Haïti. Le tremblement de terre du mercredi 13 janvier 2010 a fait entre 150 000 et 200 000 morts. Des milliers de familles détruites, d’innombrables blessés. Tout cela a duré à peine une minute. Un témoin a écrit: «C’est le béton qui a tué. Les gens ont fait une orgie de béton ces cinquante dernières années. Les maisons en bois et en tôle, plus souples, ont résisté. Dans les chambres d’hôtel, souvent exiguës, l’ennemi, c’était le téléviseur. On se met toujours en face de lui. Il a foncé droit sur nous. Beaucoup de gens l’ont reçu à la tête.»

 

Témoignage d’une Missionnaire Combonienne qui, avec d’autres volontaires, est partie du Mexique pour donner un coup de main à Haïti.

«On est là depuis deux semaines et je profite d’une pause pour vous écrire. Je travaille avec d’autres religieuses venues aussi du Mexique, dans une communauté d’un curé haïtien, dont la paroisse et plusieurs chapelles ont été détruites. Il voudrait que nous arrivions à mettre debout un vrai dispensaire. La semaine passée, il nous a accompagnées dans deux de ses chapelles, avec notre clinique mobile. Une très belle expérience. Le premier jour nous avons fait 200 consultations et les jours suivants 100-150. Ils sont tous plus ou moins malades, surtout blessés, d’une manière ou d’une autre, sous l’aspect psychologique, émotionnel, physique et spirituel.

Le lendemain, nous sommes parties de nouveau avec le père visiter deux autres communautés. Il a fallu marcher à pieds deux heures et demie. C’est là qu’on a enregistré l’épicentre du tremblement.

Je suis très heureuse de cette nouvelle expérience pour moi. Ce pays me rappelle le Tchad, où j’ai travaillé pendant plusieurs années, mais ne saurais pas comment expliquer cela. Ici nous sommes de plusieurs congrégations et origines (anglaises, américaines, brésiliennes, mexicaines, espagnoles, uruguayennes, portoricaines, dominicaines).

Dans le groupe, il y a aussi une Espagnole qui examine les patients avec une pendule. Ses consultations demandent beaucoup de temps: avant d’indiquer la thérapie, elle pose beaucoup de questions aux patients choqués par la terrible expérience qu’ils ont connue et qui les a laissés psychologiquement troublés. Enfin, le travail ne manque pas.

 

Sr Rosa M. Socorro

On est là