Le Message du Pape pour la Journée Mondiale des Missions de 2009, dimanche 18 octobre, invite les chrétiens à se préparer à ce rendez-vous en proposant une réflexion sur les mots du livre de l’Apocalypse:

«Les Nations marcheront à sa lumière.» (21, 24)

 

 

«Le but de la Mission de l’Église est en effet d’éclairer - écrit le Pape-  avec la lumière de l’Évangile, tous les peuples dans leur chemin historique vers Dieu, pour qu’ils aient en Lui, leur pleine réalisation et leur plein accomplissement. Nous devons ressentir le désir profond et la passion d’éclairer tous ces Peuples, avec la Lumière du Christ, pour que tous se rassemblent dans l’unique famille humaine, sous la paternité aimante de Dieu ». C’est la mission de l’Église, dès ses débuts jusqu’à la fin du monde: «L’Église n’agit pas pour étendre son pouvoir, ou pour affirmer sa domination, mais pour apporter à tous le Christ, Salut du monde. Nous ne demandons rien d’autre que de nous mettre au service de l’humanité, et spécialement de celle qui souffre le plus, et qui est la plus marginalisée, parce que nous croyons que «l’engagement d’annoncer l’Évangile à tous les hommes de notre temps… est sans aucun doute un service rendu non seulement à la communauté chrétienne, mais aussi à toute l’humanité ».

 

Croix: un même destin

L’image de la lumière dont les chrétiens devraient être des porteurs est toujours actuelle. Une tâche qui n’est jamais facile. Les ténèbres, le mal, ne cessent d’être là. Face aux contradictions et aux souffrances du monde contemporain «la mission de l’Église consiste à ‘contaminer’ d’espérance tous les peuples. Pour cela, le Christ appelle et envoie ses disciples pour annoncer le Royaume de Dieu. Annoncer l’Évangile doit être pour nous, comme ce l’était déjà pour l’Apôtre Paul, un engagement qui ne peut être différé et qui est premier… Un engagement qui est ferment de liberté et de progrès, de fraternité, d’unité et de paix… Un engagement qui est urgent si l’on considère «les profonds et vastes changements de la société actuelle. La participation à la Mission du Christ, en effet, marque aussi la vie des annonciateurs de l’Évangile, auxquels est réservé le même destin que leur Maître ».

Un destin donc marqué par la croix. Dans l’information planétaire de nos jours s’infiltrent parfois des nouvelles qui confirment les difficultés qui menacent même leur existence. Voilà quelques exemples.

 

Dans la Corée du Nord, récemment, Ri Hyon-ok, une femme de 33 ans, a été condamnée à mort et exécutée publiquement pour avoir ‘distribué des Bibles’. Son mari et trois enfants ont été enfermés dans un camp de détention.  Dans le pays, il y aurait au moins trente mille chrétiens ‘occultes’. Malgré l’autorisation officielle de l’ouverture de trois églises (une catholique et deux protestantes), aucun Coréen ne doit risquer d’entrer dans ces lieux de culte, réservés à la petite communauté étrangère.

 

Viet-nam. L’église de Tam Toa fut détruite au cours d’un bombardement américain en 1968. Il ne restait  plus d’elle que quatre murs et le clocher. Le terrain qui l’entourait a été transformé en jardin public. Pendant toute la guerre et les décennies qui ont suivi, les activités religieuses y ont été interdites.

Ce n’est qu’en 2008 que la vie religieuse de la communauté chrétienne a pu reprendre. Chose que les autorités civiles ne voyaient pas d’un bon œil. En juillet dernier, après une violente attaque policière contre la communauté paroissiale, le climat des relations entre catholiques et forces de sécurité, loin de s’apaiser, n’a cessé de se détériorer. Dans de différents endroits du pays, plusieurs prêtres ont été l’objet d’agressions délibérées de la police et deux d’entre eux ont été grièvement blessés. Cent soixante-dix prêtres, 420 religieuses et un demi million de fidèles se sont rassemblés pour des protestations pacifiques en solidarité de prière avec la paroisse de Tam Toa.  Selon certains commentateurs, cette manifestation populaire est la plus importante qu’ait jamais connue le Vietnam. (Églises d’Asie)

 

Nigeria. Au moins 600 personnes ont été tuées au cours de cinq jours d’affrontements au Nigeria entre l’armée et des extrémistes islamistes. Plus de 3 000 personnes se sont réfugiées dans les casernes militaires, essentiellement des chrétiens. Les violences dans le nord ont éclaté le 26 juillet, quand des groupes de jeunes gens armés de machettes, de couteaux, d’arcs et de flèches, de fusils de chasse et d’explosifs artisanaux ont attaqué des bâtiments publics et des églises à Maiduguri. Parallèlement, des attaques étaient commises à Kano, Bauchi et Sokoto, capitales d’États voisins. Les affrontements entre les membres de la secte «Talibans», appelée en langue haoussa ‘Boko Haram’ (l’éducation occidentale est un pêché), avaient commencé quand des membres de la secte ont tenté d’attaquer un poste de police dans l’Etat de Bauchi (nord). Les violences se sont très rapidement étendues aux États de Yobe, Kano et Borno. Les ‘Boko Haram’ exigent l’instauration de la sharia, la loi islamique qui, à partir de l’an 2000, a été renforcée dans 12 des 36 États nigérians et qui rend les chrétiens victimes d’intolérance et de discrimination.

 

Inde. Des attaques  contre les chrétiens, en particulier dans le district du Kandhamal, ont fait l’année passée plus de 90 morts, déplacé des dizaines de milliers de personnes et détruit des milliers de maisons et plusieurs églises. Malgré les difficultés rencontrées pour que justice soit rendue aux chrétiens, le groupe œcuménique United Christians Forum of Orissa, présidé par  Mgr Raphaël Cheenath, archevêque catholique de Cuttack-Bhubaneswar, vient de lancer un appel à la paix et au pardon : « Nous devons pardonner ce qui s’est produit par le passé pour construire une société plus forte qui ne soit plus détruite par des projets criminels », a-t-il déclaré.

 

Pakistan. Un pays où vivent près de trois millions de chrétiens. Victimes de préjugés, beaucoup n’ont qu’un très faible niveau de vie et sont cantonnés dans des emplois subalternes.

 

Algérie. Un prêtre catholique d’Oran, le p. Pierre Wallez, a été condamné à un an de prison avec sursis pour avoir «animé un culte» auprès de migrants clandestins camerounais. Une fois de plus – ont écrit les évêques catholiques du pays - l’attitude du gouvernement algérien pose le problème de la réciprocité et du respect mutuel. En Égypte, les chrétiens font face à d’innombrables obstacles bureaucratiques lorsqu´ils veulent construire ou rénover leurs lieux de culte, alors qu´il n´y a aucune difficulté pour la construction de mosquées.

 

Israël. Il y a quelques mois, d’horribles offenses ont été perpétrées contre Jésus-Christ et contre la Vierge Marie, sur la chaîne 10 de la télévision. Les évêques catholiques de la Terre Sainte ont rappelé que ce programme télévisé n’est qu’un symptôme de problèmes plus inquiétants touchant la société, tels que l’intolérance, le refus d’accepter et de respecter l’autre, et la haine. Plus important encore, les chefs des Églises replacent cet incident dans le contexte plus large des attaques dirigées depuis quelque temps contre les chrétiens en Israël. Il y a quelques mois à peine, des exemplaires du Nouveau Testament ont été publiquement brûlés dans la cour d’une synagogue à Or Yehuda. Depuis des années, la chrétienté a beaucoup oeuvré pour mettre un terme aux manifestations d’antisémitisme, et voilà qu’aujourd’hui les chrétiens en Israël sont victimes d’une manifestation anti-chrétienne de bas étage.

 

Tous appelés

«Un engament qui concerne tous – conclut le message du pape, qui fait appel «Aux Églises antiques tout comme aux Églises de fondation récente. Elles sont placées par le Seigneur comme sel de la terre et lumière du monde, appelées à répandre le Christ, Lumière des Nations, jusqu’aux extrémités de la terre. La ‘Missio Ad Gentes’ doit être la priorité de leurs plans pastoraux.»

Jusqu’aux enfants! Le diocèse d’Adilabad, en Inde, ne compte que dix ans d’existence (créé par Jean-Paul II en 1999). L’Église d’Adilabad compte aujourd’hui 15.000 catholiques, soit 0,5% de la population. La grande majorité appartient à la classe sociale la plus basse. Son premier évêque,  Mgr Joseph Kunnath, Carme de Marie Immaculée, a déclaré récemment que les premiers à demander le baptême ont été les enfants. Certains «ont converti leurs parents en parlant de Jésus.»

 

RDCongo. Diocèse de Dungu. Voilà le drame qui s’est passé le vendredi 17 juillet 2009, lorsque quatre filles de Kiliwa sont allées au champ de Ferdinand Walingba, le catéchiste de Nangume, à 5 Km de Kiliwa..

Elles étaient en train de récolter des feuilles de manioc, lorsqu’elles se sont aperçues qu’un militaire les avait suivies. Il s’approcha, pointa le fusil et dit qu’il voulait coucher avec elles. Si elles refusaient, il les aurait tuées.

Une fille, Marie Merci, prend immédiatement la fuite. Le soldat tire plusieurs balles, qui n’arrivent pas à l’atteindre. Les autres trois filles tentent aussi d’échapper. Mais Modestine est atteinte à la main gauche et au ventre, tandis que Marie Titalegu reçoit une balle au front, tout près d’un oeil et une autre à la poitrine.

La quatrième fille, Animonu, reçoit une balle à la joue gauche et une deuxième qui entre et sort en bas de son épaule gauche. Elle tombe à terre, comme les autres.

Marie Merci a continué sa course jusqu’à Kiliwa, où elle arrive vers 17 heures et informe papa Ferdinand de ce qui est arrivé. Cependant, elle ignore le sort des trois autres amies. Ensemble avec papa Ferdinand et un militaire, elle reprend la route vers Nangume. Mais la nuit approche et, après avoir donné un coup d’œil au champ où les filles récoltaient le manioc et n’avoir entendu aucun bruit, le groupe décide de rentrer.

Le lendemain, une vingtaine d’hommes partent à la recherche des filles. Ils les trouvent sur le lieu de la fusillade. Seulement la petite Animonu semble respirer encore. Elle sera tout de suite transportée à l’hôpital de Dungu où, soignée par le personnel médical et assistée par sa sœur Marie Merci, celle qui s’était sauvée la première,  elle pourra récupérer la santé.

Elle a dix ans et fréquente la troisième primaire à Kiliwa. Elle est catéchumène et se prépare à recevoir le baptême et la première communion.

Les deux filles tuées sont: Modestine Tamelegu Ligisende née à Wilibadi Gbagbele, en 1991, de Ferdinand Walingba et de mama Ligisende, baptisée à Kiliwa le 31/7/2005. Et Marie Titalegu, née à Kiliwa le 14/4/92, de Jean-Pierre Kumbonyaki et mama Animbu, baptisée le 16/6/’93.

Sur le corps des deux victimes étaient évidentes les traces de viol.

Ae

Un service à rendre

  Numéros on line