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Des choses à faire |
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Du 20 au 22 septembre 2000, 191 Etats membres des Nations Unies se réunissaient à New York pour ausculter la santé du monde et ont fini par opter pour les ‘Objectifs du Millénaire pour le Développement’ (OMD) – huit en tout – qui pourraient, si bien appliquées, rendre heureuses toutes les populations de la planète:
• faire disparaitre la pauvreté et la faim ; • garantir à tous l’éducation primaire ; • promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ; • réduire la mortalité infantile ; • améliorer la santé maternelle ; • combattre le VIH/Sida, le paludisme et d’autres maladies, • assurer un environnement durable ; • mettre en place un partenariat mondial pour le développement.
Le programme était bien ambitieux. La cible visée par les Nations Unies étaient les pays pauvres de la planète, principalement ceux de l’Asie du Sud-ouest et de l’Afrique sub-saharienne. Mais, en avaient-ils les moyens… et la volonté ? Pour les moyens et facilités, la voie obligée était donc un partenariat bien compris entre les pays riches et les déshérités. En 2000, le Secrétaire Général de l’ONU, Kofi Annan, eut sûrement les mots justes à l’endroit des pays riches signataires des Objectifs du Millénaire pour le Développement: «Il faut doubler l’aide au développement, sans quoi on n’atteindra pas ces objectifs.» Prises en vrac, les réalités en l’an 2000, à l’heure où les Nations Unies se penchaient sur cet important dossier, présentaient un tableau très peu flatteur:
ᴥ 1,4 milliard de personnes dans le monde vivait dans l’extrême pauvreté, avec moins d’un dollar par jour (objectif n° 1); ᴥ la malnutrition avait élu son siège principalement en Afrique subsaharienne, de même que le taux des enfants qui n’ont jamais pu mettre un seul pied dans une école, faute, souvent, de moyens financiers, particulièrement dans les zones rurales (objectif n° 2); ᴥ était criant le taux de disparité entre les deux sexes (objectif n° 3); ᴥ un enfant né dans un Pays en Voie de Développement a 13 fois plus de chances de mourir durant ces cinq premières années d’existence que son collègue né en Occident (objectif n°4); ᴥ lors de l’accouchement, une femme mourait à chaque minute sur la planète, dont 99% en pays pauvre, soit encore 1 femme sur 22 en pays subsaharien contre une femme sur 7.300 dans les pays les plus développés.(objectif n° 5); ᴥ chaque jour qui passe, 7.500 individus sont contaminés par le VIH /Sida et 5.500 parmi eux succombent. Avec plus de prévalence chez les femmes que chez les hommes, la malaria fait des ravages importants en Afrique au sud du Sahara et le traitement n’est pas à la portée du premier venu, tandis que la tuberculose, pour sa part, extermine pas moins de 1,7 million de personnes par an (objectif n° 6). ᴥ Les nations signataires des OMD ont opté pour inverser la tendance de la déperdition de la biodiversité, de réduire de moitié le pourcentage de la population qui n’a pas accès à l’eau potable (objectif n° 7). ᴥ Le dernier objectif, celui portant sur un partenariat entre le Nord et le Sud s’érige en véritable nerf de la guerre dans ce chapitre du développement. En effet, sans moyens adéquats, tous ces beaux programmes ne resteraient que des vœux pieux.
En définitive, dans le cadre du partenariat mondial, l’Afrique ne doit pas trop s’attendre du G-8, qui parfois semble faire fi des engagements qu’il a pris. L’Organisation Mondiale de la Santé a, elle aussi, élevé le ton. Elle estime que l’aide des pays riches affectée à la santé devait correspondre à 0,1 % de leur revenu national brut. Or, par exemple, il n’est que de 0,014 % pour la France et de 0,042 pour la Grande Bretagne (le pays le plus généreux). Par contre, à part cinq pays donateurs (Danemark, Luxembourg, Norvège, Pays Bas et Suède) qui ont respecté ou dépassé le taux convenu de 0,7 % de leur produit national brut en faveur de l’aide au développement, «il n’y a pas eu d’augmentation significative de l’aide publique au développement depuis 2004, ce qui empêche d’atteindre les OMD, même pour des pays bien gouvernés», a souligné, la main sur le cœur, le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki Moon. Faut-il, dès lors, en rire ou pleurer? |