Au soir du 6ème jour de la création, le Père Eternel est las… Transpirant à grosses gouttes, Il n’aspire qu’à une seule chose: se reposer le 7ème jour. Mais Il a, le Vieux, comme un gros problème sur les bras, si l’on peut dire. «On fait quoi avec toutes ces immenses richesses qui Nous restent sur les bras? Les disperser aux quatre vents de Nos univers galactiques illimités?» L’Esprit Saint, habitué à ces consultations brusques du Patron, Lui sourit avec amour et complaisance: «Regarde l’énorme gouffre sombre au cœur de l’Afrique… Jetons tout dedans! Nous y gagnerons sûrement». L’avis providentiel du Saint Esprit ravit divinement le Créateur qui, du coup, sentit disparaître toute Sa lassitude. Aussitôt dit, aussitôt fait. Et un silence immense recouvrit des millénaires devant le secret si bien gardé.

Mais un jour, jour funeste s’il en fut, jaloux de la paix qui régnait entre les hommes et surtout dans leurs cœurs dévoués à leur Créateur, Mammon, l’esprit de luxe et de luxure, dévoila à ses adorateurs le pot aux roses, c’est-à-dire le continental puits aux diamants, or, coltan, et autres. Et quelqu’un de son entourage s’écria: «Mais ce pays est un scandale géologique!».

Le Père Eternel sursauta, mais, trop tard: Sont secret éventé, Il ne put rien faire pour protéger la cache que les hommes consumés par la fureur meurtrière née de l’appétit de ses richesses avaient découvert.

Tout échappa depuis lors à Son contrôle, et Il regretta la liberté dont jadis Il avait fait don aux hommes, mais que désormais Il ne peut leur retirer: ils en sont responsables et auront à répondre de leurs actes…

Les richesses du Bassin du Congo sont l’héritage de l’humanité tout entière, comme les millions d’un milliardaire sont un patrimoine de l’humanité. Une évidence. Par solidarité et au même degré. Pourquoi? Parce que les ressources minières d’une nation, autant que toutes les potentialités autres, sont à un degré fondamental supposées être mises par Dieu au service «des hommes  de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation» (Ap. 5,10). Tant que ceux qui en ont la garde et la charge d’utilisation ne les mettent pas à la disposition de leur propre peuple et des peuples du monde, - le village planétaire est une initiative divine depuis la Création -, ils les privent de ressources de vie meilleure pour les uns et de survie tout court pour les autres.

Ils commettent ainsi, par leur incurie et leur absence totale de sens moral, des crimes contre l’humanité, privée par leur faute de moyens de l’émergence-développement matériel, social, intellectuel et spirituel.

 

Voilà le piège gigantesque et mortel dans lequel sont emprisonnés les Congolais et d’autres peuples africains qui leur sont semblables. Ils auront évolué à contresens  de l’Histoire, d’une part en n’ayant JAMAIS su (pu?) exploiter leurs ressources scandaleuses du sol et du sous-sol, et d’autre part en provoquant par leurs révoltantes inerties et autres incroyables inepties l’envie et la décision des autres peuples de venir piller et spolier leur pays mis à feu et à sang, éventré, dépeuplé, exsangue.

Et pendant qu’on les razzie et les extermine par millions – et les autres s’en gavent à cœur joie: c’est l’hallali! -, les Congolais, eux, aveugles et naïfs, expriment leur étonnement, scandalisés de ne voir personne accourir à la rescousse d’un peuple écrasé, à genoux, meurtri et dans son corps et dans son âme.

Question fatidique: «A qui la faute?».

Et quand, des nuits de veillée durant ou en des liturgies bruyantes et dansantes, ils crient leur détresse au Ciel, le Ciel reste muet, obscur, tandis que triomphent les puissances du mal: l’enfer a surgi non seulement des profondeurs minérales et forestières de la RDC, mais aussi des bas instincts déchaînés des suppôts du diable, le peuple de moutons que nous sommes autant que ceux qui nous gouvernent par la peur, la lâcheté et le silence de la trahison.

 

Dieu ne serait-il pas dégoûté de la stupidité de ces ayants droit qui se sont laissés enfermer et piéger dans la masse du semi-continent transformé en un mouroir, la morgue d’un Etat de NON-DROIT: personne n’est responsable de rien ni de personne…

Un peuple qui s’est privé tout seul de sa liberté, mérite-t-il la pitié?

A qui la faute?

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Afriquespoir 46

Editorial

Courrier

Vers le ciel.

Il n’explique pas tout. 

Contrat de bail.

C’est donc le temps.

Dossier:  De grandes ressources, mais ...

Terre en vente. 

Kibwila: A qui la faute?

Façonner les rapports humains.

Valoriser l’oralité.

La Pomme de terre, notre amie

Les miracles de Saint Paul

On vient de loin

Une guerre qu’on ne peut oublier

Elles me rappellent.