|
La Déclaration des Droits de l’Enfant approuvée par l’ONU le 20 novembre 1959, vient de célébrer ses 50 ans. Tous les enfants ont des droits, les mêmes pour tous, dans tous les pays. Des droits différents de ceux des adultes. Et c’est normal, puisqu’il n’est pas encore grand, l’enfant a le droit d’être protégé, éduqué, aimé. On peut affirmer que la situation des enfants reste préoccupante, voire catastrophique en de multiples points du globe. Mais on peut affirmer, sans risque d’erreur, qu’elle serait pire si cette Déclaration n’existait pas.
Le progrès le plus marquant : la diminution du nombre annuel de décès d’enfants de moins de 5 ans. Ainsi que le détaille le rapport publié lors de cet anniversaire par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), ce nombre est passé de 12,5 millions en 1990 à moins de 9 millions en 2008 . Entre 2000 et 2007, les décès d’enfants provoqués par la rougeole ont reculé de 74 % dans le monde (89 % en Afrique), et des millions de vies ont été sauvées grâce à la vaccination contre la diphtérie, la coqueluche, le tétanos, l’hépatite et d’autres maladies. La dénutrition a reculé dans les régions en développement, où plus de 1,6 milliard de personnes, depuis 1990, ont obtenu l’accès à une source améliorée d’eau potable. Partout dans le monde, les efforts en matière d’éducation se sont intensifiés. On estime que 84 % des enfants en âge d’aller à l’école primaire sont actuellement scolarisés, et que près de 90 % d’entre eux achèveront ce premier cycle. De vrais succès, donc, mais aussi combien de lacunes: en Afrique, seulement 64% des enfants en âge d’aller à l’école primaire, sont scolarisés ; 42 millions ne sont pas scolarisés.
Dans la rue Selon l’ONU, dans le cinq continents, 150 millions d’enfants vivent dans la rue, soit un enfant sur cinq. La moitié de ces enfants vit dans le continent sud-américain et 30 millions en Asie. Guerres, préjugés, industrialisation sauvage et désordonnée, désintégration des liens sociaux sont les effets les plus destructeurs sur des millions d’enfants qui semblent ne voir le jour que pour sombrer aussitôt dans la nuit. Les enfants des rues ont entre 5 et 16 ans, mais il est courant d’en rencontrer qui ont à peine 3 ou 4 ans aux côtés de frères plus âgés qui assurent leur protection. En Inde, plus de 150 000 enfants sont dans la rue à Delhi et plusieurs millions dans le pays; en Chine 10 millions d’enfants clandestins naissent chaque année en milieu rural et cela en marge du planning officiel des naissances qui n’autorise qu’un seul enfant par couple. N’étant pas déclarés, ils n’ont aucune existence légale et sont destinés à rester des marginaux toute leur vie. Ce sont eux qui viennent grossir les rangs des enfants des rues lors des flux migratoires. On compte 300 000 enfants dans les rues de Shanghai et de Guangdong. Dans l’ensemble du pays ils seraient plusieurs millions. Aux Philippines : 550 000 enfants vivent dans les rues de Manille, dont 50 000 à 80 000 dans le métro de la capitale. En Russie, chaque année 60 000 enfants fuguent pour fuir les coups, les traitements cruels et les comportements immoraux de leurs parents. Tous vont vers les grandes villes et on estime à 800 000 enfants dans la rue dans toute la Fédération de Russie. États Unis: 1 850 000 enfants sont portés disparus chaque année. La majorité d’entre sont des fugueurs. 10 à 20 000 de ces enfants ne sont jamais retrouvés et deviennent, pour la plupart, des enfants des rues.
Les enfants soldats La guerre fait des ravages chez les enfants. Au moins deux millions d’enfants sont morts ces 10 dernières années à la suite de guerres déclenchées par des adultes, qu’ils aient servi de cibles civiles ou qu’ils aient été tués au combat en tant que soldats. Les populations civiles sont de plus en plus visées. Elles sont jetées sur les routes et les chemins. La destruction des foyers, des écoles et des villages fait davantage de victimes chez les enfants que les balles et les bombes. Nombre d’entre eux sont enrôlés de force dans les forces armées et deviennent des enfants soldats. 300 000 enfants dans 44 pays de la planète, dont certains n’ont pas plus de 8 ans, participent directement aux conflits. Ils sont soldats ou porteurs contraints de travailler. Certains autres ont appris à tuer et à torturer. Si leur nombre global reste stable, les pays ayant recours aux services de ces gamins sont eux de plus en plus nombreux. Chair à canon dans les conflits armés, les enfants-soldats sont aussi démineurs, espions, porteurs, esclaves sexuels, gardiens des exploitations de pétrole ou de diamants finançant les rébellions d’Afrique. Parmi les 41 pays qui les exploitent, la palme revient à la Birmanie : les enfants-soldats y seraient quelques 50.000.
Aujourd’hui les enfants-soldats sont moins nombreux au Proche-Orient ou en Amérique latine, en raison de la réduction du nombre des conflits. Ils seraient 120.000 dans les différentes guerres d’Afrique, et combattent aussi dans les rébellions des Philippines, de Papouasie-Nouvelle Guinée, et les conflits de la RDCongo, du Darfour et de Colombie. L’impact des conflits armés sur les enfants est terrifiant : les conflits armés diffusent la destruction et violent les droits des enfants à une échelle encore jamais vue. |
|
Jeunesse sud-africaine : les risques |
