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Pauline Jaricot, la dernière des sept enfants d’une famille de marchands de soie, est née à Lyon, le 22 juillet 1799, durant une période difficile pour l’Église en France. Elle a vécu une époque orageuse, en effet elle aura le temps de voir, le Consulat, l’Empire, la Restauration, Charles X, Louis-Philippe, la seconde République et le second Empire. Le clergé est divisé: d’un côté les prêtres «assermentés» de tendance nationaliste et de l’autre les prêtres «réfractaires» fidèles au magistère du Pontife romain. La famille Jaricot est amie des prêtres «réfractaires» et Pauline est baptisée à la maison.
Très vivante, la petite fille mène une vie insouciante dans un milieu très croyant et aisé, «vivante de sa propre vie», comme elle l’écrit joyeusement. A l’âge de 17 ans, elle sent très fort le désir de répondre à l’amour de Dieu et de servir le Christ dans les pauvres et les incurables de l’hôpital. Elle accueille pour leur assurer une éducation religieuse et professionnelle des enfants ramassés dans la rue et crée l’association dont le nom évoque toute une orientation spirituelle, l’Oeuvre des Réparatrices du Coeur de Jésus méconnu et méprisé. «Parmi les personnes auxquelles je m’adressais, j’ai trouvé des coeurs qui semblaient entrer dans mes pensées et partager mes peines. C’étaient de simples ouvrières, car, pour les riches, je n’osais guère espérer de me faire comprendre, à moins que ce ne fût que de bien jeunes personnes», écrit-elle.
Un sou La Mission entre dans son projet spirituel à travers ses rêves de devenir missionnaire en Chine, rêves partagés avec son frère Philéas, qui entrera au séminaire Saint-Sulpice. Mais, ne pouvant aller en Asie, elle cherche sous une autre forme aider les missions. Pauline découvre que la mission n’est pas seulement en Asie, que la mission de l’Église est universelle. Déjà en 1818, Pauline commence à recueillir un «sou» par semaine, auprès des 200 ouvrières de l’usine de son beau-frère. Des milliers de personnes s’associeront à l’œuvre de la Propagation de la Foi, pour aider la mission évangélisatrice de l’Église.
Une force immense En 1822, Pauline laisse tranquillement en d’autres mains la direction de la «Propagation de la Foi» et fait naître une autre œuvre, celle du Rosaire vivant: des gens qui récitent tous les jours une dizaine du chapelet en méditant sur le mystère correspondant de la vie de Jésus. La communion de cœurs priant et méditant chaque jour la vie de Jésus, crée une force spirituelle immense dans l’Église. Le Rosaire vivant s’étendra rapidement, pour former un réseau qui comptera en France un million d’associés en 1834. Jusqu’au Canada, en Amérique latine, en Asie et dans le monde entier. La troisième initiative de Pauline est créée dans un but social. Ce sera l’Oeuvre des ouvriers. En 1845, elle propose aux associés du Rosaire le plan suivant: constituer une «banque du Ciel», alimentée par des prêts remboursables, mais sans intérêts. Cet argent servirait à financer des entreprises accordant à leur main d’oeuvre des salaires plus élevés, afin d’assurer une bonne éducation aux enfants. Mais le projet fut aussitôt capté par quelques affairistes douteux qui, sous le masque d’intentions religieuses, trompèrent la confiance de Pauline. Les dix années qui lui restaient à vivre furent littéralement empoisonnées par cette faillite, mais elle ne cessa de se battre, pour rembourser ses prêteurs. Elle se voulait fidèle, coûte que coûte, au premier engagement de sa vie: sa proximité avec les pauvres. Vendant jusqu’à son mobilier pour rembourser ses plus petits prêteurs, cette faillite devint la croix de l’ultime période de sa vie. Elle s’éteint en 1862.
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Elle se voulait fidèle |