|
Pourquoi notre monde, pourtant si orgueilleux des conquêtes de la science et de la technique, n’arrive pas à reconnaître qu’on a tous les mêmes droits et à éviter les discriminations, les conflits à répétition, le partage injuste des ressource de la planète? Des questions auxquelles on peut donner des réponses bien différentes. En voici trois. La première vient du Président américain Obama. Le 16 juillet dernier, en parlant à N. York à 3.000 membres du Naapc (National Association for the Advancement of Coloured People), la plus ancienne association pour les droits civils des Noirs d’Amérique, il a pris de poitrine le problème suivant : pourquoi les descendants des esclaves noirs ne réussissent, comme peuple, à croître et à s’intégrer dans la société américaine, qui est pourtant ouverte à toutes les composantes ethniques présentes dans ses 300 millions d’habitants? La plaie de la discrimination - a dit le président – continue de frapper la communauté afro-américaine : «dans la santé, dans l’école, dans le travail, dans la société civile. Dans les États Unis d’Amérique il ne doit plus avoir une place pour les préjugés et les discriminations. Celle-ci est notre responsabilité de chefs». Ensuite il s’est adressé directement à tous ses concitoyens noirs, en affirmant qu’aucune intervention de gouvernement ne pourra changer ces situations, si n’intervient pas un radical changement de mentalité. A partir de l’éducation: «Votre destin est dans vos mains, ne l’oubliez pas… Les parents doivent s’assumer leurs responsabilités, en mettant de côté les jeux vidéo et en envoyant tôt leurs fils au lit.» Le premier président afro-américain de l’histoire Usa n’a pas hésité à attribuer à sa mère le mérite de ses succès. «Si ce n’était pour elle, ma vie aurait pris un pli bien différent.»
Quelques jours auparavant, le 11 juillet, au Ghana, il avait invité les élites intellectuelles africaines à un examen de conscience à propos de ce qui ne marche pas dans certains pays du continent et dont la responsabilité revient surtout aux chefs «Il est facile d’attribuer aux autres la faute de ces problèmes! Votre avenir sera ce qu’aujourd’hui vous vous construisez.» Une deuxième réponse nous est offerte par la lecture que le pape Benoît XVI fait, dans sa nouvelle encyclique, La Charité dans la vérité, en rappelant qu’une bonne société est sans doute le fruit du marché et de la liberté, mais qu’il y a des exigences qui naissent de la fraternité humaine, qui ne peuvent être confiées à la seule sphère privée, à la solidarité, à la compassion des organisations caritatives. «Il y a dans le monde des inégalités sociales et des injustices structurelles qui ne sont plus tolérables, qui exigent, en plus des interventions immédiates qui sont un devoir, une stratégie coordonnée pour rechercher des solutions globales durables. Éliminer la faim dans le monde est devenu, à l’ère de la mondialisation, une exigence à poursuivre pour sauvegarder la paix et la stabilité de la planète.» L’Église n’a pas de «solutions techniques» à offrir, mais bien «l’enseignement de l’Écriture Sainte sur la vérité de l’homme» et le devoir d’annoncer l’Évangile de l’Amour, et de la justice». La troisième réponse vient du portrait de tous ceux qui exploitent leur prochain, tracé par le psaume 49,18-19. Des milliers d’années nous séparent de son compositeur, mais il est toujours actuel: « Si tu trouves un voleur, tu cours avec lui, tu n’es qu’un de plus parmi les adultères; tu ne te gênes pas pour dire du mal et tu te sers de ta langue pour tromper.» A ce ‘tu’, on peut donner des noms très importants: gouvernements, entreprises, banques, groupes ou individus qui savent comment exploiter les plus faibles. Le drame de la pauvreté de tant d’êtres humains jette une lumière crue sur la culpabilité de ceux qui jouent avec l’économie mondiale et en tirent de colossaux bénéfices financiers. Alors que «le sommet de la puissance de Dieu est la miséricorde, le pardon, dans notre concept mondial actuel du pouvoir, nous pensons à quelqu’un qui a de grandes propriétés, qui fait autorité dans le monde économique, qui dispose de capitaux, pour influencer le monde du marché. Nous pensons à quelqu’un qui dispose du pouvoir militaire, qui peut menacer. La question de Staline : «Combien de divisions possède le pape?» caractérise encore l’idée générale du pouvoir. Le pouvoir appartient à celui qui peut être dangereux, qui peut menacer, qui peut détruire, qui a en main tant de choses du monde. Mais la Révélation nous dit: «Il n’en est pas ainsi: c’est dans la miséricorde que Dieu démontre le véritable pouvoir.» (Benoît XVI, 26.07.09). Ae |
|
Si tu trouves... |
|
Éditorial |