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Ces mots terribles sont dans le livre de Josué (7,13). De toujours, cela a été ainsi et jamais ne changera. Manquer lucidement de l’obéissance aux commandements de Dieu, c’est détruire rationnellement et le plus simplement, la nature ou l’ordre des choses établi. Autrement dit, signifie fragiliser, menacer de destruction l’homme, sa communauté, ainsi que l’environnement, quelles que soient les raisons que le négateur de Dieu peut avancer pour se justifier ou s’expliquer. Là est le fondement de la justice, c’est-à-dire de l’équilibre ou ‘’harmonie première’’ de moi avec moi-même, de moi avec l’autre et l’Autre (Dieu) et de moi avec le monde dont je partage la matière constitutive. Ces trois niveaux se tiennent naturellement et ne peuvent en aucun cas être dissociés : en synergie, ils forment un ‘’univers’’. A cause de sa rapacité et de son égoïsme accapareur, non seulement le soldat Akan fit massacrer toute une brigade de ses frères d’armes en une seule bataille et jeta toute l’armée israélite dans une fuite éperdue et peu glorieuse devant l’ennemi sensé inférieur, mais la superbe de son cœur enténébré entraîna aussi la disparition de la surface de la terre de sa propre famille, «ses fils et ses filles» et, sans doute aucun la mère de ses enfants: «on les livra au feu et on leur jeta des pierres» (Jos 7,24-25). Akan a été un non-juste, parce qu’il n’a pas craint Dieu et n’a pas du tout aimé ses préceptes. Sa lignée ne pouvait donc être puissante sur la terre. Au lieu d’emmener « opulence et bien-être en sa maison» (Ps.112), il a ramené l’anathème, la malédiction, aux siens et à la communauté avec laquelle il était sociologiquement et spirituellement en interconnexion…
Si la justice a vocation d’engendrer l’ordre et l’équité, au niveau des relations individuelles, des communautés et des nations, la non-justice est, cela va sans dire, génératrice d’un désordre voulu, parce qu’ elle est refus de rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et par conséquent à l’homme ce qui lui revient. La réconciliation entre Josué et son peuple d’une part et le Seigneur de l’autre devait passer par le retour de la justice ou l’équilibre des forces en présence: Dieu reconnu à son niveau et le peuple sacrifiant la famille ayant emmené le mal en son sein, pour purifier, on dirait aujourd’hui ‘‘l’interface Yahvé-Peuple’’… Et la paix re-née dans les cœurs des deux côtés permit de reprendre les choses où elles s’étaient arrêtées, en quelque sorte, afin de poursuivre le programme tracé du développement de l’Histoire. Deux familles voisines se sont prises en inimitié profonde depuis d’innombrables années. En cause : un magnifique safoutier de papa Luzolo (‘‘Volonté aimante’’) dont les branches surplombent fièrement la parcelle de papa Nzola (‘’Amour’’). Celui-ci devait tous les matins balayer, la rage au cœur, le tas des feuilles mortes. Il se crut autorisé, de ce fait, de cueillir les savoureux safous bien dodus qui se balançaient au-dessus de sa propriété. Et la guerre injuste éclata entre les deux, papa Luzolo ne tolérant pas cette désinvolture du voisin… Il n’était possible de les réconcilier qu’en optant pour l’une de ces deux solutions: - soit, couper branches et racines de l’arbre qui, d’ailleurs menaçaient les deux demeures; - soit s’accorder un gentleman’s agreement, permettant à papa Nzola de manger aussi le fruit de l’arbre ‘défendu’ à cause de la corvée quotidienne d’enlever la crasse produite par les feuilles qui tombaient chez lui. Il eut fallu que les deux en viennent à palabrer… sous l’arbre litigieux, entourés des sages du quartier. Aucun des deux ne voulut s’humilier pour reconnaître les droits de l’autre, l’orgueil les conseillant de ne pas perdre la face en faisant le premier pas. Aucun des deux n’étant juste, donc pas de réconciliation possible, et tout le quartier perdit la paix… |
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La malédiction est au-dedans de toi! |