que détiennent les nouvelles technologies quand elles sont utilisées pour favoriser la compréhension et la solidarité humaine. Ces technologies sont un véritable don pour l’humanité : par conséquent, nous devons faire en sorte que les avantages qu’elles offrent soient mis au service de tous les êtres humains, surtout de ceux qui sont dans le besoin et sont vulnérables, et de toutes les communautés. L’accessibilité des téléphones portables et des ordinateurs, unie à la portée globale et à la capillarité d’internet, a créé une multiplicité de canaux à travers lesquels il est possible d’envoyer, de manière instantanée, des mots et des images aux angles les plus éloignés et les plus isolés du monde: c’est bien sûr une possibilité qui, pour les générations précédentes, était impensable. Les jeunes, en particulier, ont compris l’énorme capacité des nouveaux médias de favoriser la connexion, la communication et la compréhension entre les individus et les communautés, et ils les utilisent pour communiquer avec leurs propres amis, pour en rencontrer de nouveaux, pour créer des communautés et des réseaux, pour chercher des informations et des nouvelles, pour partager leurs idées et leurs opinions. De nombreux avantages dérivent de cette nouvelle culture de la communication : les familles peuvent rester en contact, même si elles sont séparées par d’énormes distances, les étudiants et les chercheurs peuvent accéder plus facilement et immédiatement aux documents, aux sources et aux découvertes scientifiques et ils peuvent, par conséquent, travailler en équipe à partir de différents lieux; en outre, la nature interactive des nouveaux médias facilite des formes plus dynamiques d’instruction et de communication, qui contribuent au progrès social”.
Progrès et risques Le nombre d’internautes de plus de 15 ans a officiellement dépassé le cap du milliard en décembre 2008. C’est une étape significative dans l’histoire de l’internet. Dans le classement par pays, c’est la Chine qui se hisse au premier rang avec 179 millions d’internautes contre 163 aux Etats-Unis, 59 millions au Japon, 42 en Inde. Avec 36 millions d’internautes en Allemagne, 36 millions au Royaume-Uni, 34 millions en France, 20 millions en Italie ou 18 millions en Espagne, l’Europe affiche également son dynamisme. Longtemps leaders, les nord-Américains (18% des internautes) sont relégués à la troisième place du podium, derrière les Asiatiques (41%) et les Européens (28%), mais devant les Sud-américains (7%) et les Moyen-Orientaux et les Africains (5%). En 2008 le nombre d’abonnés au téléphone mobile dans le monde a passé la barre des 4 milliards, selon l’estimation de l’Union internationale des télécommunications. Sans parler de la télévision qui dans beaucoup de pays est vingt-quatre heures sur vingt quatre au cœur de l’information et du passe-temps. Elle est bien devenue le premier des médias de masse. Sur web voyagent des centaines de milliers de messages intéressants, amusants, bons, importants etc. Mais aussi un tas de sottes demandes, de propos encourageant la violence, l’exploitation de la femme et de l’enfant, la dérision de l’amour conjugal, l’intolérance, le terrorisme. “Le désir de connexion et l’instinct de communication – rappelle le document papal - qui sont tellement évidents dans la culture contemporaine, ne sont en vérité que des manifestations modernes de la disposition fondamentale et constante des êtres humains à sortir d’eux-mêmes pour entrer en relation avec les autres. En réalité, lorsque nous nous ouvrons aux autres, nous accomplissons entièrement nos besoins les plus profonds et nous devenons plus pleinement humains. Aimer c’est, en effet, ce pour quoi nous avons été engendrés par le Créateur. Naturellement, il ne s’agit pas de relations passagères, superficielles, mais du véritable amour, qui constitue le centre de l’enseignement moral de Jésus : ‘Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force’ et ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’ (cf. Mc 12, 30-31). Sous ce jour, en réfléchissant sur le sens des nouvelles technologies, il est important de considérer non seulement leur indéniable capacité de favoriser le contact entre les personnes, mais aussi la qualité des contenus qu’elles sont appelées à mettre en circulation. Je désire encourager toutes les personnes de bonne volonté qui travaillent dans le monde émergent de la communication digitale, afin qu’elles s’engagent à promouvoir une culture du respect, du dialogue, de l’amitié. C’est pourquoi, ceux qui opèrent dans le secteur de la production et de la diffusion de contenus des nouveaux médias, ne peuvent pas ne pas se sentir tenus au respect de la dignité et de la valeur de la personne humaine. Si les nouvelles technologies doivent servir au bien des individus et de la société, ceux qui les utilisent doivent éviter l’emploi de mots et d’images dégradants pour l’être humain, et donc exclure ce qui alimente la haine et l’intolérance, avilit la beauté et l’intimité de la sexualité humaine, exploite les personnes faibles et sans défense. Les nouvelles technologies ont également ouvert la voie au dialogue entre des personnes de différents pays, cultures et religions. La nouvelle arène digitale, le cyberespace, permet de se rencontrer et de connaître les valeurs et les traditions des autres. Toutefois, pour être fécondes, de telles rencontres requièrent des formes d’expression honnêtes et correctes, ainsi qu’une écoute attentive et respectueuse.
En position de vulnérabilité Si les nouveaux media sont un véritable don pour l’humanité, comme l’affirme le Pape, il est impérieux de faire en sorte que les avantages qu’ils offrent soient mis au service de tous les êtres humains, surtout de ceux qui sont dans le besoin et sont vulnérables, et de toutes les communautés. Mais l’Afrique affronte la mondialisation en position de grande vulnérabilité. La cruelle dépendance africaine face aux puissances qui possèdent et gèrent les grands moyens de communication, est déconcertante. Dans le document post-synodale «L’Eglise en Afrique», Jean-Paul II parle de l’invasion des médias: «L’Assemblée spéciale s’est préoccupée des moyens de communication sociale, une question très importante, car il s’agit à la fois de moyens d’évangélisation et de moyens de diffusion d’une nouvelle culture qu’il faut évangéliser. Les Pères synodaux ont été ainsi mis en face du triste fait que les pays en voie de développement, au lieu de se transformer en nations autonomes, préoccupées de leur progression vers la juste participation aux biens et aux services destinés à tous, deviennent les pièces d’un mécanisme, les parties d’un engrenage gigantesque. Cela se vérifie souvent aussi dans le domaine des moyens de communication sociale qui, étant la plupart du temps gérés par des centres situés dans la partie Nord du monde, ne tiennent pas toujours un juste compte des priorités et des problèmes propres de ces pays et ne respectent pas leur physionomie culturelle. Il n’est pas rare qu’ils imposent au contraire une vision déformée de la vie et de l’homme et qu’ainsi ne répondent pas aux exigences du vrai développement».
Louis Kalonji |
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