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Le Saint Suaire de Turin, conservé habituellement dans une chapelle de la cathédrale de Turin en Italie, sera exposé au public du 10 avril au 23 mai de cette année. Le Pape Benoît XVI se rendra lui aussi en pèlerinage pour contempler ce tissu, qui selon la tradition aurait enveloppé le corps du Christ déposé dans le tombeau.
On parle habituellement du Saint Suaire de Turin. En réalité il faudrait parler de linceul et non de suaire (= une espèce de serviette qui était déposée sur la tête du défunt lors de l’ensevelissement selon la coutume juive). Le Saint Suaire de Turin est un tissu de lin, mesurant 4,3 mètres de longueur et 1,10 de largeur, qui est probablement d’origine proche orientale. Sur ce tissu, il y a un homme représenté, quelqu’un qui est mort crucifié à l’âge de 30-35, de grande taille (environ 1,80 mètre), et qui pesait 80 kilos environ. Cette image a une origine mystérieuse ; elle présente toutes les traces de la passion de Jésus selon les Evangiles. Mais que sait-on au juste de ce Saint Suaire ? En connaît-on l’histoire ? L’évangile de Jean (Jn 19, 38-42) donne une description soignée de l’ensevelissement de Jésus. Joseph d’Arimathie obtint la permission de Ponce Pilate pour avoir le corps du Christ et Nicodème arriva avec un mélange de myrrhe et d’aloès d’environ cent livres (= 30 kilos). Jésus fut déposé dans un tombeau, propriété de Joseph d’Arimathie, en vitesse à cause de la fête qui commençait le soir, mais en respectant le mode de sépulture en usage chez les Juifs. On a donc enroulé le corps de Jésus avec un linceul et bloqué le tout avec des bandelettes. A cause du peu de temps à disposition, le corps de Jésus n’a pas été lavé, mais on versa dessus le baume composé de myrrhe et d’aloès. Après la résurrection, les premiers chrétiens cachèrent les linges trouvés dans le tombeau, parce que dans la tradition juive, tout ce qui avait touché un cadavre était considéré impur. Au temps de la guerre de 66-70, qui se termina avec la destruction du temple de Jérusalem et la dispersion des Juifs dans des pays étrangers, ces reliques inestimables furent transportées à Edesse, une ville située actuellement en Turquie. En 560 l’empereur Justinien fit transporter à Jérusalem le Saint Suaire, qui y resta jusqu’en 944 pour être gardé précieusement à Constantinople. En 1204, lors de la IV Croisade, le Saint Suaire fut mis à l’abri à Athènes. Il a été confié dans la suite aux Templiers jusqu’en 1314, date de leur abolition par le Pape Clément V. En 1349 le Sire de Charny (France), en possession de cette précieuse relique, demande au Pape Clément VI, qui résidait alors à Avignon, de pouvoir organiser une ostension publique du Saint Suaire. La famille de Savoie racheta le précieux suaire à l’ultime représentante de la lignée de Charny en 1453 et le transporta à Turin en 1578. C’est pour cette raison que cette relique célèbre est plus connue comme le Saint Suaire de Turin.
Inconcevable ! En 1988, il fut décidé de soumettre une partie de ce tissu à l’épreuve du carbone 14, pour arriver à une datation la plus précise possible. A la fin de cette étude faite par trois centres universitaires en Europe et aux USA, on publia le résultat qui laissa tout le monde bouche bée. Ces savants ont donné, comme date de « fabrication » du Saint Suaire de Turin, une année allant de 1260 à 1390. L’Eglise catholique, qui est la propriétaire de cette relique à partir de 1983, a accepté le résultat de l’épreuve carbone 14, mais en même temps elle ne veut plus d’autres expériences de ce genre, de peur d’endommager le tissu. Mais cette date est inacceptable pour des multiples raisons, basées sur l’analyse du tissu, la présence de tâches de sang humain, la nature de l’image qui est un négatif photographique et surtout à trois dimensions et beaucoup d’autres raisons. Un faussaire du XIII-XIV siècle ne pouvait en aucun cas fabriquer une image comme celle du Saint Suaire, parce qu’il n’y avait pas d’appareils photographiques (qui sont arrivés au XIX siècle) et d’autres appareils beaucoup plus perfectionnés que nous avons aujourd’hui. C’était en 1898 que Secundo Pia procéda à la première photographie du Saint Suaire et c’est alors qu’on découvrit que l’image était un négatif photographique et elle ne pouvait pas être fabriquée de main d’homme. Une fois le négatif développé, il révélait le portrait authentique d’un homme flagellé, couronné comme par un bonnet d’épines, crucifié, le tout conforme aux écrits évangéliques. Les tâches de sang reproduisent exactement un écoulement formé à la surface d’une blessure, dans le respect des caractéristiques de la circulation sanguine (découverte au XVI siècle et pas au XIII-XIV siècle !). Le tissu est fabriqué avec du lin, sans présence de laine, qui était interdite par la tradition juive. L’image du corps n’est pas faite avec un colorant ou une teinture quelconque et elle est monochrome. Comment l’image s’est-elle formée ? C’est un mystère. Il faut de toute façon exclure l’œuvre d’un faussaire peintre. En 1989, lors du Congrès de Bologne (Italie) sur le Saint Suaire de Turin, le professeur Gonella disait : « Cette image est techniquement inconcevable. Scientifiquement elle ne peut pas exister… Et pourtant le Saint Suaire existe ! ».
Il s’est abaissé Mais les découvertes ont continué. Bill Motterm utilisa un analyseur d’images VP 8 dans lequel il introduit un gros plan de la face de l’homme représenté. Sur l’écran de télévision, on voyait pour la première fois l’image du suaire en trois dimensions, dans un relief parfait. Et cette image pouvait être agrandie. Ce qui a permis de faire apparaître sur les paupières deux disques ressemblant à des monnaies. En effet selon la coutume hébraïque, on mettait des monnaies sur les yeux pour maintenir les paupières fermées. Le père jésuite Francis Filas, professeur à l’Université Saint Ignace de Chicago, mort en 1985, a eu le mérite de reconnaître sur la paupière droite l’empreinte d’une pièce de monnaie frappée sous Ponce Pilate, avec une anomalie dans les mots imprimés : la lettre C remplace la lettre K en grec de KAISAROS (= César, en l’occurrence Tibère). Il y a même imprimé la date qui correspond à l’année 29-30-31 de notre ère ! Max Frei, spécialiste de botanique, entre les années 1973 et 1978, a découvert la présence sur le Saint Suaire d’au moins 58 pollens d’espèces végétales diverses, dont 45 sont originaires de Jérusalem ou de la région avoisinante. Que faut-il retenir du Saint Suaire de Turin ? A-t-il enveloppé le corps de Jésus ? Pour certains scientifiques, comme les Américains Kenneth Stevenson, Habermas et Robert Bucklin, tous membres du STURP (en anglais: Shroud of Turin Research Project), il n’y a aucun doute. Ils affirment: «L’image (sur le Saint Suaire) est l’empreinte d’un homme connu, Jésus de Nazareth, à un moment donné de l’histoire. L’image est peut-être une brûlure légère. Comment s’est-elle produite? Nous ne le saurons jamais en termes scientifiques, parce que cela implique une action divine (= la résurrection) qui dépasse les lois de la nature». L’Eglise est beaucoup plus prudente dans ses interventions publiques. Jean Paul II, lors de sa visite à Turin, s’est exclamé devant le Saint Suaire: «C’est une provocation à l’intelligence». Et le Cardinal Anastasio Ballestrero, archevêque de Turin de 1977 à 1989, parlait du Saint Suaire comme d’une icône de la passion et de la mort de Jésus Christ. Devant cette image, nous sommes invités à méditer les Evangiles qui nous parlent de Jésus, qui à travers sa passion, sa mort, sa résurrection est devenu le Seigneur, selon l’enseignement de l’apôtre Paul: «Lui qui est de condition divine n’a pas revendiqué d’être traité comme l’égal de Dieu, mais il s’est dépouillé prenant la condition d’esclave. Devenant semblable aux hommes et reconnu à son aspect comme un homme, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, à la mort sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et lui a conféré le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus, tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre et que toute langue proclame que le Seigneur, c’est Jésus Christ à la gloire de Dieu le Père » (Philippiens 2, 6-11). Calixte F. Nyabenda |
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Le Saint Suaire |
