Après tous les bilans tracés à foison - et les boulevards informatiques en sont saturés! - et que de par le monde, Congolais et amis de la RD Congo n’ont de cesse d’en appeler à la conscience enfin réveillée, il faut encore que nous disions une chose. Elle est difficile à dire, cette chose, mais l’entendre sera salutaire pour ce troupeau de moutons grégaires que nous, les RD Congolais, avons été 50 années durant. Notre vaste pays tristement réputé ingouvernable sera menacé de mort et de disparition, SI ET SEULEMENT SI nous tous, nationaux et étrangers ‘amis des Congolais’, laïcs et religieux, ne nous décidons pas urgemment à forger et à prendre en main des schémas réalistes d’éducation de nos populations éparses. Le temps n’est plus de chercher à qui incombe la faute. Langage infructueux car nous nous savons tous, à nos divers niveaux d’engagement, responsables de cette situation de notre pays devenu la risée de l’univers. Nous devons les aider à ouvrir la bouche, elles-mêmes, à faire entendre leur propre voix, ces populations des «sans-voix». En ce demi-siècle de régression, mille mensonges assassins, mille déclarations mielleuses non suivies d’effets porteurs de vie meilleure sur le terrain du quotidien leur ont été racontés, d’un côté sur les podiums des meetings politiques, et de l’autre même sur les chaires de vérité de certaines Eglises, d’où ont été servis aux gens en mal d’espérance des soporifiques qui les ont plongés dans l’euphorie d’une douce léthargie.

 

Jusque-là muselées donc, les «sans-voix» ont été empêchées de comprendre qu’elles doivent quitter dans leur mental leur statut de ‘‘mineures’’ (autrefois ‘populations indigènes’) pour devenir ‘adultes’. En clair un ‘’PEUPLE’’ qui jouit pleinement de son droit à la liberté de penser par soi-même, de délibérer, de décider et de passer à l’action en vue de ses intérêts qui quelque part, à un tournant de l’Histoire, coïncideront avec les intérêts de l’Humanité répandue sur les continents du monde. Tel est l’état de la RD Congo et d’autres vénérables ‘Cinquantenaires’ africains que d’aucuns ont qualifié de ‘’non-Etat’’, vu sous certains angles. Agir dans les perspectives tracées ici est une question d’éthique, car c’est la perte de toute moralité qui a été à la source de la déperdition spirituelle de notre pays où en toute logique alors sont vécues des situations individuelles et collectives irréelles et inimaginables.

Exigence éthique que de faire cesser l’ignorance indécrottable et l’indolence pathologique des masses urbaines et rurales abruties par une paupérisation systématiquement organisée de l’intérieur autant que de l’extérieur, la boisson et la musique d’une ‘‘génération sans héritage‘‘, (Cardinal Malula, 1970), jeunesse décalée de tout idéal de «liberté-Indépendance responsable» (aucun de nos innombrables artistes à ma connaissance n’est ‘‘politiquement engagé’’ pour défendre les supposés acquits de l’Indépendance d’une vraie République dite ‘’démocratique’’…).

 

Exigence et urgence éthiques que de combattre le refus de la part de l’élite de s’astreindre à la vigilance morale et à l’engagement politique responsable – en aidant par exemple à supprimer le pernicieux système des sénateurs et députés « salariés ». Complaisance à la perversion des consciences des « chefs congolais corrompus et corruptibles » (dixit un sénateur, bien conscient de l’anomalie !) Et nous n’aurons pas mérité les injures et autres quolibets qui aujourd’hui nous sont jetés à la figure et nous font courber le front à la face du monde, tandis que notre «Hymne sacrée de l’Indépendance» nous commande de «Dresser nos fronts longtemps courbés… » Notre Histoire future, proche et lointaine, une (re)conquête de la Souveraineté perdue ou un maintien fataliste de l’esclavage par une néo-traite négrière « intra muros » (à l’intérieur de nos frontières) qui ne dit pas son nom ? ‘’Pro Patria mori: mourir pour la Patrie’’ ou se contenter d’ingurgiter des hectolitres de bière et des tonnes de « Thomson » (poissons chinchards très populaires en RDC), en faisant des concours vestimentaires des ‘’sapeurs’’, tandis que d’autres s’emparent de nos richesses humaines et matérielles ? La réponse à ce double questionnement déterminera les 50 prochaines années de notre destin commun… Au niveau de nos pays respectifs et au niveau de l’Afrique profonde ! Puissions-nous, responsables et peuples d’aujourd’hui, pouvoir reprendre pour les générations futures le beau mot d’Horace (Odes, III):
«Exegi monumentum aere perennius: J’ai érigé un monument plus durable que l’airain. »

Vaincre ou mourir

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