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Liberté de religion? |

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Un rêve interdit pour des milliards d’hommes. Notamment pour les chrétiens. «La communauté chrétienne est en ce moment la communauté la plus discriminée au monde», affirmait récemment Mgr S. Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations unies.
Le sujet n’est pas nouveau. Mais il n’avait jamais été analysé auparavant avec la précision scientifique dont le Pew Forum on Religion & Public Life (Washington) a fait preuve dans une enquête concernant 198 pays - manque la Corée du Nord, en raison de la pénurie pluri-décennale de données. Les modalités selon lesquelles la liberté religieuse est entravée, diffèrent d’un pays à l’autre. Parmi les pays où il y a le plus de restrictions à la liberté religieuse, en tête l’Arabie Saoudite. Chine, Pakistan, Indonésie, Egypte, Vietnam, Irak et Iran présentent aussi des taux globalement très négatifs. En Chine, les restrictions frappent les bouddhistes du Tibet, les musulmans ouïgours, les chrétiens non reconnus par le gouvernement, etc. En Chine et au Vietnam, par exemple, les populations ne montrent pas d’hostilité envers telle ou telle religion. Ce sont les gouvernements qui limitent fortement les manifestations de la foi. La situation est inverse au Nigeria et au Bangladesh, où les gouvernements optent pour la modération, alors que des actes de violence contre telle ou telle religion se produisent dans la société civile. En Inde, aussi, l’hostilité est plus le fait de groupes que des autorités, bien que celles-ci imposent de sévères restrictions. En Egypte, les restrictions à la liberté religieuse frappent surtout les chrétiens coptes, qui représentent environ 10 % de la population. Certains gouvernements soutiennent une seule religion (Sri Lanka, Myanmar, Cambodge: le bouddhisme) et répriment toutes les autres. Dans certains pays, l’hostilité se manifeste entre fractions d’un même monde religieux. En Indonésie, le pays musulman le plus peuplé du globe, ce sont les musulmans Ahmadi qui se sentent discriminés. L’Ahmadiyya (20 millions de membres) est présente dans plus de 190 pays et active dans l’humanitaire, surtout en Afrique (hôpitaux, écoles, etc.) L’ en 1973 les déclara non musulmans, leur interdisant le pèlerinage à . Et, en Turquie, les musulmans Alevis, qui représentent environ les 20% de la population, sont obligés de recevoir dans les écoles publiques une instruction religieuse qui ne correspond pas à leurs traditions.
Lecture L’intolérance, les contrastes idéologiques, les litiges au nom de Dieu, dans un monde toujours plus globalisé, doivent être interprétés honnêtement. C’est l’avis, par exemple, de l’Association chrétienne du Nigeria (Can) qui dans un document signé par Mgr. Ignatius Ayau Kaigama, Archevêque de Jos, ville où le 17 janvier dernier, les troubles entre bandes armées ont causé 326 morts: les violences et les actes de vandalisme sont le fruit de conflits entre groupes ethniques et religieux ou, plutôt, politiques? Est-ce qu’on doit ouvrir la porte à de nouvelles formes d’intolérance, sous le prétexte de la liberté? C’est la question à laquelle répond un document de la Conférence des évêques de France (01.01.2010): «Il faut raison garder. Le nombre de femmes portant le voile intégral étant très limité, les décisions prises ne doivent pas conduire à stigmatiser les croyants musulmans. Le Conseil national du culte musulman, par son président, Monsieur Moussaoui, a clairement déclaré que le voile intégral n’est pas un signe religieux et que le Coran ne demande pas qu’il soit porté par les femmes. Si un texte de loi était adopté, le risque pour les femmes musulmanes portant ce voile intégral est qu’elles ne sortent plus de chez elles et soient encore plus marginalisées. Ainsi le résultat pourrait être contraire à l’effet recherché et conduire, par réaction, à une augmentation du nombre de femmes portant cet habit.» Le président de la Conférence épiscopale pakistanaise, Mgr. Lawrence Saldanha, a envoyé au gouvernement un document l’invitant à accomplir “des pas en avant vers la réforme de la Constitution et du système juridique” et à ne pas favoriser l’utilisation politique de la religion. En Malaisie, de nombreuses attaques, souvent accompagnées de déprédations, contre des lieux de culte chrétien se sont répétées au cours des derniers mois. La cause? La Haute Cour de Malaisie a autorisé le journal catholique The Herald à employer le mot «Allah» (Dieu) dans ses articles, nom qui selon la jurisprudence islamique ne peut être utilisé que par les musulmans. En Grèce, seuls les chrétiens orthodoxes, les juifs et les musulmans peuvent s’organiser et posséder des biens en tant que tels. Pas les chrétiens d’autres confessions !
Regret En Grande-Bretagne, où pourtant le chef de l’Etat est aussi le chef de l’Eglise d’Angleterre, une décision de justice a permis à une entreprise d’obliger ses employés chrétiens à cacher les symboles de leur foi sur leur lieu de travail, mais en laissant les membres d’autres religions libres de porter leurs symboles. Correct a été le comportement du président sénégalais Abdoulaye Wade, qui avait affirmé que «Dans les églises, on prie un homme, Jésus Christ, qui n´est pas Dieu…» Des propos que l’archevêque de Dakar Théodore Adrien Sarr avait dénoncés comme «blessants et humiliants» pour les chrétiens. Le président a manifesté son regret de les avoir prononcés et qui ont «pu offenser certains membres de la communauté chrétienne». Y. N.
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