Le dossier spécial de ce numéro d’Afriquespoir reproduit l’appel que Benoît XVI adresse aux  chrétiens à l’occasion de la Journée mondiale des communications. Alors qu’il y a des communautés chrétiennes qui font de leur mieux pour être présentes dans les médias, notamment sur Internet, d’autres vivent et travaillent toujours dans l’anonymat. Ou presque. A tel point que les messages que les responsables de l’Eglise catholique africaine adressent à leurs fidèles et aux gens de bonne volonté, bien qu’ils concernent des problèmes très graves et d’actualité, risquent de  passer inaperçus.

Il suffit, par exemple, de lire ce que certains pasteurs écrivent là où tel ou tel pays se prépare aux élections. En Côte d’Ivoire, les Evêques catholiques le 4 janvier dernier ont lancé un ‘appel’ aux protagonistes des élections, attendues depuis 2005: «Dans la conduite de la vie de la nation, vous, leaders politiques, vous occupez une place de choix. Vous vous présentez comme des éveilleurs de conscience et des modèles de citoyens. A ce titre, vous êtes appelés à être les repères et les guides des militants de vos partis politiques… vous éviterez de trahir ou de contredire le noble idéal de paix et de bonheur partagé que vous portez pour l’ensemble du pays... »

Et dans un nouveau message, le 23 février dernier: « Au Nom du Dieu Tout Puissant et Miséricordieux, nous vous le demandons, à vous leaders politiques: ayez le sens de la responsabilité, de l’abnégation et de l’amour du peuple dans votre désir de servir le pays. Favorisez l’unité de tous les fils et filles de la mère-patrie. Ce n’est pas en vous accrochant à vos intérêts particuliers et partisans que vous contribuerez à sortir le pays du sous-développement et de la misère. Vous n’avez pas le droit, sous quelque prétexte, de prendre le peuple de Côte d’Ivoire et son devenir, en otage. Dans la situation actuelle, vous devez faire preuve de courage et de volonté politique pour trouver ensemble une issue heureuse et rapide. Vous en êtes capables.»

«Nous demandons aux responsables politiques et militaires qu’ils se mettent vraiment au service du peuple» écrit l’Archevêque de Conakry, Mgr. Vincent Coulibaly.

Le Soudan aussi prévoit des élections et des referendums au cours de l’année. Des élections attendues depuis plus de deux décennies par des populations victimes d’une guerre civile, qui a entraîné la mort d’au moins 2 millions de personnes et déplacé 4 millions d’autres.

«Entretenir des sentiments de paix pour favoriser la réconciliation: malgré nos divergences de points de vue, nous formons une seule nation qui doit s’engager à marcher unie». Des mots simples, mais essentiels, exprimés par Mgr. Rudolph Deng Majak, évêque de Wau, Bahr el Ghazal. «Les premières élections législatives démocratiques depuis 24 ans qui se tiendront en avril seront l’occasion d’évaluer la mutation politique de notre pays - a déclaré l’archevêque de Juba, Mgr Paolino Lukudu Loro - malgré les divergences politiques, les conflits ethniques et l’insécurité que nous avons tous vécus.»

«Comment collaborer à l’élimination de la corruption, promouvoir la bonne gouvernance pour le bien commun?» se sont demandés les Secrétaires Généraux de l’IMBISA, l’Union des neuf Conférences épiscopales de l’Afrique australe. «Nous vivons dans une région riche en histoire et en ressources naturelles. Nous croyons que les bénédictions de Dieu sont encore abondantes, en particulier avec les récentes élections pacifiques au Botswana, au Mozambique et en Namibie. Les dirigeants politiques sont élus par le peuple pas pour s’enrichir mais pour travailler pour le bien commun. Les fonctionnaires sont employés au service du public. Les infirmières et les médecins doivent faire de leur mieux pour allier efficience et compassion. Les enseignants doivent se rappeler que l’avenir de la jeunesse est dans leurs mains. Les militaires et la police ne sont pas des outils des partis politiques au pouvoir; ils sont là pour protéger les citoyens et défendre la nation tout entière…»

 

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