«Catéchiser en contexte congolais» (Editions Don Bosco – Lubumbashi, 2008) est une publication du P. Dieudonné Makola, qui nous donne des suggestions pour une catéchèse plus adaptée à la RD Congo.

 

Dieudonné Makola, un Salésien de Sandoa (Katanga), professeur dans plusieurs Instituts Supérieurs et à l’Université de Lubumbashi, nous invite à une réflexion approfondie sur la catéchèse au Congo Démocratique. En effet déjà en 1974, le Cardinal Joseph Malula avait dit au Synode des Evêques à Rome: «Il nous faut regarder résolument vers l’avenir et voir comment l’Eglise doit s’indigéniser, se localiser, pour porter authentiquement le témoignage de Jésus Christ. Cette tâche incombe au premier chef aux chrétiens africains». Il faut donc que les Africains chrétiens se mettent au travail pour inventer une nouvelle catéchèse, qui soit véritablement inculturée, sans rien oublier des données de la foi que le Credo nous a transmises. Eduquer les Congolais à la foi n’est pas une sinécure. Il est nécessaire, pour atteindre cet objectif, de mobiliser les ressources pédagogiques de la science et de la culture africaine. Mais pour se limiter au Congo, quels éléments de la culture traditionnelle peuvent enrichir la catéchèse? Avant tout, il faut valoriser l’oralité négro-africaine dans la transmission de la foi. L’héritage des «missionnaires» privilégiait l’«apprantissage par coeur».

Selon cette méthode, l’apprenant était comme une banque dans laquelle on dépose des contenus, qu’il restituera entièrement quand cela lui sera demandé. Bien sûr, la foi vient de l’écoute (Rm 10,17).

Mais rien n’empêche de faire appel à des symboles naturels et à des attitudes traditionnelles. Il est donc tout à fait positif de faire appel à la mémoire pour présenter des mythes, des légendes, des récits, des dictons, des proverbes, des chansons, des rythmes, des gestes pour appuyer le contenu de la catéchèse. Il ne faut jamais laisser l’interlocuteur passif. Il doit s’impliquer activement au discours en acquiesçant, en répétant ce que dit le conteur, en complétant un proverbe, en chantant, en dansant avec des rythmes appropriés. C’est ce qui a été fait dans le rite zaïrois de la messe pour rendre beaucoup plus participative la présence des fidèles dans l’église.

Utile est aussi le recours au langage symbolique et à l’image. On peut appliquer au Christ, par exemple, l’image de chef, d’ancêtre, d’aîné, de guérisseur, de prophète, etc.

 

Finalement la catéchèse  peut exploiter aussi la narration et le récit. Ne parle-t-on pas du Christianisme comme d’une «communauté narrative», selon l’expression de H. Weinrich (Concilium 85, page 49)?

Mais il y a des lieux privilégiés, dans lesquels nous pouvons inventer une nouvelle catéchèse. Le champ de la musique par exemple.

La culture congolaise est marquée par les chants. En débarquant au Congo, on a l’impression d’être arrivé au milieu d’un peuple toujours joyeux et qui passe son temps à chanter et à danser. En effet, la musique a un réel «pouvoir» au Congo. Rien n’empêche d’utiliser des chants bien choisis pour appuyer notre catéchèse. Mais surtout il faudrait privilégier la production de chants qui véhiculent des enseignements évangéliques.

Il y a aussi le champ sportif, qu’il ne faut pas oublier, surtout si nous voulons rejoindre les jeunes. S’inviter au sein des structures sportives pour donner des conseils, pour proposer des initiatives en faveur de la non-violence, du fair-play, de la tolérance, de la fraternité, de la lutte contre la superstition et l’immoralité, etc.

 

On ne peut pas non plus oublier les lieux de la précarité. Jésus a eu un regard particulier envers les pauvres, les marginalisés, les malades, les exclus de la société. Attention aux pauvres signifie, par exemple, insérer dans les programmes d’enseignement les thèmes de la justice, des droits de l’homme, et prendre des initiatives concrètes qui vont dans le sens de la libération de l’homme (la rue: enfants abandonnés ou «shégué»; les prisons; les hôpitaux, les centres de soins,...).

La catéchèse doit s’adresser aussi aux lieux de la haute culture, à travers des conférences, des sessions, des publications, des maisons d’éditions,  des forums, des débats, etc. Sans oublier les moyens de communication de masse. Et tout cela dans la conviction que la foi chrétienne contribue certainement à l’humanisation de la société et à un éveil pour un approfondissement ultérieur de la foi.

 

Ae

Valoriser l’oralité

Zone de Texte:

Afriquespoir 46

Editorial

Courrier

Vers le ciel.

Il n’explique pas tout. 

Contrat de bail.

C’est donc le temps.

Dossier:  De grandes ressources, mais ...

Terre en vente. 

Kibwila: A qui la faute?

Façonner les rapports humains.

Valoriser l’oralité.

La Pomme de terre, notre amie

Les miracles de Saint Paul

On vient de loin

Une guerre qu’on ne peut oublier

Elles me rappellent.