L’Afrique du sud est prête à accueillir la 19è édition de la Coupe du Monde de football. Le voile du scepticisme sur la capacité de ce pays d’organiser cette manifestation est définitivement tombé. C’est la toute première édition de ce grand événement sportif mondial qui sera organisée sur le continent africain.

 

Déjà, à partir du 9 juin, le pays de Nelson Mandela sera le centre  du monde. Pendant 4 semaines, les regards des millions des téléspectateurs du monde entier seront braqués sur les plus grands stades de l’Afrique du sud. Des centaines de milliers de visiteurs venus de tous les coins du globe vont sillonner ce pays hôte: on estime déjà plus de 570.000 supporters des équipes en compétition, qui sont attendus. Les medias sportifs internationaux y dépêchent aussi leurs représentants par centaines.

Le match inaugural sera disputé le 11 juin à 16H 00 entre l’Afrique du sud, pays hôte, et le Mexique, en présence des sommités sportives du monde et des plus hautes autorités des pays,  dans le majestueux  stade «Soccer City» de Johannesburg.

Tous les stades de la Coupe du monde sont prêts. L’Afrique du sud a dépensé des milliards de rands  pour construire et rénover 10 stades, situés dans 9 villes différentes du pays et destinés à accueillir les matches du tournoi. Selon le tirage au sort effectué le 4 décembre, les 32 équipes qui vont prendre part à la compétition, sont classées en 8 groupes différents (de A à H) comprenant chacun 4 équipes. Ce qui donne au total 64 matches qui, pendant 30 jours, vont réjouir, non seulement les Sud-Africains amoureux du sport roi, mais aussi les supporters du monde entier.

Pour l’ensemble de ces matches, 3 millions de tickets sont mis sur le marché, dont 1 million attribué aux fans sud-africains de football; un autre million attribué aux visiteurs étrangers et un 3è million destiné aux sponsors, équipes en compétition et organisations membres de la Fifa. Ces tickets sont vendus aussi, depuis un an, sur Internet.

 

Le  Comité organisateur de la Coupe n’a pas manqué d’agiter une sonnette d’alarme sur la circulation et la vente de faux billets sur Internet..

Tout est donc prêt pour la tenue de la grande manifestation sportive mondiale en Afrique du sud. La population sud-africaine attend avec impatience le grand événement; les tensions sociales sont apaisées et la criminalité a baissé sensiblement: les cambrioleurs se seraient convertis à des activités pacifiques rentables. Dans son message du Nouvel an 2010, le président Jacob Zuma a exhorté tous les Sud-Africains à réserver un accueil chaleureux et une hospitalité sans faille aux milliers des fans de football qui séjourneront dans le pays en juin et juillet de cette année, et surtout  à soutenir l’équipe nationale de football Bafana-Bafana (Garçons, Garçons), qui a l’ambition légitime de garder dans le pays le trophée le plus convoité au monde. La campagne pour le soutien du tournoi et de l’équipe nationale est lancée sous l’appellation de «Mzansi»(qui signifie «Sud» en zulu) et vise à unir tous les Sud-Africains autour de Bafana-Bafana.

 

Au rythme du pays

Population en liesse : il y aura des chants et des danses, bref du tao-tao en l’air. La plupart de villes et stades d’accueil du tournoi sont reliées par air, par train et par un réseau d’autobus et de mini-bus. Les infrastructures routières du pays sont excellentes. En perspective de la compétition, l’Etat sud-africain avait décidé de remplacer les anciens véhicules de transports en commun par de bus plus petits et sûrs.

La décentralisation du tournoi entraînera des déplacements massifs des supporters locaux et étrangers. Les Sud-Africains qui sont accueillants, exubérants et enthousiastes, entendent réserver aux visiteurs un accueil délirant. Ils espèrent également  leur faire vivre la culture sud-africaine de football, et surtout les faire vibrer au rythme du pays. Etant donné  la capacité d’accueil limitée des stades et afin de permettre à un plus grand nombre de supporters de vivre intensément ce grand événement sportif international, les organisateurs ont aménagé à travers des villes des zones réservées au public et équipées avec des écrans géants.  Dans ces lieux comme dans les stades, l’ambiance sera de liesse et il y aura réellement de l’électricité dans l’air.

Pour cela, les marques spécifiques et propres aux fans sud-africains de football sont: vuvuzela, une trompette à bruit bizarre et assourdissant; nakarapa, qui est un casque décoratif; et surtout diski dance qui est une danse populaire faisant sentir le mouvement et rythme du football sud-africain. Outre les neuf villes sud-africaines qui vivront pendant 30 jours au rythme de la fête, il y a d’autres villes retenues par la Fifa dans les cinq continents pour contribuer à une plus grande audience du mondial 2010. Ces villes sont: Berlin, Londres, Paris, Rome, Sidney et Rio de Janeiro ...

 

Impact

Dans son message de Nouvel an déjà cité, le président Zuma a aussi déclaré: «L’année 2010 doit être celle où nous devons communiquer au monde des messages positifs: les succès et les potentialités de notre pays. Nous pouvons ainsi entre

voir les fruits de la Coupe du monde pour le pays hôte.» L’organisation de la Coupe du monde 2010 de la Fifa a pu créer plus de 129.000 emplois rémunérateurs, mais qui ne sont pas tous durables. Cette manifestation contribue à près de 21 milliards de rands au PIB de l’Afrique du sud et pourra générer près de 8 milliards d’impôts publics. L’industrie de construction a fourni à bon nombre des Sud-Africains un travail et des possibilités de formation professionnelle. Ce qui permet au pays hôte de réduire l’impact néfaste de la récession.

 

Les sommes investies pour construire et rénover les stades et autres infrastructures sont considérables. Selon les organisateurs, cette Coupe de 2010 coûte plus chère que la précédente organisée en 2006 en Allemagne et même plus chère que celle de 1998 en France. Le gouvernement sud-africain avait prévu de dépenser 400 millions de dollars, dans les stades et 1,2 milliards de dollars dans les transports et autres  activités.

Cet événement va faire revivre l’esprit d’unité et de patriotisme dans le pays, de la même manière que l’avait fait la Coupe du monde de rugby. Il rappellera qu’il y a encore beaucoup de choses à accomplir pour renforcer la jeune démocratie du pays, qui ne compte que 15 ans depuis l’abolition de l’apartheid en 1994.

A long terme, le tournoi aura une incidence sur la croissance économique et le développement local. En effet, toutes les villes qui accueillent les matches de la Coupe du monde, et donc attirent de nombreux visiteurs venus du monde entier, vont enregistrer un surplus d’activité économique sur leur territoire.

Ces visiteurs et touristes vont devoir se loger, se nourrir, se distraire, et donc dépenser de l’argent.

 

Louis Kalonji

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